VIVANT DENON
sentit renaître cette ambition après avoir peint le Couronnement , et quand Napoléon , dans tout l'éclat de sa puissance , fit restaurer et achever le vieux Louvre , David demanda à l'empereur de lui confier la décoration des appartements de ce palais , en s'engageant à faire une suite de compositions dont les principales eussent été' peintes par lui-même, et les autres sous sa direction, ,par ses élèves les plus distingués. Ce projet qui n'a peutêtre existé réellement que dans l'imagination de Da\id, était un des rêves dont il se berçait lorsqu'il reprit le tableau des Thermopyles , et quand déjà les présages malheureux de la fin de l'empire ne permettaient plus à Napoléon de porter sérieusement son attention sur des objets de cette espèce.
C'est ici l'occasion de faire connaître Vivant Denon , dont rinflu( nce sur les vicissitudes de l'école pendant près de quatorze ans mérite d'être signalée.
Le baron Vivant Denon S admis de bonne heure aux emplois de la cour de Louis XV, fut très-favorisé par ce prince, qui se plaisait à voir les dessins et les gravures à l'eau-forte de son jeune page d'abord, puis de son gentilhomme de sa chambre. Nommé bientôt gentilhomme d'ambassade à Saint-Pétersbourg, cet emploi donna assez d'importance à Denon auprès de son ambassadeur, M. le baron de Talleyrand, pour qu'il fût forcé de ralentir ses études d'artiste, afin de se livrer entièrement à la correspondance diplomatique avec Versailles , travail dont il avait été particulièrement chargé. A la mort de Louis XV, Vivant Denon quitta la Russie pour la Suède, d'où M. de Vorgennes le fit bientôt revenir en France pour l'envoyer en mission près du corps helvé-