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Bourdages, les historiens Bibaud et Morgan le reconnaissent, s’est distingué entre tons les patrivtes de l’époque par son opposition au parti anglais. Enrôlé sous la bannière natiouale qu'il a honoré pendant plus d'un quart de siècle de lutte parlementaire, il a toujours été à l’avant garde pour combattre les plans imiaues ües Richardson et des Sewell, ces deux remparts de loiigarchie de l'époque, ne reculant ni devant la colère des Craig et des Daïhousie, ni devant la prison toujours ouveite en ce temps-là.
Les organes du gouvernement ne cachaient nullement leurs idées et teurs aspirations, Le Québec Mercury et la Guzelte de Montréal nue gardaient aucun ménagement chaque fois qu'il s'agissait des intérêts canadiens français, Ü'est ainsi qu'en 1806 le Mercury osait écrire : ‘Cette prouviLce est déjà trop française, 11 est absolument nécessaire que nous * fassions tous nos efforts par tous les moyens avouables pour nous oppuser à l'accroissement des Frauçais et de leur iuflience. Après une possession de 47 aus, il est juste que lu province devienne anglaise.”
La religion, la laugue, les lois et ls institutions des Canadiers-français étaient donc sérieusement menacées ; on ne pouvait décréter plus audacieuseiwent l’anéantissement de ce que nos pères avaient de plus cher. Aussi, jugèrent-ils opportun de fonder un journal afin de défendre Ieurs intérêts et de répondre aux meuaces despotiques des défenseurs salariés du gouvernement. Le prospectus du Cunadien parut le 22 uovembre 1806. Ce furent MM. Bédard, Bourdages, Taschereau, Blanchet et Piante qui achetèrent à leurs frais le matériel nécessaire, et qui rédigèrent le journal pendant longtemps, Le langage aussi élevé et sincère que nobie et patriotique du Canadien ; la lutte opinâtre qu’il fit contre le gouvernemrnt, en déchirant le voile mystérieux des violences et du despotisime de sir James Craig valut à ses rédacteurs les honneurs de la prison et de l'amende, La liberté de la presse ne peut, en effet, exister chez un peuple qu’on oppriine,
Elu sans dificulté député de Richelieu aux élections générales de 1804, : car sa réputation était aussi étendue que
bien méritée,” ei grâce à l’iuflience des amis de la famille
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de son épouse, Bourdages fit de bonne heure sa marque au Parlement, surtout par son opposition au parti anglais, Une grande divergence d'opinion s'était mauifestée daus la prewière session de notre quatrième parlement, entre le parti canadien et le parti anglais, au sujet des taxes à imposer pour augmenter le revenu provincial. Le parti angiais avait donné un bauquet en l'honneur des membres qu: avaient voté pour la taxation, Les discours en reponse aux santés qu'on avait proposées, reproduits par la Guzette de Montréal, blâämaient indirectement la majorité de la chambre d'assemblée. A la session du 20 février 1805, Bédard et Bourdages proposèrent que ia Guzette de Montréal contenait “ nn libelle fuux, scunduleuæ et séditicux, grandement injurieux au représentant de Sa Majesté, en cette province, ainsi qu'aux deux chambres de la tégislature et tendant à diminuer l’uffection des sujets de Sa Majesté pour son gouvernement.” M. Todd, président du banquet et M, Edward Edwards farent trouvés coupables “ d’une haute infraction des privilèges de la chambre.” Le premier s'empressa de passer la ligne 45ème afin de ne pas “ être pris en la garde du sergent d'armes ” et l'affaire n'alla nas plus loin.
La législature, il faut en convenir, avait donné là un bien mauvais exemple d’attentat à la liberté de la presse qui ne devait pas tarder à être suivi par l'exécutif qui, lui, toujours exemplaire dans ses châtiments, poussa la rigueur jusqu’à la cruauté,
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Le chevalier James Henry Craig nominé gouvernear arriva à Québec le 21 vctobre 1807. Les élections générales avaient eu Jieu avant son arrivée, au mois de juin de la même année, M. J. A. Panet qui avait été élu orateur à la première session de notre premier parlement et dont linfluence était grande parmi les membres de lassemblée avait été battu dans son comté (celui de Québec) grâce aux influences que le gouvernement, dont il était l’un des plus redoutadbles adversaires, avait fait jouer contre lui M. de >onne, l'un de nos premiers canadiens qui désertu la cuuse de ses compatriotes pour passer au gouvernement, notnmé plus tard couseilier exécutif, était recunnu comme le chef du
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parti du château St Louis en chamore.
