‹ Louis AgassizChapitre 58 sur 387 · AGASSIZ, ÉTUDIANT · texte numérisé non relu

AGASSIZ, ÉTUDIANT

« C’est à Lausanne, en 1823, que je pris mes premières leçons de zoologie; elles consistaient essentiellement en extraits du « Règne animal » de Cuvier, et des « Animaux sans vertèbres » de Lamarck, et pour la première fois je m’aperçus que les savants différaient dans leur classification. Cette découverte m’ouvrit un vaste champ d’étude et j’éprouvai un vif désir de connaître l’anatomie pour pouvoir juger par moi-même où était la vérité.

« Pendant les deux années que je passai à l’école de médecine de Zurich, je m’appliquai exclusivement à l’étude de l’anatomie, de la physiologie et de la zoologie, sous la direction des professeurs Schinz etHirzel. L’impossibilité d’acheter des livres ne fut pas pour moi un malheur aussi grand que je le pensais alors, car elle m’empêcha de m’en rapporter outre mesure aux renseignements qu’ils fournissent. Je passais tout mon temps à disséquer et à étudier l’anatomie humaine, sans cependant oublier mes délassements de prédilection, la pêche et mes collections. J’étais entouré de mes animaux favoris et j’avais une quarantaine d’oiseaux qui volaient librement dans ma chambre et qui n’avaient d’autre perchoir qu’un petit sapin disposé dans un des angles. Je me rappelle encore le chagrin que j’éprouvai, quand un de mes amis, entrant vivement dans ma chambre, écrasa, entre le plancher et la porte, un de mes chers oiseaux qui expira avant que je pusse lui porter secours. Je visitais tous les jours la collection particulière d’oiseaux du professeur Schinz et j’entrepris d’en décrire toutes les espèces, pour me composer ainsi un manuel d’ornithologie que je n’avais pas le moyen d’acheter. Pour le même motif, je copiai de ma main deux volumes des « Animaux invertébrés » de Lamarck, et mon cher frère, voulant me venir en aide, en copia aussi tout un demi- volume. J’appris que l’étude des objets eux-mèmes est beaucoup plus attrayante que celle des livres dont j’avais tellement envie, et quand enfin je

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