CHAPITRE V
lections o liraient aussi les meilleures conditions pour poursuivre des études médicales; mais il avait pourtant un but bien défini, celui de se mettre au fait de tout ce qui concernait le choléra qui, pour la première fois, exerçait ses terribles ravages dans l’Europe occidentale. 11 pensait qu’ayant à pratiquer la médecine au moins pendant quelques années, cette étude pourrait lui être d’une grande utilité. Les lettres qu’il écrivait alors sont pleines de réflexions à ce sujet et montrent les efforts qu’il faisait pour découvrir le meilleur moyen de se préserver de cette maladie et de la combattre. La réponse suivante à sa mère fait allusion à la crainte que sa famille avait éprouvée de le voir dépenser en route les faillies ressources destinées à ses études à Paris.
* Louis Agassiz à sa mère.
Carlsruhe, le 30 novembre 1831.
.... Je suis de retour depuis avant-hier de ma course en Wurtemberg, et quoique je connusse déjà les précautions à prendre contre le choléra, je ne crois pas avoir fait une démarche inutile et je suis persuadé que mes observations auront aussi quelque intérêt. Leur première et grande utilité sera pour moi, sans contredit, mais je pense que d’autres en profiteront également. Ta lettre étant si pressante, je ne veux plus renvoyer mon départ d’un instant. Aujourd’hui et demain je mettrai en ordre les objets que
m’avait confiés le musée, et puis je partirai
Autant je redoutais d’aller à Paris, autant j’y vais avec plaisir, maintenant que j’ai acquis tout ce qui me manquait pour m’y présenter comme je le désirais. J’ai réuni
AGASSIZ a paris
pour mes « Poissons fossiles » tous les matériaux que je désirais encore posséder du musée de Carlsruhe, de Heidelberg et de Strasbourg, et j’ai acquis eu zoologie des connaissances assez étendues pour ne jamais être dans l’embarras, lorsqu’il s’agira des nouvelles recherches qui s’y rapportent. De plus, Braun a eu la complaisance de me choisir et de me donner une superbe collection pour me servir de base et de guide dans mes recherches;
je la laisse à Carlsruhe Comme je l’ai déjà dit, j’ai mis
à profit le musée de Carlsruhe et la collection minéralogique de M. Braun; outre les dessins que M. Dinkel m’a faits de ces objets, j’ai enrichi mon ouvrage de cent soixante-onze pages in-folio de manuscrit (je viens de les compter), que j’ai écrites malgré mes courses et mes
autres occupations Je ne m’attendais pas à faire une
aussi riche moisson.
Ainsi préparé, il arriva à Paris avec Dinkel le 16 décembre 1831, et le 18 il écrivait à son père :
* Louis Agcissiz à son père.
Paris, le 18 décembre 1831.
.... M. Dinkel et moi nous avons fait fort heureusement notre voyage, mais le lendemain de notre arrivée, j’étais si fatigué que je ne pouvais remuer un membre. Cependant, j’ai passé fort agréablement la soirée chez M. Cuvier, qui m’a fait inviter, ayant appris que j’étais arrivé. Je me suis trouvé bien inopinément en pays de connaissance. Je vous ai déjà donné l’adresse de la maison où je pensais loger, rue Copeau, hôtel du Jardin du roi, n° 4. Par hasard, M. Perrotet, naturaliste voyageur, y demeure aussi et m’a tout de suite mis au courant de ce qu’il