PREMIÈRE ÉCOLE
crite, l’autre pour courir aussi vite que possible jusqu’au village voisin et en revenir; celui qui terminait le premier sa tâche avait gagné la partie et était proclamé roi de la fête. La main dans la main et tout joyeux, les deux coureurs, suivis de nouveau par toute la jeunesse du village, s’en revenaient pour danser sur la place devant la maison du docteur Mayor. Au milieu de la fête, le chef de la musique, debout sur son estrade, prononçait un petit discours en patois et annonçait une danse en l’honneur de la famille Mayor. Ceux qui en faisaient partie et quelques amis ou voisins dansaient alors, les jeunes demoiselles avec les paysans et les jeunes messieurs avec les filles du village, tandis que les autres formaient un cercle de spectateurs.
Les quatre années qu’Agassiz devait passer à Bienne, suivant le vœu de ses parents, se terminèrent partagées ainsi entre l’étude et la récréation. Une feuille de papier, jaunie par le temps, et sur laquelle il avait noté tout ce qu’il désirait depuis une année en fait de livres, nous initie à ses progrès et à ses aspirations :
(originale)
« Je désirerais avancer dans les sciences et pour cela il me faudrait d’Anville, Ritter, un dictionnaire italien, un Strabon en grec, Mannert, Thiersch, les Œuvres de Malte- Brun et de Seyfert. J’ai résolu autant qu’il m’est possible de devenir homme de lettres et à présent je ne puis pas aller plus loin : l°dans la géographie ancienne, car je n’ai plus de cahiers que je ne sache pas; je n’ai que les livres que M. Ricklv veut bien me prêter; il me faudrait d’An-