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I. J. David, David, p

DAVID

Le fait seul d’être élève de David était un brevet de civisme. David faisait réquisitionner les artistes pour l’organisation des fêtes, pour des missions, et les couvrait ainsi de la protection du Comité de Salut Public. Il les suivait au delà des frontières : il faisait excepter de la terrible loi des émigrés les jeunes gens absents pour leurs études, intéressait le Comité de Salut Public à la détresse de Girodet malade et sans argent à Venise. Enfin, grâce à son énergique intervention. Rater et Chinard, enfermés dans les prisons de l’Inquisition, à Rome, échappaient à la mort.

On l’accuse, il est vrai, d’avoir refusé d’intercéder en faveur de Lethière et d’avoir repoussé des sollicitations de Carie Vernet ; mais Carie Vernet et Lethière ne l’ont-ils pas amnistié de ce reproche, lorsqu’ils ont mis leur signature, en 1800, au bas d’une requête où ils se recommandaient à lui.

Au milieu de ces soins, David ne laissait pas sommeiller son propre génie. Il essayait de le consacrer au service de sa passion politique et tentait des applications remarquables de l’art à la vie sociale.

Il se fit inviter par le Comité de Salut Public à « lui présenter ses vues sur les moyens d’améliorer le costume national actuel, de l’approprier aux mœurs républicaines et au caractère de la Révolution ». Déjà, les élèves de David se distinguaient par leur costume « une veste et des brodequins bleus, un

petit manteau flottant sur l’épaule, un chapeau à plume, deux pistolets à la ceinture et un grand sabre pendu au dos ^ )>.

C’était sans doute une entreprise chimérique que celle d’imposer par décret un costume nouveau à une nation. En tous cas, David n’était pas fait pour opérer un tel miracle.

Les costumes qu’il dessina n’ont rien de séduisant. Ils ne sont pas empruntés à l’antique ; ils ne sont pas pratiques ; ils n’ont que le mérite d’une originalité qui n’emporte pas les suffrages. Ils restent comme les témoignages d’une tentative avortée et qui ne méritait pas de réussir.

David accomplit, au contraire, un effort mémorable en organisant des fêtes révolutionnaires.

Dès le début de la Révolution, des fêtes s’étaient célébrées, nées d’un mouvement populaire presque spontané : telles les Fédérations qui préparèrent la Fédération nationale. La translation des cendres de Voltaire au Panthéon, en 1791, s’était faite avec une pompe dont l’ordonnance était toute empruntée aux souvenirs classiques.

David, qui avait collaboré à l’organisation de la fête en l’honneur des Sukses de Châteauvieux, devint, en 1793, le grand ordonnateur des solennités populaires. Il présida à la fête de la Réunion populaire du 10 août, à la pompe funèbre de Marat à la fête

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