‹ Louis de Clermont, sieur de Bussy d'Amboise, gouverneur d'AnjouChapitre 14 sur 31 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

CLAUDE COLASSEAU, LIEUTENANT-CRIMINEL DE SAUMUR. AGENT SECRET DES AMOURS DE BUSSY.

LE CHATEAU DE LA COUTANCiÈRE ET SES SEIGNEURS.

Le principal confident des intrigues galantes du gouverneur d'Anjou était Claude Colasseau. Les historiens en ont parlé sommairement, et se sont contentés de nous apprendre qu'il résidait à Saumur, où il remplissait les fonctions de lieutenant-criminel de la sénéchaussée. Nos recherches personnelles nous ont permis de rassembler une série de renseignements nouveaux sur ce personnage et sur sa famille. Son père, Maurice Colasseau, sieur de Haute-Roche, demeurait à Angers et portait la robe d'avocat1. Il fut sénéchal de la baronnie de Vézins, appartenant alors à Jean le Porc, sieur de Parchal, de Villeneuve, du Plessis, marié en 1535 à Marthe de la Porte, fille aînée de Jean de la Porte, sieur de Vézins, de

1 Bibliothèque d'Angers, mss. 920. — Les Colasseau, au xvi° siècle, furent presque tous magistrats ou membres du barreau angevin. — Voir, sur cette famille, la pièce justificative n° 7.

Pordic, de la Jaille, etc. Sa mère s'appelait Françoise Barbot. Maurice Colasseau épousa en secondes noces Jeanne Girard. Quant à Claude Colasseau, il s'intitulait « sieur de la Frogerie » et prenait le titre d'avocat.

Le 3 mai 1566. le contrat de mariage de Claude Colasseau, « licencié es loix, » avec Anne Baron, fille de Nicolas Baron, sieur du Verger et du Coudreau-Marcu, avocat, et de Blanche des Landes, fut rédigé devant Etienne Quetin, notaire à Angers. A cette formalité étaient présents , du côté de l'époux : son père, Etienne Gaultier, sieur de la Pasqueraye, conseiller du roi, et Jean Gaultier, sieur des Places. Du côté de l'épouse : François le Bret, sieur de Plain-Ghamps, Adrien Jacquelot, conseiller du roi, et Maurille des Landes, sieur de Beaulieu, « licencié es loix1. » De cette union sortirent six enfants, Claude, Mauricette, Jacquinne, Louis, Anne et Marguerite, baptisés en l'église Saint-Maurille d'An-

1 Bibl. d'Angers, mss. 1005, d'Audouys, t. I, pp. 291 et suivantes. — Les Baron avaient acheté divers biens situés dans la chàtellenie de la Jaille-Yvon. Ainsi Me Nicolas Baron détenait en 1565 « une pièce de terre voisine du domaine de la Cure et dépendant jadis des appartenances de la Bérardière. » Il possédait aussi « un apenty ou coupe de maison, • au canton de la Blinière, et « une longère de terre » faisant partie d'une pièce de terre des Clérettes. Il avait acquis la totalité de la Bellinière, de Claude et Julien Baron, en 1555 et 1557. En 1574, il faisait foi et hommage à la chàtellenie pour - les maisons, jardins, étrages, bois, terres, prés, vignes de son lieu du Coudreau-Marcu, autrement dit Coudreau-Guionnais. » Il avouait avoir droit « de garenne deffensable, haies et murgies à connins audit lieu du Coudreau et à la Guionnière. » D'après un aveu rendu à Château-Gontier, le détenteur du Coudreau devait au seigneur du fief 6 s. de service. Anne Baron, veuve de Claude Colasseau, était dame du Coudreau en 1601. {Dépouillement général du fief de la Jaille-Yvon, fos 1 v°, 9r°, 29 r°, 35v°,36r0.)

gers1. Les Golasseau portaient: D'argent à une rose de gueules boutonnée d'or et accompagnée de trois molettes d'éperon de sable, posées 2 en chef et 1 en pointe1.

