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I. Guizot, Salon de j8io

DAVID

le plus étroit, le plus stérile, qu’il entendit l’imitation de l’antique, et le but qu’il se proposa, ce fut, en somme, de produire des pastiches de l’antiquité. /

(( Mon intention, en faisant ce tableau, écrivait-il à propos des Salines^ était de peindre les mœurs antiques avec une telle exactitude que les Grecs et les Romains, en voyant mon ouvrage, ne m’eussent pas trouvé étranger à leurs coutumes h » Dessein naïf et irréalisable.

L’antiquité, pour admirée qu’elle fût, était alors très mal connue. Les œuvres les plus célèbres des musées de Rome ou de Paris, celles qu’on remarquait dans les cabinets des curieux, les moulages qu’avait réunis le statuaire Giraud, ceux qu’avait achetés David, appartenaient, pour la plupart, à la période gréco-romaine. On était persuadé que le règne d’Alexandre avait été pour l’art hellénique l’âge de plénitude. De là des méprises singulières.

On transformait en principes les recettes de l’art académique. Les négligences, la facture molle, / le modelé banal et éteint, le parti pris, l’absence d’émotions qui avaient marqué la décadence hellénique, échappaient à des yeux mal exercés ; on y voyait l’expression d’une esthétique raffinée et sublime.

David n’en savait évidemment pas plus que ses contemporains et il n’était pas le plus informé d’entre eux ; il attribuait sans marchander à Phidias et à

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