‹ Louis AgassizChapitre 80 sur 387 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

fondé une Société d’histoire naturelle1 2 et j’espère que, si l’année prochaine vous nous faites la visite promise, vous trouverez ce germe déjà en feuilles et en fruits, quoique ne portant pas encore des graines.... M. Coulon m a dit avant hier qu’il avait parlé avec M. le trésorier de Montmollin de l’achat de ma collection et que celui-ci en écrirait à M. Ancillon \... Voulez-vous, avoir la bonté d en dire un mot à ce dernier, quand l’occasion s’en présentera.

Cette collection serait non seulement de la plus grande

utilité au Musée de Neuchâtel, mais pour ce qui me concerne, le produit de cette vente me permettrait de pousser plus loin des recherches que je ne puis pas continuer sur une échelle aussi grande que je le voudrais, avec la somme de quatre-vingts louis, souscrite pour mon traitement de professeur.

J’attends à présent avec impatience la réponse de Cotta à ma dernière proposition; mais quelle qu’elle soit je commencerai tout de suite après le Nouvel an a faire lithographier les planches, car elles doivent être executees sous mes yeux et sous ma direction. Je puis bien le faire, puisque mon oncle, le docteur Mayor de Lausanne, m a donné cinquante louis dans ce but. C’est la paie d une année de Weber, mon ancien lithographe à Munich; aussi lui ai-je écrit de venir et je l’attends après le Nouvel-an. Avec mes appointements, je puis aussi entretenir Dmkel qui dessine actuellement à Paris les derniers fossiles que

j’ai décrits....

La réponse à cette lettre manque, mais on peut s’en faire une idée par les lignes suivantes :

1 La société dos Sciences naturelles de Neuchâtel.

2 Ministre des affaires étrangères du roi de Prusse et en même temps Directeur du Département de Neuchâtel.

AGASSIZ A NEUCHATEL

* Alexandre de Humboldt à Louis Coulon fils.

Berlin, le 21 janvier 1833.

Il m’est bien doux, Monsieur, de pouvoir vous remercier de 1 accueil flatteur que vous et vos concitoyens avez fait à M. Agassiz, qui occupe un rang si élevé dans les sciences et dont 1 aménité de caractère relève les qualités de l’intelligence. On m’avait écrit de Heidelberg qu’on destinait à mon jeune ami la chaire de zoologie qu’occupait M. Leuckart. C’est M. Tiedemann qui a proposé ce choix et certes rien ne peut être plus honorable pour M- Agassiz; cependant je désire vivement que celui-ci îefuse. Il faut qu il reste quelques années dans un pays où de si nobles encouragements facilitent la publication d un om î âge, dont la zoologie et la géognosie des formations anciennes profiteront à la fois, et que la science ne possède pas encore.

•T’ai parlé à M. Ancillon et lui ai laissé une note officielle pour 1 achat de la collection. La difficulté se trou- ^ era, comme dans les choses humaines, dans la prose de la vie, l’argent. M. Ancillon m’écrit ce matin : « Votre mémoiie en faveur de M. Agassiz est une créance scientifique à laquelle nous tâcherons de faire honneur. Ce serait une double conquête pour la principauté de Neuchâtel que d'acquérir un homme précieux et une collection précieuse. J’ai demandé un rapport au Conseil d’État sur les moyens de faire et de s’assurer cette acquisition. J’espère que les particuliers pourront nous aider. Je voudiais, pour concilier tous les intérêts, que nous trouvions de quoi vivre et embellir la vie à la fois. »

^ °^;l du moins H chose mise en bon chemin. Je ne pense pas que les caisses du roi donneront au delà de mille écus de Prusse, pour le moment....

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