‹ Louis AgassizChapitre 79 sur 387 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

et faites-moi connaître vos publications, afin que je puisse prendre les mesures nécessaires auprès des curateurs de l’Université. Considérez cette proposition comme une preuve de ma profonde estime pour vos travaux, et de ma considération personnelle

Dans la lettre suivante, Agassiz demande à Humboldt des conseils au sujet des offres de- Heidelberg et en même temps lui exprime tout le plaisir que lui a fait le chaleureux accueil reçu à Neuchâtel.

Louis Agassiz à Alexandre de Humboldt.

(Trad. de l’allemand.)

Neuchâtel, décembre 1832.

Enfin je suis à Neuchâtel et mes cours ont déjà commencé depuis quelques semaines. J’ai été reçu ici d’une manière à laquelle je ne me serais jamais attendu et que je ne dois qu’à votre bienveillance pour moi et à vos recommandations amicales. Recevez mes plus vifs remerciements pour la peine que vous vous êtes donnée, ainsi que pour votre incessante sympathie. Permettez-moi de vous prouver, par mon travail futur plutôt que par des paroles, que je prends la science au sérieux et que mon âme n’est pas insensible à un aussi noble encouragement que celui que vous me donnez.

Vous aurez reçu ma lettre de Carlsruhe. Si seulement je pouvais vous dire tout ce que j’ai pensé et observé sur l’histoire du développement de notre terre, sur la succession des animaux qui l’ont peuplée et sur leur classification génétique ! Je ne pourrais pas le condenser dans les limites d’une lettre; je veux néanmoins en faire la tenta-

AGASSIZ A NEUCHATEL

tive, quand mes cours me laisseront plus de loisir et que mes yeux seront moins fatigués.

J’aurais renvoyé jusqu’alors de vous écrire, si je n’avais pas eu aujourd’hui quelque chose d’un intérêt au moins secondaire à vous annoncer. C’est à propos de la lettre incluse, reçue aujourd’hui et où l’on m’offre une chaire de professeur à Heidelberg. Si vous pensez que je ne doive pas la prendre en considération et si vous n’avez pas le temps de me répondre, votre silence me fera connaître votre opinion.

Je vous indiquerai les raisons qui m’engagent à rester pour le moment à Neuchâtel et je crois à l’avance que vous les approuverez. Mes cours me prenant peu de temps, je pourrai d’autant mieux me consacrer à d’autres ouvrages et la position de Neuchâtel est très favorable pour faire, sur le développement de différentes classes d’animaux, les observations que j’ai commencées. Ajoutez à cela l’espoir de me libérer du fardeau de mes collections et la tranquillité dont je jouirai et qui est nécessaire à ma santé un peu ébranlée par la fatigue. Ces circonstances se joignent au désir quej’éprouve de rester ici, étant persuadé qu’on m’aidera avec empressement à mener à bien mes publications. Quant à mes « Poissons », je puis après tout mieux diriger ici l’impression lithographique des planches. Je viens d’écrire à ce sujet à Cotta et lui ai proposé d’augmenter le prix des lithographies. Je m’occuperai soigneusement de tout cela et me contenterai pour le moment de mes ressources restreintes. Cotta pourra peu à peu me rembourser mes dépenses par les ventes successives, et je ne réclamerai de bénéfice que lorsque le succès de l’ouvrage l’aura justifié. J’attends sa réponse. Cette offre me paraît la meilleure et la plus propre à faire avancer ma publication.

Depuis mon arrivée nous avons déjà obtenu, avec l’aide de M. Coulon, quelques résultats scientifiques. Nous avons

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