‹ Louis DavidChapitre 27 sur 43 · In J, David, David, p. 5oi · texte numérisé non relu

In J, David, David, p. 5oi

DAVID

hardis et l’on se souvient de l’indignation comique que ressentait lierre, le directeur de l’Académie, en présence de Briitus : « Allons, monsieur, disait-il à David, continuez ! Dans vos Horaces^ vous avez mis vos trois figures sur la même ligne, ce qui ne s’est jamais vu depuis qu’on fait de la peinture. Aujourd’hui, vous placez le principal personnage dans l’ombre, c’est de plus fort en plus fort. Vous avez sans doute raison, puisque le public trouve cela admirable. Mais où avez-vous vu qu’on pût faire une composition sans employer la ligne pyramidale ^ ? » Les héros de David se relient les uns aux autres

et expriment leurs pensées par des gestes, et à ces gestes qui doivent être mesurés, harmonieux et significatifs, le peintre accorde une importance exagérée. Dans sa haine du xviii^ siècle, il a oublié d’en proscrire l’esprit théâtral. Aux scènes d’opéra il a substitué des scènes de tragédie. Comme il a abrégé l’étude de la nature en copiant l’antique, il abrège celle du geste en s’inspirant des acteurs. Habitué de la Comédie, ami et admirateur de Talma, il ne sait pas se garder de l’exagération et de l’apprêt que provoque l’optique de la scène. La pantomime est trop marquée, les attitudes ont quelque chose de forcé ou de tendu. Le mouvement emphatique des Horaces^ l’attitude étudiée de Romulus^ le geste du Spartiate aveugle dans Léonidas^ sont empreints de cet excès que les disciples de David exagéreront sans mesure.

Page 1