‹ Louis BlancChapitre 5 sur 7 · I.OUIS DI. ANC · texte numérisé non relu

I.OUIS DI. ANC

vent el remploient à faire tourner la roue de leur machine.

C’est ce qu'a fait avec beaucoup de talent et de courage M. Richard Cobdcn, luttant contre cette vieille législation sur les céréales qui affamait périodiquement l’Angleterre. Il s’est adressé aux intérêts les plus immédiats.

A quoi bon, lorsqu’on possède un agent aussi puissant, aussi aveugle, aller faire appel à un intérêt basé sur l’accomplissement du devoirelquidemanderait au préalable la vcrlude l'abnégation et du sacrifice? Les lois qui régissent l’industrie n’ont rien à faire avec celles qui appartiennent à la morale ; prétendre les mêler, c'est aller contre la nature des choses.

L’association est, nous l’avons dit, un principe excellent et parfaitement conforme aux destinées de la démocratie. M. Louis Blanc aurait pu le seconder et le faire avancer d’un pas en l’introduisant dans le domaine du travail. Les habitudes de polémique en usage sous le règne de Louis Philippe, l’inexpérience, les entraînements de l’utopie, des notions économiques trop superficielles, unies

LOUIS BLAÎSC

au désir de faire non-seulement bien, mais vite, un peu d’orgueil peut-être: telles sont les causes qui Tout empêché de voir juste et d’offrir des indications réalisables.

11 avait en main, non-seulement un principe utile et sage, mais encore des instruments merveilleux dans la classe à laquelle il s’adressait. J’ai eu l’occasion de voir de près et d’observer attentivement les ouvriers communistes. En exceptant un très-petit nombre de fainéants et de mauvaises têtes, cette catégorie de sectaires se compose d’hommes que je n’hésite pas à regarder comme l’élite de la population ouvrière de Paris. Sobres, laborieux, relativement éclairés, de bonnes mœurs et de bonne tenue, ils offraient toutes les conditions désirables pour faire toute autre chose qu’un atelier social et de l’utopie communiste.

Sans rien changer aux lois et aux principes de la société actuelle, il y avait place pour l’association. Celle des menuisiers en fauteuils, qui est aujourd’hui florissante, et que

dirige habilement et énergiquement M. Ani toine, cil est la preuve.

Il n’y avait même pas besoin de demander lin capital à l’État. Ce qu’il faut d’abord demander au gouvernement, c’est de nous laisser agir; en second lieu, de nous entourer de-cette sympathie si précieuse aux institutions naissantes et qui se traduit par de bons offices et par une garantie morale qui sont presque toujours un gage de succès. Il faut ne lui demander qu’en dernier lieu, eL à toute extrémité, de l’argent, parce que c’est ce qu’il donne le moins volontiers et ce qui engage le plus. L’argent offre au moins autant de dangers que d'avantages. Gagnons notre argent nousmêmes et sachons attirer les libres capitaux.

Sur ce terrain nous aimerions à exposer nos idées relatives à l’association, si la presse avait qualité pour émettre actuellement des idées de celle nature...

Jamais époque ne fut plus favorable aux i réalisations que celle-ci. Le gouvernement | est aussitôt obéi que compris. L’initiative 11e * lui manque pas non plus. Elle se manifeste

par d’excellentes tentatives, parmi lesquelles nous citerons les caisses de retraite pour la vieillesse. Mais ce n’est là, selon nous, qu’un coin du tableau. Cette institution, très-favorable aux classes qui vivent sous le régime paternel des grandes administrations, profitera peu aux libres travailleurs. Les sociétés de secours mutuel ne peuvent combler ce vide.

Oui, le pouvoir actuel est doué d’une faculté d’expansion sans exemple peut-être en France. Il peut, à l’heure qu’il est, ce qu’il veut. Je le crois à la recherche de toutes les idées utiles. Mais il n’a que des pourvoyeurs officiels, et je doute qu’ils soient dans le cas de faire la moisson de toutes les bonnes pensées qui naissent en France.

Des trois grands pouvoirs législatifs, le conseil d’État, le Sénat et le Corps législatif, le premier seul exerce une réelle initiative. Accablé de travaux, l’élaboration et la rédaction des projetsde lois Fabsorbent.il existed’ailleurs un grand nombre d’idées utiles qui ne sauraient naître parmi les corps constitués,

et qui, soumises à leur contrôle, acquièrent la consistance et la solidité qui leur manquent.

En songeant à la puissante faculté d’expansion dont est doué le gouvernement actuel, nous avons souvent éprouvé le regret que toute cette force d’initiative ne lut pas utilisée. Il lui manque pour cela, en dehors des corps constitués, un élément d action.

On a dit autrefois que l’opposition était utile à l’équilibre et au jeu des institutions parlementaires.

En notre âme et conscience, nous ne croyons pas que l’opposition soit compatible avec le régime représentatif tel qu il est constitué aujourd’hui en France, alors même que le pouvoir consentirait à l’accepter.

Mais au mot offlosition substituez celui-ci : indépendance, et le principe que nous cherchions à dégager tout à l’heure est trouve.

Qui ne serait frappé de la différence qui existe entre ces deux termes?

L 'opposition consiste à combattre systématiquement tout ce que fait le pouvoir.

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