‹ Louis AgassizChapitre 52 sur 387 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

* Madame Agassiz à son fils Louis.

Orbe, le 7 avril 1830.

Je ne puis assez te remercier du bonheur que tu m’as procuré en faisant tes examens de médecine et en t’assurant ainsi une existence future aussi sûre qu’honorable. C’est un laurier de plus à ajouter à ceux que tu as déjà cueillis, mais à mes yeux le plus précieux de tous. Tu as fait pour moi un travail pénible et long; s’il était en mon pouvoir de t’en dédommager, sois bien sûr que je le ferais; je ne puis pas même te dire que je t’en aime davantage, parce que ce n’est pas possible. Ma sollicitude inquiète pour ton avenir est une preuve de ma vive affection; il me manquait une chose essentielle pour être la plus heureuse des mères, et tu viens, mon bon Louis, de me la donner. Dieu veuille t’en récompenser en t’accordant tous les succès possibles dans la guérison de tes semblables. Les nombreuses bénédictions qui honorent la mémoire d’un bon médecin seront, j’espère, aussi ton partage, comme elles ont été au suprême degré celui de ton bon grand-père. Que ne peut-il aujourd’hui partager mon bonheur, voir mon Louis gradué médecin !

Agassiz fut rappelé de Vienne au bout de peu de temps par l’arrivée à Munich de son éditeur, M. Cotta, avec lequel il lui semblait nécessaire d’avoir une entrevue. La seule lettre écrite de Vienne nous prouve que son court séjour dans cette ville avait été aussi instructif qu’intéressant.

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