Cette famille, sortie d'Angers, se répandit dans le Poitou, en 1597, aux Houx, seigneurie de la paroisse de Saint-Georges-de-1 a-Garde, du diocèse deMaillezais: puis dans la Bretagne, en 1577, à la Roche-Paillère, paroisse de Saint-Erblon , du diocèse de Nantes. En Anjou , elle posséda, entr'autres fiefs, ceux de la Machefolière, Noyant, Maligné, la Fontaine, la Besnerie et la Frogerie.

L'ancienneté et la noblesse de cette maison sont attestées surtout par un document authentique, classé aux Archives de Maine-et-Loire dans le dossier des Golasseau. Il est intitulé : « Preuves de la noblesse d'Henri- « Prosper- Augustin-Marie-François de Colasseau de « la Machefolière , présenté en mars 1744 pour être

1 Archives de Maine-et-Loire, E. 2059. — Audouys, rass. 994, p. 55. — D'Hozier, mss. p. 94. — Marie-Renée-Françoise de Colasseau, la Belle Marion, avait épousé, dit-on, René-Bertrand Morand, sieur du Déron, qui, un soir d'hiver, fut assassiné d'un coup de feu, dans le rez-dechaussée de la tour du Nord, au château de la Machefolière, commune de la Renaudière. Une commission du Présidial d'Angers s'y transporta en robes rouges. La châtelaine, dénoncée par la clameur publique, arrêtée, jugée, fut acquittée par sentence, mais dut quitter le pays (vers 17G0). A quelque temps de là, son intendant mourait en Amérique, en avouant le crime et la maîtresse indigne qui l'y avait poussé. C'est du moins ce que raconte un article de la Revue de V Anjou, 1859, pp. 369-374, qui aurait besoin de quelque preuve. La dame en question était veuve en 1741 de René-Joseph Rouault, sieur de Trigueil, et si elle se remaria jamais, elle n'était plus guère d'âge en 1760 à tenter des fous jusqu'au crime. (Dict. hist. de M.-et-L., t. II, p. 565).

« élevé page de Mb'r le duc d'Orléans, premier prince du « sang, sous la charge de M. le marquis de Balleroi, « son premier écuyer. »

Dans ce document, certifié et signé par Louis-Pierre d'Hozier, juge d'armes de France, le 12 mars 1744, on lit en effet la déclaration suivante, qui clôt la généalogie du postulant: « Enqueste sur la noblesse d'Hilaire de « Golasseau, sieur du Houx, faite le 6 avril 1610 par « Charles du Monceau, sieur de Villiers, conseiller du « roy, général en sa Cour des Aides à Paris, commisse saire en cette partie, par laquelle les témoins ouïs « déposent, entrautres choses, que ledit sieur du Houx « avoit toujours été réputé pour noble entre les gentils- « hommes du pays, ainsi que ses prédécesseurs ; qu'en « l'année 1574 il avoit servi au siège de Fontenay en « bon équipage, et que ses deux fils avoient pareilce lement servi le Roy comme gentilshommes, scavoir « Claude de Collasseau, sieur de Haulte-Roche, en qua- « lité d'homme d'armes dans la compagnie du seigneur « du Puy du Fou, et Prosper de Collasseau en qualité « de gendarme dans la compagnie du seigneur de Lezai « et dans celle du duc de Vendosme. »

Le crédit de Bussy, confiné dans son gouvernement d'Anjou, avait singulièrement diminué. Monseigneur semblait se lasser de ses manières hautaines1. Saracini

