‹ Louis AgassizChapitre 86 sur 387 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

* Louis Agassiz au professeur Buckland.

Neuchâtel, le 9 janvier 1834.

.... Je vous remercie infiniment de tous les précieux détails que vous avez bien voulu me donner sur les riches collections d’Angleterre; je ferai tout ce qui dépendra de moi pour pouvoir les visiter déjà cette année, et je réclamerai de votre bienveillance quelques lettres de recommandation pour obtenir la faculté de les examiner en détail. Ce n’est pas que je mette un instant en doute la libéralité des naturalistes anglais. Tous les savants du continent qui ont visité vos musées louent trop la bienveillance avec laquelle on leur a confié les objets les plus rares, pour que je ne sache pas que, sous ce rapport, les Anglais rivalisent de largesse avec les autres nations et même les laissent bien en arrière. Mais pour obtenir de tels avantages, il faut les avoir mérités par des travaux scientifiques et pour un commençant, ce serait là une faveur à laquelle je n’oserais prétendre

Quelque temps après, Agassiz reçut, comme on le verra dans la lettre suivante, une preuve matérielle et très réjouissante de l’intérêt que les naturalistes anglais portaient à son ouvrage :

* Charles Lyell à Louis Agassiz.

Somerset House, Londres, le 24 février 1834.

.... C’est avec le plus grand plaisir que je vous annonce de bonnes nouvelles. La Société géologique de Londres m’a chargé de vous informer qu’elle vous a accordé cette

AGASSIZ A NEUCHATEL

année le prix que le docteur Wollaston a fondé. Il nous a légué la somme de mille livres sterling et nous a priés de faire don chaque année de l’intérêt de cet argent (trente guinées, ou à peu près sept cent cinquante francs) pour l’encouragement de la géologie. Votre ouvrage sur les poissons a été considéré par le Conseil et les officiers de la Société géologique comme digne du prix, car le docteur Wollaston a ajouté que le prix pourrait aussi être accordé aux ouvrages non achevés. On m’a remis les trente guinées ou L. 31,10 s., mais je ne voudrais pas vous les envoyer avant de savoir exactement où vous êtes et où je dois remettre cet argent. Probablement que vous donnerez des ordres à quelque banquier suisse.

Je ne puis encore vous donner un extrait du discours du président, dans lequel votre ouvrage est mentionné, mais je l’aurai bientôt. En attendant vos ordres, je suis chargé de vous dire que la Société ne veut pas recevoir votre magnifique ouvrage en cadeau, mais qu’elle veut s’y abonner et qu’elle en a déjà commandé un exemplaire au libraire

* Louis Agassiz à Charles Lyell.

Neuchâtel, le 5 mars 1834.

.... Vous ne sauriez vous représenter le plaisir que m’a procuré votre lettre. Le prix que vous m’avez accordé a été en même temps pour moi une distinction si inattendue et un secours si bien venu, que je n’en croyais pas mes yeux en lisant votre lettre, et que j’en pleurais de joie et de reconnaissance. Ma pénurie ne me fait pas de honte auprès d’un savant, puisque j’ai employé le peu que j’avais uniquement à des recherches scientifiques. Aussi je ne crains pas de vous avouer qu’en aucun temps votre envoi n’aurait pu me faire plus de plaisir..

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