‹ Louis DavidChapitre 76 sur 170 · NOUVELLES ÉTUDES DE DAVID · texte numérisé non relu

NOUVELLES ÉTUDES DE DAVID

Jusqu'à ses derniers moments, il n'a cessé de répéter à ccuv de ses élèves riiii avaient sa confiance qu'il cherchait la véritable voie; qu'il croyait bien n'en pas être très-éloigné ; mais qu'il sentait cependant qu'il ne l'avait pas encore trouvée. « Les pas que j'ai fîiits , ;ijoutait-il , me seront peut-être comptés comme des cl'l'orts dignes de louange; mais il faudrait que quelqu'un prît après le fardeau où je le laisserai, et le portât à sa véritable destination ... J'entrevois la route de loin!... mais je n'y suis pas, et je n'aurai pas le temps d'y arriver. »

David possédait plusieurs des plus rares qualités qui constituent réellement un peintre; il avait un sentiment vrai et fort du naturel dans le mouvement et dans les formes, et la direction de son esprit l'entraînait vers les choses élevées.

Il était resté complètement étranger à l'ironie, si commune de son temps, et plus d'une fois , en parlant des peintures sacrées des maîtres antérieurs à Raphaël, il lui est arrivé de reconnaître que ces premiers artistes devaient aux sujets qu'ils ont traités une bonne partie de la grandeur et de la majesté qu'ils ont imprimée à leurs ouvrages. Pendant qu'il méditait sur son sujet de Léonidas, et que, livré tout entier à l'étude des principes de l'art grec , il nourrissait son esprit et ses yeux de ce que la statuaire antique nous a laissé de plus sévère et de plus beau , frappé en même temps , des beautés analogues qu'il croyait reconnaître dans les vieux maîtres modernes, tels que Giotto, Fra-Angehco da Fiesole, et surtout Pérugin, David s'inspirait tour à tour des compositions fameuses de ces deux époques. Ces études comparatives exercèrent une grande influence sur la réforme qu'il s'efforça d'apporter dans la

composition do son nouvel ouvrage, le Léonidm. Déjà , dans ses Sab/nes, il s'était appnyé de l'autorité des anciens pour dégager, isoler même, cliacune de ses ligures principales, au lieu de les entasser, selon l'usage académique, afin de former des groupes compacts, et de produire plus facilement de grands effets de lumière et d'ombre. Entraîné par les idées nouvelles que lui avait suggérées la vue de quelques peintures d'Herculanum et de Pompéi, par les descriptions de Pausanias^ à l'occasion des tableaux que Polygnote exécuta dans le Pœcile à Athènes, ainsi que par les compositions sur un seul plan de Pérugin et de quelques-uns de ses prédécesseurs, David conçut la pensée, pour ramener l'art de la composition à cette simplicité antique, d'intéresser le spectateur, non pas comme l'ont fait les peintres depuis le xvn* siècle, en sacrifiant tout à l'effet dramatique, mais, au contraire, en fixant l'attention successivement sur chaque personnage par la perfection avec laquelle il serait traité.

Quelque étrange que puisse paraître ce système de composition à certains esprits qui ne se hasardent pas volontiers dans le domaine des idées étrangères à leur siècle, il faut bien l'admettre, sinon comme parfait, au moins comme ayant été adopté et suivi aux différentes époques où les arts, ayant toute leur importance, étaient traités par les génies réputés les plus forts et les plus élevés. Ainsi, sans parler des tableaux de Polygnote, dont la description ne nous donne qu'une idée vague , la plupart des compositions de Giotto, de Signorelli , de Fra-Angelico et de Pérugin sont disposées d'après ce système. Bien plus, la Dispule du Saint- Sacremen t ,

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