‹ Louis DavidChapitre 21 sur 43 · Rapport du Jury des prix décennaux · texte numérisé non relu

Rapport du Jury des prix décennaux

DAVID

montrent tels qu’ils sont, parvient à nous créer comme un nouveau monde, où les objets se font voir tels que la nature nous dit qu’ils pourraient être ^ ».

David aurait probablement souscrit à toutes ces définitions ; il ne se demandait pas si elles étaient cohérentes de tous points et n’intervenait pas dans les querelles qui s’élevaient parmi les théoriciens, entre les partisans du beau idéal et ceux de la nature choisie. L’essentiel était de savoir que l’imitation directe était insuffisante et qu’il fallait faire subir aux données de la nature une élaboration.

Cette élaboration aurait été très délicate si l’artiste en avait été laissé maître. Fort heureusement, aux yeux de David comme à ceux de Winckelmann, les anciens nous avaient précédés dans cette voie, et ils y avaient réussi de telle façon qu’on ne pouvait espérer les égaler. L’unique moyen de leur ressembler était de leur demander des leçons. Cette supériorité des anciens était un dogme intangible : « L’antiquité, proclamait David, n’a pas cessé d’être la grande école des peintres modernes, et la source où ils puisent les beautés de leur art. Nous cherchons à imiter les anciens dans le génie de leurs conceptions, la pureté de leur dessin, l’expression de leurs figures et les grâces de leurs formes^».

L’étude de la nature et la recherche de la beauté avec le concours de l’antiquité, tels étaient, en défini-

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