LOI
leurs avances le cours des relations industrielles, il leur est impossible de ne pas exiger une rente, une redevance ; les banques ne sont pas autre chose qu'une réunion d'intérêts privés juxtaposés non dans un but désintéressé, en vue de faire le bien pour le bien, mais pour réaliser des bénéfices ; c’est sur ces bénéfices qu’elles comptent pour augmenter le nombre de leurs débiteurs ct encourager leurs actionnaires ; en conséquencc, elles mettront leurs capitaux à la disposition des seuls industriels qui leur offriront des garanties de solvabilité, qui pourront faire escompter des effets de commerce ; en un mot elles ne fourniront des instruments de travail qu’à ceux qui en ont déjà. Louis Blanc va jusqu’à voir dans les banques des agents propres à encourager la production à outrance, la concurrence acharnée.
Pour que le crédit soit gratuit il faut le faire sortir du domaine des individus pour le faire entrer dans celui de l'Etat ; aussi Louis Blanc propose de transformer en banque d'Etat la banque appelée à tort de France puisqu'elle n’est qu’une société de particuliers. Mais auparavant il faut organiser le travail sur les bases de l'association.
Cette mesure préalable est nécessaire et inséparable de la question du crédit à cause du besoin pour l'Etat d’avoir une garantie. Du fait qu’on s’adresse à l'Etat pour emprunter la garantie n’est pas moins
obligatoire. C’est donc pour fournir une garantie des ouvriers que les conditions du travail doivent être changées. Avec l'association, elle existera : ce sera « le travail assuré » l’ouvrier étant certain sous ce régime de trouver le libre emploi de ses facultés. L'Etat c’est-à-dire tout le monde y trouvera son avantage car il bénéficiera des opérations d’escompte qui constituent la très grande partie des ressources des banques. La Banque d'Etat ayant une succursale dans chaque département prêtera donc sur le travail ; elle prêtera aussi sur titres et les escomptera : à cet effet l’escompte sur les valeurs commerciales sera déterminé par un conseil d'escompte chargé de s'assurer de la solvabilité des emprunteurs : il sera composé d'hommes élus par les municipalités, les Chambres de commerce et les Chambres syndicales d'ouvriers. Cette banque sera indépendante du pourvoir exécutif, elle ne relèvera que de l’Assemblée nationale : pas de place pour l'arbitraire. Elle émettra des billets dont le cours sera légal et qui seront garantis par des gages. Les bénéfices réalisés permettront la commandite plus efficace des associations ouvrières et l'existence du crédit personnel et gratuit pour tous. La liberté ne pourra qu'y gagner. Cette réforme est loin d’être impossible et à l’appui de ceci Louis Blanc nous cite l’exemple d’une banque créée en 1828 en Pologne dont l'institution réalisait en