AGASSIZ — PREMIÈRE ÉCOLE
santé; il faut peut-être l’attribuer aux fréquentes interruptions de travail, car toutes les deux ou trois heures, les leçons étaient coupées par des jeux ou par un temps de repos. » Agassiz conserva toujours un souvenir agréable de ce collège et de ses maîtres, et le respect affectueux qu’il éprouvait pour le directeur, M. Rickly, se changea plus tard en un lien d’amitié.
Les vacances étaient naturellement accueillies avec joie, et comme Motier ne se trouvait qu’à sept lieues de Bienne, Agassiz et son jeune frère Auguste, qui l’avait rejoint une année plus tard, faisaient ce voyage à pied. La vie des deux frères pendant leur jeunesse est tellement semblable qu’on ne peut faire 1 histoire de l’un, à cette époque, sans raconter celle de l’autre; tout était en commun entre eux, ils achetaient avec leurs petites épargnes les livres que Louis désirait avoir, livres qui furent le commencement de sa future bibliothèque.
Dès le premier jour de congé et longtemps avant le lever du soleil, les deux intrépides garçons se mettaient en route, à pied, heureux comme des écoliers en vacances. A l’époque des foins, et surtout à celle des vendanges, pendant laquelle tout était en tete, ils prenaient part joyeusement aux travaux de la récolte. Au jour fixé pour les vendanges, de nombreux ouvriers des cantons voisins venaient offrir leurs services; ils trouvaient pour la nuit un abri dans les granges; celle de la cure était souvent remplie de paysans et de paysannes qui venaient y chercher un repos bien mérité. C’était alors une vraie fête pour les enfants qui se régalaient de raisin et < le moût; dans la vigne aussi, on se livrait à la joie, et le der-