LIVRE XIII
47. La paix du sage est comme ramification des trois mondes ; c’est une reintegration particuliere de la creation, c’est le repos des formes dans le centre de l’essence pacifiee, et non pas leur destruction.
48. Ceux qui par l’amour et par la connaissance enseignent la voie du retour a l’Unique, sont sages parmi les saints, mais ceux qui penetrent le secret du Seigneur par le silence de l’adoration, sont saints parmi les sages.
Ainsi les biens de la terre par les affaires terrestres, les biens du ciel par le commerce celeste, mais Dieu par Dieu seulement.
49. II y a l’Etre, il y a l’acte, il y a le repos, et il y a tous ceux qui essaient d’expliquer l’un ou l’autre parce qu’ils ne sont pas en cette unite qui se suffit a elle-meme.
50. Dans la creation, tout n’est que prets et que restitutions. Ainsi apres avoir remis nos corps a la terre et nos esprits au ciel, il nous faudra finalement remettre aussi nos ames a Dieu, qui reunira tout pour la purete ou pour l’immondice, au jour du jugement.
51. Tous les mysteres sont contenus dans la sueur de la terre et dans la rosee du ciel.
52. Seul le sage ne se deguise ni audehors, ni au-dedans, car il sait que le manteau de l’ombre protege naturellement la lumiere du Seigneur.
53. C’est le feu divin qui manifeste la lumiere sainte et c’est lui qui propulse les formes dans la vie ; et quand quelque chose s’egare dans la mort, c’est encore lui qui l’en delivre.
47’. Si nous sommes deranges par le monde, c’est parce que nous ne sommes plus en Dieu. Rien ne saurait en effet brimer celui qui baigne dans la lumiere du commencement et de la fin des temps.
48’. Les mots du Livre ne sont rien, c’est la lumiere palpable de l’Unique qui est tout. Quand nous la possederons dans notre tete, dans notre cceur et dans nos mains, nous n’aurons plus besoin ni de l’enseignement, ni de la consolation, ni du travail, ni des soins de quiconque, car c’est le Seigneur en personne qui sera en nous et qui nous fera vivre en lui.
49’. C’est le verbe qui diversifie la substance premiere, et c’est le silence qui l’unifie a nouveau. Ainsi l’art qui donne la forme a la matiere est une noble fonction de l’homme parce qu’elle le rapproche de son createur.
50’. C’est Dieu qui cree et qui anime les formes, et c’est la nature qui les entretient et qui les multiplie jusqu’au temps du retour a leur source initiale.
51’. L’oiseau divin fait son nid dans la poussiere de la terre des hommes.
52’. La naissance du monde est comme l’expansion de l’Unique. La fin de la creation sera comme le repos de l’UN.
53’. Les ceuvres des hommes sont devenues une tentation formidable pour ceux qui ne s’aper^oivent pas qu’elles ne recelent que la mort.