‹ Louis AgassizChapitre 88 sur 387 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

«formations [géologiques]; l’exposition des lois ce « leur succession et de leur développement durant « toutes les métamorphoses du globe terrestre, ac- « compagnée de considérations géologiques générales;

« enfin, la description d’environ mille espèces qui « n’existent plus et dont on a rétabli les caractères « d’après les débris qui sont contenus dans les cou- « elles de la terre. »

Les résultats les plus remarquables de cet ouvrage peuvent être résumés ainsi : 1° Un changement complet dans la classification des poissons fossiles ou vivants; les Ganoïdes sont mis à part pour former un ordre distinct ; 2° La constatation, dans les poissons des premières époques géologiques, des combinaisons de caractères appartenant aux reptiles et aux oiseaux; l’auteur les appelle en conséquence des oc types prophétiques »; 3° La découverte dune analogie cntie les phases embryoniques des poissons actuels les plus parfaits et l’apparition graduelle des poissons. Les deux séries révèlent une correspondance mutuelle. Ces lois s’appliquant aussi à d autres classes duiègne animal, on peut dire que leur découverte a contribué à l’avancement, non seulement de 1 ichthyologie, mais

de la zoologie générale.

L’ « Introduction » de cet ouvrage forme comme le prélude d’un vaste chapitre de l’histoire naturelle, où l’auteur présente l’apparition simultanée des quatre o-rands embranchements du règne animal, les Radiés, les Mollusques, les Articulés et les Vertébrés; puis vient le développement graduel et progressé du premier type créé représentant les Vertébrés, c’est-à-dire les poissons. Les Placoides et les Ganoïdes, avec leuis

AGASSIZ A NEUCHATEL

caractères tenant à la fois du reptile et du poisson, représentent les premières époques géologiques, tandis que dans les suivantes, les Cycloïdes et les Ctenoïdes, simples poissons osseux, prennent plus d’importance.

Ici, pour la première fois, Agassiz présente ses types « synthétiques ou prophétiques », savoir : des types primitifs qui montraient, pour ainsi dire, dans leurs caractères généraux, des traits qui, plus tard, se répartissent dans des groupes différents, mais 11e seront plus réunis dans un seul. Ces vues générales sur les rapports de structure ne sont pas moins remarquables que l’exposé clair et simple de la distribution de la classe entière des poissons, relativement aux formations géologiques ou, en d’autres termes, à l’histoire physique de la terre. En lisant cette « Introduction », ceux qui ont connu Agassiz croiront encore l’entendre, passant en revue, ainsi qu’il avait l’habitude de le faire, la longue liste des êtres vivants introduits graduellement sur la terre. O11 peut dire que tous ses futurs travaux d’ichthyologie et jusqu’à un certain point de zoologie générale, sont ébauchés

Les parties techniques de cet ouvrage, à la fois si clair dans son exposé et si précis dans ses détails, ne pourraient intéresser que les naturalistes, mais aucun esprit réfléchi ne peut rester indifférent à ses généralisations. Agassiz traite les relations anatomiques, zoologiques et géologiques de la classe des poissons, soit fossiles, soit vivants, dont il donne de nombreux dessins, et, par les révélations de l’embryologie, il jette un jour nouveau sur l’ensemble.

« Malgré ces différences si frappantes, dit l’auteur

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