LIVRE XIII
35. Mille petites simplifications sur mille petits ennuis font une vie toute remplie de lumiere.
36. La veritable perspicacite, c’est deceler Dieu sous son vetement de lumiere apres avoir decouvert la vie sous son enveloppe de tenebres.
37. Nous obtiendrons du Seigneur tout ce que nous lui demanderons.
Faisons done bien attention a ce que nous choisissons afin de ne pas demeurer ridiculement au-dessous du don de Dieu.
38. L’ignorance est comme la force au-dehors et comme la faiblesse audedans. La saintete est comme la faiblesse au-dehors et comme la force au-dedans. La sagesse est comme la force au-dedans et au-dehors, et quelquefois aussi comme la faiblesse audehors et au-dedans ; e’est-a-dire comme Dieu dans la sainte ignorance de l’amour, qui se garde ou qui se perd a son gre.
« O mystere du choix et du don de l’Unique ! »
39. Quand nous verrons notre ennemi abattu et demandant du secours, precipitons-nous pour l’aider ; car c’est l’occasion unique qui s’offre a nous pour en faire un ami. En attendant, prions en nous-memes pour sa conversion, ainsi il nous laissera vite en paix.
40. Quand nous aurons tout separe, tout classe, tout etiquete et tout empaille, il nous faudra finalement tout reunir et tout unifier dans la vie, sous peine de rester scelles dans la lettre et dans le nombre de la mort.
41. Dans ce monde tout n’est que vetements qui nous isolent et posses-
35’. L’amour envers tous les etres engendre la clairvoyance et la paix pour soi-meme.
36’. Quand nous croirons l’avoir vu, nous n’ aurons apergu que l’ombre de son habit, et quand nous penserons l’avoir touche, nous n’aurons effleure que la poussiere de ses pas.
37’. Celui qui penetre la connaissance risque la mort, la folie ou l’aveuglement, mais s’il ressort indemne protege par l’amour, Dieu l’etablit dans son eternite et dans sa royaute.
38’. Celui qui lira jus qu’au bout le Livre des contraires et qui saura les unir dans le NOM unique, double, quadruple et octuple, paraitra sage aux sages, saint aux saints et fou aux fous.
Ainsi beaucoup ont discouru magnifiquement sur Dieu, sur ses attributs et sur sa creation, mais combien ont entrevu le bout de sa robe et combien ont baise la trace de ses pas ?
Mais combien done alors ont contemple la splendeur de son corps, et combien, 6 stupeur, ont goute les delices de son cceur ?
39’. La malediction de Dieu est comme l’ignorance ou comme le renvoi de sa benediction. Ainsi ce n’est jamais lui qui condamne, mais c’est nous qui demeurons stupidement et orgueilleusement ensevelis dans la solitude de la mort.
40’. Celui qui peut joindre a la penetration de l’esprit l’elan du cceur et la purete de la vie, ne connaitra ni le doute, ni le desespoir, ni la mort ; car Dieu l’abreuvera a la source des vivants.
41’. Nous possedons tous la meme lumiere, mais elle est plus ou moins