Attribuant à M. de Bonne l'avis qu'avait suivi Craig en faisant battre plusieurs membres du parti des patriotes ainsi qu'à la destitution de plusieurs officiers de milice, Bourdages se chargea de venger M. Panet de sa défaite et de punir M, de Bonne de sa noire trahison. Il proposa alors “ que les juges de cette province, conformément aux lois et aux coutimes du parlement, ne peuvent nt siéger, ni voter dans cette chambre.” La proposition était dirigée coutie M. de Boune, car i était alors le sen] juge qu’on rencontrât dans la chambre d’assemblée, M. Bourdages perdit sa motion par un vote de 23 contre 17; la majorité se basant sur le fait que linbhabileté des j:zes à siéger dans lassemblée n'étant pas prévue par l'acte constitutionnel, elle ne pouvait être prescrite que nar une disposition législative, et non par une sitnple résolution, Ce fut à cette session que le juif Elzéchiel Hart, député de Trois: Rivières, fut expulsé. Craig prorogea les chambres par un discours insuitant et poussé par ces conseillers exécutifs, entr'autres par le juge de Bonue, il fut assez inhabile pour louer dans son discours le conseil législatif et blâmer la chambre d’assemblée.
Une semblable mereü.iale ne fit qu'irriter les membres de l'assemblée,
La peuple qui connaissait ses définseurs et ses amis, réélut presque tous les mêmes deputés.
Le ministre des coloutes ayant déclaré au gouverneur qu'il n'avait pas le droit de s'opposer au bill coûtre les juges, Craig, afin de se conformer aux instructions de Downing street, déclara dans son discours d'ouverture le 29 janvier, 1810, qu'il donnerait l’assentiment royal à un bill passé par les deux chambres pour reudre les juges inhabiles à siéger dans l'assemblée, L'un des premiers actes de cette session fut de censurer le langnge violent du gouverneur Craig lors de la prorogation du dernier parlement et d'affirmer l’indépendance absolue de la chambre d’asssemblée en rapport avec les autres branches de l'administration.
M. Bourdages savait parfaitement que la majorité de la chambre d’assemblée étuit favorable au principe ds l’exelusion des juges de la politique ; aussi ne se compta-t-il pas
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pour battu ; il se montra tenace, et parvint, après beaucoup d'énergie, à faire adopter son bill par la chambre d’assemblée dups cette session de 1810. Le conseil législatif y introduisit en amenderment nne clause en vertu de laquelle le bill de M, Bourdages ne devait être en force que pour le prochain parlement, de peur d’enfreindre le droit des électeurs qui avaient élu M. de Bonne, Mais la majorité de l’assemblée passa outre, expulsa le traître et son siège fut déclaré vacant, Froissé sans doute dans l'intérêt qu'il portait à sa créature, M, de Bonne, Sir James Craig crut de son devoir de dissoudre les chambres,
“ La chambre d’assemblée, disait-il le 26 œurs, lors de la prorogation, à pris sur elle, sans la participation des autres branches de la législature, de décider qu'un juge ue peut ni siéger ni voter dans la chambre... Je ne puis regarder ce procédé que comme une violation directe d'un aete du gouvernetment linpérial ; de ee parlement qui vous a couféré la constitution à laquelle vous avouez devoir votre prospérité actuelle Je ne puis regarder la chambre d’assemblée que comme ayant inconstitutionnellement privé de leur franchise élective un grand nombre de sujets de Sa Majesté, et renüu inéligible, par une autorité qu'elle ne possède pas, une antre classe assez considéruble de la société .. Eu conséquence de l'exclusion d’uu mewbre pour le comté de Québec, on a déclaré une vacance dans la représeutation de ge comté, et il serait nécessaire qu'il fût émané un nouveau writ pour l'élection d’un membre ; ce writ doit être signé par moi : messieurs, je ne puis, je u’ose me rendre particivaut de la violation d’un acte du parlement, eù je ue vois d'autre mGyen par lequel Je puisse éviter de le devenir, que celui que je prends.” (la dissolution de la chambre d'ussemblée,)
Approuvé dans sa conduite arbitraitre et violente par les partisans de ladministration, Craig fit suisir le Cunadien, incarcétrer ses rédacteurs qui avaient en le courage de le dé sappæouver, pour “ écrits méchants, séditieuæ el traîtres.”
Presque tous les membres de la aernière chambre d’asseinblée furent réélus, et Craig ouvrit la session le 12 décembre 1810, En prorogeant le parlement l# 20 mars 1811, le bill de Bourdoges pour rendre les juges inhaliles à siéger dans
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l'assemblée, lui fouruit l’occusion de dire : “* Parmi les actes auxquels j'ai déclaré l’assentiwent royal, ilen est uu que j'ai vu avec une satisfaction particulière, ......ce n'est pas seulement parce que je regarde la mesure comme couvenable eu elle-mêine ; mais parce que je considère la passation de cet acte Comme une renonciation complète au principe erroné dont la mise eu pratique a nécessité la dissolution du dernier pailemeut,.”
