‹ Louis Blanc à la Commission du LuxembourgChapitre 6 sur 36 · RO · texte numérisé non relu

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Organisat. du trav. dans Quest., t. IV, p. 298.) Cette suppression est souhaitable car l’hérédité consacre un faux principe de la propriété : le vrai, le seul principe de la propriété (et sur ce point Louis Blanc est d'accord avec Thiers), c’est le travail ; d’où il suit que toute propriété qui ne vient pas du travail est illégitime et que tout travail qui ne conduit pas à la propriété est oppressif puisqu'il est sans dédommagement. Sans doute les fortunes actuelles ont leur source dans l’activité de leurs créateurs mais les descendants de ceux-ci peuvent vivre sans rien faire grâce à l'institution de l’hérédité ; ils peuvent même grossir leurs capitaux, sans se donner la moindre peine, grâce à de fructueux placements ; leur argent, peut-on dire, gagne de l’argent pour eux. Le principe de la propriété est donc à rebours, ce n'est plus son travail, mais le travail des autres qui enrichira le capitaliste et lui permettra de rester oisif. C’est par là que la propriété acquiert ces caractères d’illégitimité et d’oppression signalés plus haut.

Donc, Louis Blanc ne vent pas l’abolition du droit de propriété qui est un droit naturel mais ce qu’il veut lui enlever c’est son caractère privé qu'il remplacera par sa socialisation laquelle entraîne forcément la suppression de l’hérédité. C’est le fond de toute doctrine vraiment socialiste.

Telles sont tracées dans leurs grandes lignes les principales idées qu’il nous paraissait nécessaire

d'indiquer avant d’aborder l'étude des théories exposées par Louis Blanc à la tribune du Luxem-

bourg.

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