‹ Louis Bouilhet, 1821-1869Chapitre 23 sur 48 · F. LXIX · texte numérisé non relu

F. LXIX

Au milieu de ses rapides eaux, ha ! qui jaillissent en vagues

êc umantes, Au bruit des flots et des tambours, ha ! j'improvise la Chanson

des rames.

Mus vif a été le plaisir, ha ! plus profonde est la tristesse qui

lui succède.

La force et la jeunesse, combien durent-elles, ha! et contre la

vieillesse que faire ! (1)

Et Bouilhet écrit lui aussi « la Chanson des rames » :

Bois chenus, ah ! vent d'automne !

L'oiseau fuit, ah ! l'herbe est jaune, Le soleil, ah ! s'est pâli !

J'ai le cœur, ah ! bien rempli.

Sous ma nef, ah ! l'eau moutonne, Et répond, ah ! monotone, A mon chant, ah ! si joli.

Quels regrets, ah ! l'amour donne !

L'âge arrive, ah I puis l'oubli ! (2)

Bouilhet a utilisé toutes les idées du poème chinois ; il a imité la coupe de la chanson en trois strophes, dont le nombre des vers va toujours diminuant ; il a même reproduit la césure marquée par l'emploi de la particule euphonique : hy.

Même procédé d'imitation dans la prière intitulée : « La pluie venue du Mont Ki-Chan ». D'Hervey Saint-Denys traduit ainsi le texte chinois :

La pluie, venue du mont Ki-chan, Avait passé rapidement avec le vent impétueux. Le soleil se montrait pur et radieux, au dessus du pic occidental. Les arbres de la vallée du Midi semblaient plus verdoyants et plus touffus.

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