‹ Louis DavidChapitre 31 sur 170 · HUYOT L'ARCHITECTE · texte numérisé non relu

HUYOT L'ARCHITECTE

\éc, fut souvent détourné de la belle marche qu'il s'était tracée , par les préoccupations que lui causaient les opinions étranges de Maurice.

Huyot, tant qu'il dessina à l'atelier, travaillait toujours silencieusement, et il serait difficile de savoir si ce débordement d'idées extravaganles eut quelque empire sur son imagination. La fermeté de son esprit, sa taciturnilé, son application conslante au travail et le peu de temps d'ailleurs qu'il passa à l'école de David , portent à croire que les idées singulières des primitifs tirent peu d'impression sur lui.

Il y eut un malheureux jeune homme, S*'^'^*, dans l'intelligence de qui ces opinions bizarres s'embrouillèrent encore en se compliquant avec des chagrins domestiques et la pauvreté. Prenant à la lettre les conseils de ceux des primitifs qui , par paresse et par incapacité , prétendaient atteindre le plus haut but de l'art par l'effet seul d'une contemplation poétique des- ouvrages de l'antiquité, S*"^"^* dépassa bientôt, sans avoir rien appris, l'âge où l'on peut étudier avec fruit. Chargé prématu rément de famille et hors d'état de rien produire qui pût l'aider à la soutenir, il obtint à grand' peine la place de professeur de dessin dans un lycée de province, où il acheva de perdre sa raison déjà altérée. C'était un bon et brave jeune homme , à qui il vint la fatale idée de se tirer de l'état obscur où le ciel l'avait jeté , dans l'espoir de cultiver un talent qu'il ne put acquérir et dont, selon toute apparence, il n'avait môme pas le germe.

Il ne serait que trop facile d'augmenter la liste des infortunés de ce genre qui, jetés alors dans l'atelier de

constante du roman àeWeriher, se précipita du haut des tours de Notre- Dame en 1804 ou 1806.

LES RAPINS

David, sans fortune, quelques-uns sans dispositions et sans énergie de caractère, ont perdu là toute idée de discipline , de subordination, et se sont trouvés trop heureux, quand Bonaparte eut besoin de soldats, d'aller mourir honorablement sur un champ de bataille.

Si, parmi tant de souvenirs, on en rappelle quelques-uns avec plaisir, combien d'autres demeurent tristes et sombres dans la mémoire ! Vermay , ce jeune enfant si turbulent, si gai, si spirituel, et dont les premiers ouvrages, exposés ensuite au Salon de 1808, donnaient de si belles espérances , hélas 1 après avoir gaspillé sa vie à Paris , a été fonder une école de dessin à la Havane, où il est mort malheureusement. Poussin, le contemporain, l'inséparable de Vermay, car toutes les grandes espiègleries des élèves de Técole, étaient combinées et dirigées par eux; Poussin, qui à une belle figure joignait une âme si belle et si noble, qui dessinait et peignait bien, comme un rossignol chante , sans porter le moindre dommage à son insouciance et à sa paresse habituelles ; Poussin que tout le monde aimait comme un frère , pour qui ses camarades rêvaient tous les genres de succès ; Poussin ! dont le nom même était regardé comme d'un augure favorable pour lui , il n'a pas perdu la vie , grâce au ciel , mais il n'a pas tiré de son talent tout ce que l'on avait le droit d'en attendre. Enfin, s'il n'est pas célèbre , il est heureux! Marié et entouré d'enfants à l'Ile Bourbon, il professe avec honneur la peinture et vit à l'aise, entouré de la considération générale des habitants de la colonie.

C'est ici l'occasion de dire quelques mots d'un élève qui fit concevoir alors les plus hautes espérances, quoiqu'elles ne se soient point complètement réalisées. Pau- Un Duqueylar , il a déjà été nommé , était de Marseille

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