I. Delécluze, David, p. i5o
cation et au bonheur public; ils parent la vertu de charmes qui la rendent chère aux mortels; ils inspirent Thorreur du crime. »
La conclusion, c’est Mathieu qui va nous la donner : « C’est à la Convention nationale de faire aujourd’hui pour les arts, pour les sciences, pour les progrès de la philosophie, ce que les arts, les sciences et la philosophie ont fait pour amener le règne de la Liberté : ce sont aussi des créanciers de la Révolution et pour qui la Révolution doit tout faire ».
C’est ainsi que David put prendre en main la sauvegarde des intérêts de l’art.
Il acheva tout d’abord la ruine de l’Académie de peinture. Celle-ci se sentait compromise ainsi que les autres Académies et avait, de plus, contre elle, l’hostilité, chaque jour plus redoutable, de David. Elle essaya de le ménager, de le ramener à elle ; le 7 juillet î 792, bien que depuis longtemps il affectât de ne plus la connaître, elle le nommait adjoint à professeur. Mais quand le secrétaire de l’Académie, Renou, invita David à venir exercer ses fonctions, David répondit par ce billet laconique : « Je fus autrefois de l’Académie ».
Le 8 août, Grégoire réclamait à la tribune de la Convention, au nom du Comité d’instruction publique, la suppression de toutes les Académies et David instruisit le procès de l’Académie de peinture dans un discours violent et emphatique, dans lequel
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il s’efforcait de montrer « dans toute sa turpitude l’espèce d’animal qu’on nomme académicien ». La Convention vota la suppression des Académies.
Déjà David avait, avec le concours de Romme, fait décréter la suppression du poste de directeur de l’Académie de France à Rome et décider la refonte de l’école « pour l’établir sous les principes de liberté et d’égalité qui dirigent la République française ».
En agissant ainsi, David ne poursuivait pas « une •basse popularité ^ » ; il avait, dès le début de la Révolution, réclamé la liberté pour les artistes et pensait sincèrement faire œuvre utile. Il ne désirait pas la destruction de l’Ecole de Rome, qu’il croyait affranchir. Après l’assassinat de Basseville^ il intervint, le juillet 1 793, pour assurer aux pensionnaires dispersés la continuation de leur pension et pour réserver aux vainqueurs futurs des grands prix les mêmes avantages.
La suppression de l’Académie n’avait pas, en effet, entraîné la disparition des concours. Mais quand il s’agit de décerner des couronnes en lygS, il fallut constituer un jury nouveau. David fut chargé de ce soin. Il dressa alors une liste qu’il soumit au suffrage du Comité d’instruction publique et qui présentait, à côté de peintres, de sculpteurs et d’architectes, des savants, des hommes politiques et un cordonnier, un jardinier et un cultivateur. On a beaucoup plaisanté ce choix, qui n’était pas déraison-