1 L'Estoile dit que Bussy « possedoit tellement M. le duc son maître, ■ qu'il se vantoit tout haut d'en faire tout ce qu'il vouloit. » Il se flattait d'avoir la clef de ses coffres et de son arpent, et d'en prendre » quand bon lui sembloit. »

en avertit le grand duc de Toscane dans une lettre du 26 avril1. Le duc d'Anjou lui conservait cependant une certaine affection. Au mois de mai, une étrange rumeur parvint jusqu'aux oreilles du prince. On racontait , tout bas, que Pierre-Paul Tosinghi, émissaire italien, avait été chargé secrètement, par le roi, de débarrasser le monarque du favori de son frère, qu'il détestait depuis longtemps. On- ajoutait que l'Italien avait promis de s'acquitter consciencieusement de cette sinistre besogne. Monsieur s'en montra fort courroucé. Henri III, sans se déconcerter, conseilla à Tosinghi de se retirer auprès de M. de Guise, pour éviter le châtiment dont il était menacé. Soit qu'il payât d'audace, soit qu'il ne fût pas coupable de la machination dont on l'accusait, celui-ci répondit fièrement que le roi pouvait se porter garant de sa parfaite innocence, qu'il ne fuirait pas et saurait se défendre 2.

Depuis quelque temps, Bussy poursuivait de ses obsessions la célèbre comtesse de Montsoreau. Il avait séjourné pendant trois semaines, aux Ponts-de-Cé, pour se rapprocher de l'objet de sa folle passion. Doit-on faire remonter l'origine de ces relations au jour où il accompagna son maître au château de la Goutancière ? Est-il plus vraisemblable de penser qu'il avait déjà rencontré plusieurs fois, à la cour, la charmante Françoise de Maridort, citée parmi les femmes les plus sédui-

* Négociations diplomatiques de la France avec la Toscane, ibid.. t. IV, p. 255.

2 Ibid., p. 250.

santés de son époque ? Aucun historien ne nous a renseigné sur cette intéressante question. Quoi qu'il en soit, les charmes de la dame l'avaient ensorcelé, et il ne négligeait aucune occasion de lui prodiguer les marques de son fidèle attachement.

Françoise de Maridort, née vers 1554, était alors âgée d'environ vingt-cinq ans. Elle s'épanouissait dans toute la fleur de sa beauté splendide. C'était la fille aînée de messire Olivier de Maridort, chevalier, seigneur de Vaux, la Freslonnière, le Pin, marié en 1552 à Anne Goyon de Matignon, dame de Prémort et du château d'Avoir, en Anjou, terre située dans la paroisse de Longue1. Elle portait dans ses armoiries : Trois gerbes d'or sur champ d'azur-. Les Maridort étaient d'origine anglaise, et leur première résidence, en France, avait été « au Chasteau-Seneschal, au pai's du Maine3. » Nous avons recueilli, sur la famille de Maridort et sur le Château de la Coutancière, un ensemble de renseignements inédits qui complètent les détails déjà connus.

La jeune de Maridort épousa, par contrat passé le 25 novembre 1573, au Mans, devant Foucques Boutier et François de Vauguyori, notaires, Jehan de Coesmes, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, baron de Lucé, fils aîné de « deffunct Missire Loys de Coesmes, « vivant chevallier de l'ordre du roy , capitaine de « cinquante hommes d'armes, » et de dame Anne de

1 La Chesnaye des Fois, Dictionnaire de la Noblesse. - Archioes de Maine-et-Loire. E. 3289.

3 Ibid.

Pisseleu, « dame de Bonnestable et de Coullon1. » A peine marié, Jehan de Coesmes suivait l'armée royale, dirigée par Jacques Goyon de Matignon, lieutenantgénéral en Normandie, chargé de combattre les huguenots réunis sous les ordres de Gabriel, comte de Montgommery, l'un des chefs les plus habiles et les plus audacieux du parti protestant. Il commandait un corps de cinq à six mille arquebusiers employés au siège de Domfront en Passais, où Montgommery fut fait prisonnier2. Il était à Bonnétable au mois de mai de la même année (1574) 3. Ce seigneur fut tué au siège de Lusignan, le 25 novembre, raconte Brantôme4. Selon d'autres auteurs, il fut blessé mortellement devant cette place, la veille de Noël, et succomba le lendemain5. Il mourut sans laisser d'enfant de son mariage avec Françoise de Maridort.

