MARAT ET DAVID. 1 ."IS
dos ^^ardes du l'oi, dont Pâris avait t'ait parti(\ Cotte é|)6e, attachée jiar un fil, est suspendue sur le sein du mort, et dans la lame est passée une feuille de papier sur laquelle sont écrits ces mots : Je vote la mort du tyran. Au bas du tableau on lit encore : David à Lepellelier, et la date de la mort de ce dernier : 20 janvier 1793.
Mais cet ouvrage, malgré son mérite, le cède cependant au tableau de Marat, que David eut bientôt l'occasion de faire. Ce n'est point ici le cas de reproduire les détails de la mort de cet homme , assassiné comme on sait, dans son bain, par Charlotte Corday, le 13 juillet 1793; mais il est nécessaire de revenir sur une circonstance de la carrière législative de David, qui se rattache à ce dernier événement. Dans le mois d'avril de cette même année, du 3 au 12 ^ Marat, dit VAmi du peuple, ayant excité l'horreur de la Convention, fut décrété d'accusation par cette assemblée, à la majorité de 220 voix contre 92. Au milieu des débats violents auxquels cette affaire donna lieu, Pétion dit, en jetant un regard terrible sur Marat : « Le moment est venu de chasser de cette enceinte ces hommes audacieux et scélérats qui nous a\ dissent et nous menacent sans cesse du poignard des assassins'.... — C'est vous! s'écria Marat avec fureur, c'est vous qui êtes des assassins ! >»
Ces derniers mots furent couverts par les cris d'indignation qu'ils arrachèrent à presque tous les membres de l'assemblée ; mais David , prenant la défense de Marat, s'élança avec précipitation au milieu de la salle, et s'écria : << Je vous demande que vous m'assassiniez...; je suis aussi un homme vertueux.... la liberté triomphera!... »