Réclamer l’exclusion des juges de la politique était réclawer une des immunités et un des priviléges dont jouissait la chambre des Comuaunes en Angleterre, Cette question fus un des premiers sujets de difieultés entre la chambre populaire et le gouvarneur, soutenu daus cette lutte par le consell législatif, dont les membres nommés par la Couronne servalent les vues, Bourdages considérait av:C raison que l'indépendance complèt : et absolue des députés était une des sauvegardes et une des garanties les plus efficaces pour le bou fonctionnement du gouvernement représentatif et que les juges, ne pouvant voter avec a-sez d'indépendance, devalent être exclus de la chambre. Ou comprend la Tatte opiuiâtre que fit Bourdages et l’énergie qu'il a déployé pour mener à bien son bill, lorsqu'on se rapelle que la corruption de l'administration judiciaire ec la vénalité des juges de cette époque étaient telles, que ces magistrats s'oublièrent jusqu’au point de servir de créatures serviles au gouvernement, Bourdages n'aurait peut être pas eu gain de cause, dit Bibaud, nuls l'Angleterre s'attendaut à la guerre avec les Etats-Unis, rappela Si James Craig. Ce gouverneur à tout fait pour maltraiter les Canadieus et les anglifier, Afin de rév:sir dans ses projets, 11 délégua H. W, Ryianu, son Secrétaire-Provinclal, en Angieterre, Ii avait vour missiun d'obtenir la suspension de la constitution que Craig avait foulé aux pieds toutes Les fois qu'elle ne favorisait pas ses prétentious tyranniques, et faire douner à l'exécutif lexercice du droit de patronage ecclésiastique, c’est-à-dire donner à l'exécutif le droit de nommer aux cures. Mais le parti canadien qui avait à sa tête Papineau, Bédard et Bourdages veillait attentivement à la défense de nos libertés civiles et politiques, tandis que le clergé, sous la conduite patriotique de Mgr
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’lessis, une des gloires, non-seulement de l'épiscopat, mais encore de notre nationalité, un homme énergique, puissant par sa position, par son génie, par son dévouemont, se fit le champion de nos libertés religieuses et sut déjouer les plans Lyrauniques d2: Craig,
Lors de l’emprisonnement de M, Bédard et de quelques autres patriotes Bourdages “se donna tous les mouvements imaginables, (dit la Minerve de 1834), pour aéfendre ses cullègues.” Peudant la session de 1812, quelques mésintelligeuces surviurent entre lui et M. Bédard, et pour des motifs qu'on ne cuunaît pas, elles ue purent jamais disparaître entièremuent,
Sir Georges Prévost, fat le successeur de Craig, Il arriva à Québec en septembre 1811. Ramener l'harmonie dans Ls esprits que l'administration de sun prédécesseur avait tendus outre mesure, les réconcilier par une politique impartiale, confiante et prudente, afiu de s'assurer d’une manière effective du concours de la population canadienne-française, dans la défense du pays, s’il était attaqué par les Etats-Unis, telle fut la tâche difficile qu'eût à rewplir Sir Georges Prévost, Modéré autant que juste et impartial, le nouveau gouverneur avait les qualités nécessaires pour parvenir à ce but et effacer le vif mécontentement, j'oserais dire la haine, qu'avais provoqué les persécutions, les exactions et les violences de l'administration du petit despote qui venait de nous quitter ‘“ cordialement unis ” comme il avait en l’audace et l’effronterie de le dire dans son deruier disours. Afin de s'assurer de l'estime et de ranimer la confiauce du penple, Prévost noinina M, Pierre Bédard, chef de l'opposition sous l'administration de sir James Craig, juge provincial des Trois-Rivières, et Louis Bourdages, reconnu comme le plus violent adversaire de cette même administration, fut fait colonel-de milice, En 1813, Bourdages conduisit son bataillon à la frontière.
“ Ii fit preuve de beaucoup de zèle pour la défense de son pays, dit un de ses biographes, et fut un disciplinaire sévère, tellement, qu’il encourut la disgrâce de ses oficiers et perdit
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son élection quelques temps après.”
‘“ Le grand zèle de Bourdages pour la défense du pays à la tête de son bataillon, e& les souffrances inévitables endnrées par ses miliciens, diminuèrent l'estime, la considération qu'ils avaient pour lui,” dit le Uanadian Spectator
L’empressement avec lequel les Canadiens de 1812 ont couru à la frontière, au premier appel du gouverneur ; le zèle et le dévoûment vatriotiques qu'ils out moutrés pour la défiuse de leur pays, refutent péremptoirement les accusations de déloyauté que le parti vory ou bureaucrate de l'époque ne cessait de diriger contre le parti des patriotes, L'historien impartial ne doit pas Poublier : les Canadieus de cette époque, après avoir souffert toutes les injustices des Haldimand et des Craig, ont défeudu leur pays afin d'en conserver la possession à l'Augleterre qui n'avait pas toujours été bienveillante à leur égard, contre une uation qui, loin de menacer leurs biens et leur liberté, leur protuettait par une allance avec elle, des avantages nombreux dout ils avaient été privée jusqu'alors.
Vous fûtes glorieux jours de mil huit cent douze
Quard tous ces cœurs vaillants qui battaient sous la blouse, Oubliant d’immorte!s affronts,
Sous les drapeaux anglais, eu cohortes altières
La carabine au point, se ruaient aux frontières, En chantant avec les clairous,.