CHAPITRE PREMIER
nier soir la fête était terminée par un bal champêtre.
Les deux garçons passaient quelquefois leurs vacances à Cudrefin chez leur grand-père, le docteur Mayor, vieillard très respecté et que sa bienfaisance faisait aimer de chacun. Son petit cheval blanc, sur lequel il allait de village en village visiter les malades, était bien connu dans tous les coins et recoins du pays. La grand’ maman était délicate et percluse; chérie des enfants, elle leur chantait de jolies chansons et des hymnes et leur racontait beaucoup d’histoires. Tante Lisette, une de leurs tilles non mariées, vivant sous le toit paternel et très aimée de ses nombreux neveux et nièces, était l’àme de ces réunions de famille qu'elle embellissait de toutes manières. La maison semblait être élastique, car tous ceux qui arrivaient, si nombreux qu’ils fussent, étaient les bienvenus; plus il y en avait, plus on était content.
Le dimanche après Pâques avait lieu la grande fête du pays; chacun s’occupait alors à teindre des œufs et à préparer des fritures. Les jeunes tilles du village, parées de leurs plus beaux vêtements, et les garçons, portant à leur chapeau de grands bouquets de fleurs artificielles, se rendaient ensemble à l’église dans la matinée; l’après-midi avait lien le jeu traditionnel de deux coureurs choisis parmi les garçons du village; ces coureurs, habillés de blanc et ornés de rubans aux couleurs vives, musique en tête et suivis par tous les jeunes gens, se rendaient en procession à l’endroit où l’on avait placé une longue ligne d’œufs. A un signal donné, ils se séparaient, l’un pour ramasser les œufs suivant la règle près-