‹ Louis AgassizChapitre 78 sur 387 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

démonstration, et cette expérience n était pas la moins appréciée.

Un grand globe en bois rendait plus clairs et plus frappants les divers aspects de la terre. Les élèves prenaient part eux-mêmes à l’enseignement, car ils devaient désigner et démontrer tout ce qui leur avait été expliqué; ils emportaient leurs petites collections et, pour la leçon suivante, il avaient à classifier et à décrire sans aide quelque curieux spécimen. L ennui était inconnu dans la classe, la méthode vive, claire et captivante d’Agassiz réveillait les facultés d observation de ces enfants et leur procurait des jouissances durables.

Pour les élèves plus âgés, la méthode d enseignement était la même et leur offrait tout autant d’avantages. En hiver, Agassiz donnait aux étudiants des cours de zoologie; en été, il leur enseignait la botanique et la géologie, profitant des belles journées pour faire en pleine campagne des excursions instructives. Le professeur Louis Favre, de Neuchâtel, élève d’Agassiz, parlant de ces courses dans les gorges du Seyon et dans les forêts de Chaumont, s’exprime ainsi : « C’étaient des jours de fête pour nos jeunes « gens, qui trouvaient dans leur professeur un com- « pagnon actif, plein d’esprit, de vigueur et de gaîté, « et dont l’enthousiasme éveillait en eux le feu sacré « de la science 1 . »

La réputation croissante d’Agassiz ne tarda pas à lui attirer des offres avantageuses dont l’une des premières lui vint de Heidelberg.

i Biographie de L. Agassiz, par L. Favre, professeur, directeur du Gymnase cantonal. Neuchâtel, 1870.

AGASSIZ A NEUCHATEL

Le professeur Tiedemann à Louis Agassiz.

(Trad. de l’allemand.;

Heidelberg, le 4 décembre 1832.

.... L’automne dernier, quand j’eus le plaisir de vous rencontrer à Carlsruhe, je vous proposai de donner quelques leçons d’histoire naturelle dans notre Université. Le professeur Leuckart, qui jusqu’à présent a enseigné la zoologie, est appelé à Fribourg, en sorte que vous seriez le seul à professer cette branche. L’Université étant très fréquentée, vous pourriez compter sur un nombreux auditoire. Les collections zoologiques, qui ne sont point insignifiantes, seraient à votre disposition. Le professeur Leuckart recevait un traitement de cinq cents florins. La place est maintenant disponible et je n’ai pas de doute que sur la proposition de la Faculté de médecine, on ne vous donnât aussi la même somme. Par votre savoir vous êtes en état d’occuper d’une manière distinguée la place de professeur dans une Université. Je vous conseille donc de ne pas prendre d’engagement dans un Lycée ou Gymnase qui ne pourrait pas offrir une position permanente à un homme de science, ni un champ d’activité digne d’un savant accompli. Réfléchissez donc mûrement à une question si importante pour vous et faites-moi connaître aussitôt que possible votre décision.

Si vous acceptez ma proposition, j’espère que vous serez installé ici à Pâques, comme professeur, avec un traitement de cinq cents florins et dans un milieu où vos connaissances seront appréciées. Les émoluments pour les cours et pour les travaux littéraires pourront vous rapporter en sus quinze cents florins annuellement. En cas d’acceptation, envoyez -moi votre discours d’inauguration

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