‹ Louis DavidChapitre 57 sur 170 · I. Voy. ces dates au Monitcnr · texte numérisé non relu

I. Voy. ces dates au Monitcnr

iU DAVID DE 1789 A 4795.

Cette apostrophe frénétique, jointe aux précédentes, excita la plus vive agitation , et il se passa quelques instants avant que Pétion pût se faire entendre et dire : « Qu'est-ce que prouve l'action de David? Rien, si ce n'est le dévouement d'un honnête homrae en déhre et trompé par des scélérats.... Tu t'en apercevras, David!... — Jamais, » répondit le peintre. En effet, son erreur se prolongea ; elle se changea même en une espèce de culte lorsque son idole , cet ignoble Marat , après avoir été acquitté le 24 avril par jugement du tribunal extraordinaire devant lequel il avait été traduit, fut ramené en triomphe par la populace jusque dans la salle de la Convention.

Il y a trente ans, dans une histoire comme celleci , où tout ce qui peut faire voir David sous un jour favorable est recueilU avec empressement , on se serait peut-être abstenu de rapporter la scène qui précède. Mais depuis 1830, malgré soixante-cinq ans d'expérience, malgré des documents historiques que tout le monde connaît, et sans égard pour la sentence unanime prononcée par la France contre l'impie, le sanguinaire et le vénal Marat, nous avons vu certains hommes chercher à réhabiliter ses prétendues vertus et pousser le fanatisme jusqu'à faire mouler son buste * pour honorer sa mémoire ; il fallait donc revenir sur ce triste sujet; et s'il est possible, comme le disait Pétion, que David ait eu en 1793, au moins, le dévouement d'un honnête homme en délire , quelle peut

1. Après la mort de Marat, David fit mouler son masque pour l'exécution de son tableau. C'est ce masque qui a été surmoulé en plâtre et vendu avec celui de Robespierre et de quelques autres. En 1835, la police finit par défendre qu'ils fussent exposés publiquement.

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