‹ Louis AgassizChapitre 95 sur 387 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

trième livraison. Les planches sont presque plus belles que les précédentes, et le texte, quoique parcouru à la hâte, m’a vivement intéressé, surtout le catalogue raisonné de Bolca et les vues générales et très philosophiques sur les poissons en général, page 57-64. Ce deiniei morceau est aussi très remarquable de style....

M. de Buch, qui sort de chez moi, vous salue tendrement. Il trouve diabolique cependant vos textes dont on reçoit des lambeaux de différents volumes. Je m en plains aussi, tout humblement; mais je conçois que cela tient à la difficulté de terminer une famille, quand de nouveaux matériaux vous arrivent chaque jour. Je dis par conséquent continuez comme vous avez fait. Selon moi, M. Agassiz ne fait jamais mal....

Cette lettre, quoique écrite en mai, ne parvint à Agassiz qu’à la fin de juillet, lorsqu’il était de nouveau en route pour l’Angleterre d’où est datée sa réponse.

* Louis Agassiz à Alexandre de Humboldt.

Londres, octobre 1835.

11 me serait impossible de vous exprimer la joie

que j’ai ressentie en lisant votre lettre du 10 mai (qui malheureusement ne m’a été remise que vers la fin de

juillet, lors de mon passage à Carlsruhe) La certitude

que j’ai acquise par là d’avoir occupé un moment votre pensée, même dans les jours d’affliction et de douleur que vous avez eu à supporter, m’a relevé à mes propres yeux et a redoublé mes espérances d’avenir; cela dans un moment où j’en avais besoin pour supporter les privations que je suis obligé de m’imposer, afin d’achever ma tâche en Angleterre.

AGASSIZ EN ANGLETERRE

Je suis ici depuis environ deux mois et j’espère terminer, avant de m’en retourner, la description de tout ce que j’ai recueilli l’an passé à la Société géologique. Sachant cependant que vous êtes à Paris, je ne puis résister à la tentation d’aller vous voir, si votre séjour se prolongeait encore de quelques semaines; ce serait même mon chemin le plus direct pour retourner chez moi. Je voudrais vous raconter un peu en détail ce que j’ai fait et comment j’ai

vécu depuis que je ne vous ai vu J’ai certainement été

bien imprudent de me lancer dans une entreprise aussi considérable pour mes moyens que la publication de mes « Poissons fossiles ». Mais après avoir commencé, il ne me reste plus d’alternative; il n’y a plus pour moi de salut que la réussite. J’ai pourtant la ferme assurance que je mènerai à bien mon ouvrage, quoique souvent le soir je ne sache pas comment je ferai tourner la machine le lendemain

Par grand bonheur pour moi, sur la proposition de Messieurs Buckland, Sedgwick et Murchison, l’Association britannique a renouvelé cette année le vote de cent guinées pour faciliter mes recherches sur les poissons fossiles en Angleterre, et j’espère que la plus grande partie de cette somme me sera encore adjugée, en sorte que je pourrai faire exécuter la plupart des dessins qui me sont nécessaires. Si j’avais obtenu en France seulement la moitié des souscriptions que j’ai eues en Angleterre, je serais à flot; mais jusqu’ici M. Baillière n’a placé qu’une quinzaine d’exemplaires

Quant à mon travail, il avance rapidement; j’ai bientôt décrit toutes les espèces que je connais et dont le nombre s’élève maintenant à près de neuf cents. Il me faudra seulement rester quelques semaines à Paris pour comparer plusieurs espèces des terrains tertiaires, avec les espèces vivantes, afin de m’assurer de leurs rapports spécifiques et j’aurai terminé mon ouvrage, sauf à mettre

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