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Chaumette pour la préservation des monuments du Moyen-Age, s’ils ne furent pas inspirés par David, furent dus, au moins partiellement, à son influence.
En même temps, David s’ingéniait à assurer du travail à ses confrères. Le 26 octobre 1792, il demandait la frappe de médailles pour tous les événements glorieux ou heureux déjà arrivés ou qui arriveraient à la République.
Le 25 juillet lyqS, il faisait confier à Dupré la composition d’une médaille pour commémorer la fête du 10 Août. Le 17 novembre, il faisait ouvrir un concours pour l’exécution d’un monument colossal au peuple français, monument dont la victoire devait fournir le bronze. C’est, enfin, après l’avoir plusieurs fois entendu, que le Comité de Salut Public publiait, le 9 juin 1794, un projet d’embellissement ou de transformation des Tuileries, dont les travaux devaient être exécutés sous la surveillance de David, assisté de Granet et de Fourcroy. Le Comité de Salut Public proposait en même temps aux sculpteurs et aux architectes les programmes de plusieurs concours et appelait les peintres « à représenter, à leur choix, sur la toile, les époques les plus glorieuses de la Révolution française », promettant des récompenses aux meilleures esquisses.
Si l’on ajoute que les artistes étaient invités à faire connaître les plans et projets d’embellissement qu’ils auraient pu former pour la Ville de Paris, on se convaincra que jamais ne fut prise initiative
artistique plus grandiose. David n’avait pas tort de le proclamer : « La Convention nationale, toujours juste et puissante, a saisi toutes les occasions de ranimer les arts appauvris, en leur donnant une direction nouvelle et des forces proportionnées au colosse immortel qu’ils auront à soutenir^ ». De cette gloire, David pouvait revendiquer une part. Lorsque, le 25 mai 1794, il vint annoncer au Club révolutionnaire des arts les grands projets du Comité de Salut Public, Bosio lui répondit : « L’expression me manque pour peindre à nos camarades ce que je ressens dans ce moment. C’est un sentiment qu’ils partagent avec moi. Je demande que le président •donne l’accolade à David ».
Pour cette activité bienfaisante, David fut, après le 9 Thermidor, accusé d’avoir exercé sur les arts une dictature despotique. Certes, son action avait été souveraine, mais il n’en avait usé pour persécuter ni ses rivaux, ni ses émules. Dans le jury des Beaux- Arts, il avait fait entrer Fragonard, qui ne partageait pas précisément ses vues, et Prudhon, qu’on représente assez volontiers comme sa victime. S’il fit écarter de la commission du Muséum Vincent et Régnault, c’est que ceux-ci avaient montré, dans leurs fonctions, peu de capacités. Directement ou indirectement, il protégea ses confrères. Pendant tout le cours de la Terreur, pas un artiste ne monta sur l’échafaud : il n’y a pas seulement là un effet du hasard.