LES FRÈRES FRANQUE
du Serment, dont la toile est restée dans l'église des Feuillants jusqu'à l'époque où Bonaparte , devenu empereur, fit déblayer ce quartier pour construire la rue de la Paix et la rue de Rivoli.
Le nom de David apparaît déjà à l'occasion de la séance de l'Assemblée législative du 14 janvier 1791. Un député extraordinaire du département de la Drôme présenta à l'Assemblée deux frères jumeaux déjà célèbres , disait-il , par leur talent pour le dessin. Il annonça que ces deux frères, d'abord simples bergers, avaient montré de bonne heure un talent naturel qui s'était bientôt développé avec le plus grand éclat. Ils taillaient des pierres sur les montagnes; ils gravaient des figures humaines, dessinaient des paysages, et avaient été élevés aux frais du département de la Drnme ; mais il ne s'y trouvait plus de maîtres capables de les instruire. M. Dumas ayant demandé que ces deux jumeaux fussent mis entre les mains de David pour achever leur éducation, cette proposition fut adoptée.
Bientôt, dans le numéro du Moniteur universel du dimanche 9 février 1792, on lut l'article suivant :
« Deux jeunes jumeaux natifs du département de la Drôme, déjà distingués par leur talent naturel pour la peinture, ont été confiés, par un décret du 15 janvier (1792), aux soins de M. David. Le 7 février, cet artiste a adressé à l'Assemblée nationale la lettre suivante :
«» Monsieur le président, l'Assemblée m'a chargé d'en- « seigner les principes de mon art à deux jeunes enfants « que la nature semble avoir destinés à être peintres , .< mais à qui la fortune refusait les moyens d'obtenir « les connaissances nécessaires pour le devenir. Quel t bonheur pour moi d'avoir été choisi pour le premier
« instituteur de ces jeunes gens, qu'on pourra jusle- « ment appeler les enfants de la nation, puisqu'ils lui '< devront tout! Quel bonheur pour moi! je le répète, «« mon cœur le sent vivement, mais il m'est impossible '< de l'exprimer : mon art ne consiste pas en paroles , « mon art est tout en action. Donnez-moi le temps, « et mes soins assidus vous prouveront combien je suis « sensible au choix que vous avez fait de moi. J'en ai « reçu le prix. Je ne suppose pas que l'Assemblée na- « tionale veuille diminuer en quelque sorte l'honneur « de la préférence qu'elle m'a donnée , en m'offrant un " salaire pour le soin que j'apporte à l'instruction de «« ces deux enfants adoptifs. L'amour de l'argent n'a «« jamais importuné dans mon âme l'amour de la gloire, « que je mets au-dessus de tout.
Signé : « David. »>
Mais l'une des premières occasions graves où l'artiste prit une part active aux événements publics fut le 15 avril 1792, lorsqu'il se signala comme l'un des principaux ordonnateurs de la fête donnée aux soldats du régiment suisse de Châteauvieux, condanmés pour insubordination par leurs officiers et selon les lois de leui' pays.
Bientôt après, en septembre 1792, membre du corps électoral de Paris, David fut nommé député de cette ville à la Convention nationale, qu'il présida du 16 nivôse au 1" pluviôse an n (du 5 au 20 janvier 1791). Voici l'extrait de ce qu'a fait et dit David dans cette assemblée fameuse :
Après la levée du siège de Lille, le député Gossuin proposa, le 8 octobre 1792, à la Convention nationale de décréter « que la ville de Lille avait bien mérité de