‹ Louis Blanc à la Commission du LuxembourgChapitre 29 sur 36 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Etablissement de la solidarité entre toutes les industries

De même qu’on a établi l’union entre les ateliers d’une même industrie, de même il est nécessaire de fonder la solidarité entre toutes les industries, de telle sorte que l'association englobe tous les membres de la société. Cette association générale de l’industrie est la condition souveraine de l’ordre : elle empêchera les haines, les jalousies entre les diverses branches de la production, et détruira l’antagonisme.

C’est la continuation de l’exécution du plan initial, l'application considérablement étendue de l’idée première. « La grande question, nous dit Louis Blanc, est de faire que chaque association se considère comme partie d’un tout, et ne soit point poussée par l’égoïsme à séparer son intérêt de celui de la masse des travailleurs. » (Stern, Hist. de Révolut. de 1848, II,

p. 570.) Si l’on s’arrêtait à une application plus restreinte du principe d'association, le but poursuivi serait manqué. Qu’arriverait-il, en effet ? C’est que telle association, tel groupe d'ateliers arriverait à se former dans l’unique but de grossir ses profits particuliers, et une fois enrichis, les membres de ce groupe ne tarderaient pas à prendre eux-mêmes à leur service des ouvriers el à se faire bourgeois. Ce serait retomber dans l’erreur contre laquelle lutte Louis Blanc.

C’est pour cette raison qu’il faut étendre le plus possible le principe d'association et ne pas s'arrêter seulement à l'union de tous les ateliers d’une même industrie.

Pour réaliser cette solidarité entre toutes les industries diverses, entre les membres de la société, Louis Blanc a recours à l'emploi des deux derniers quarts dont nous avons parlé au chapitre XII, le quart à partager entre les travailleurs à titre de bénéfices, et le quart pour la formation d’un fonds de réserve.

Deux conditions pour cela sontindispensables :

1° Faire la somme totale des bénéfices de chaque industrie et cettes omme totale la partager entre tous travailleurs ;

2° Des divers fonds de réserve dont on a parlé plus haut, former un fonds de mutuelle assistance entre toutes les industries. Ainsi serait formé un

mali

grand capital qui appartiendrait à tous collectivement. (Louis Blanc, discours du 20 mars.) Examinons ces deux conditions.

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