Sa veuve s'unit, par contrat du 10 janvier 1576, passé devant maître François de Vauguyon , « notaire royal en lad. court, demeurant au Mans, » à messire Charles de Chambes , chevalier de l'ordre du roi , capitaine de cent chevau - légers , gentilhomme ordinaire de la chambre de Monseigneur, comte de Montsoreau, baron de Pontchàteau et seigneur de la Coutancière, second

1 Voir la pièce justificative n° 9. — Le mariage fut célébré le 13 décembre 1573, selon le Registre des espousez en Véglise de Luce', de 1567 à 1584.

2 Dict. top. de la Sarthe, t. II, p. 669.

3 Voir la pièce justificative no 9.

* * Brantôme, t. V, p. 361.

5 Voir le Registre des espousez- en l'église de Lucé, de 1567 à 1584.

fils de Philippe de Chambes , sieur de Montsoreau , et d'Anne de Laval1, né au château de Challain-la-Potherie le 28 novembre 1549 2. La terre de Montsoreau fut érigée en baronnie par lettres royaux de 1560. La famille de Chambes s'armait : D'azur semé de fleurs de lis d'argent, au lion de même couronné d'or, brochant sur le tout 3. A la mort de son frère , Jean de Chambes , gouverneur de Saumur en 1572 et l'un des sinistres héros de la Saint-Barthélémy en Anjou, décédé en 1575, Charles de Chambes hérita de la baronnie de Montsoreau, élevée au titre de comté en 1573.

Alexandre Dumas, dans son célèbre roman, donne à la dame de Montsoreau le nom de Diane, la déesse de la chasse, sans doute parce qu'elle était la femme du grand veneur du duc d'Anjou, et à son mari, celui de Bryan, qui sonne mieux à l'oreille et évoque le souvenir des épopées chevaleresques. Il cite, dans son

1 Thorode, mss. 1004. — La Chesnaye des Bois, Dictionnaire de la Noblesse. — Dict. hist. de M.-et-L., t. I, pp. 172 et 583. — Archives de Maine-et-Loire, E. 3289. — Le Maine, V Anjou et Bussy d'Amboisc, ibid., p. 52, note 3. — En 1574, Jean de Chambes, de Montsoreau, au nom de ses frères et sœurs, vendit, par acte du 7 janvier, la terre de Challain à Antoine d'Espinay, sieur de Bron (Dict. hist. de M.-et-L., t. III, p. 166).

2 Les Archives du Chapitre de Montsoreau contiennent la mention suivante : « Mémoyre, que Mademoiselle Anne de Laval, dame et « espouze de M. Philippe de Chambez, sieur de Montsoreau, acouscha « d'ung beau fils au lieu de Challain, le jeudy xxviii' jour de novembre « 1549 ; et furent les pareins M. le prince de la Roche-sur- Yon et « M. de Vieilleville, et marraine M'ne de Crapadau ; et porte le nom « de Charles. »

3 Armoriai général de V Anjou, cinquième fascicule, p. 323. — Voir les pièces justificatives n0* 8 et 10.

récit, le château de Maridort, et il le place à sept lieues d'Angers. Or, ce castel n'a jamais existé, en Anjou. Enfin, il transporte le drame final à Paris, et met le comte de Montsoreau au nombre des morts de cette sanglante tragédie. Ces licences sont permises aux romanciers, mais les historiens doivent être plus exacts et plus précis.

Le mari de Françoise de Maridort avait le même tempérament que son aîné. Son caractère altier et son humeur farouche le portaient à tous les partis violents et à toutes les résolutions extrêmes. Bien vu à la cour, il avait été nommé, grâce au patronage influent de Bussy, grand veneur de Monsieur. En 157S, le ménage était très uni, comme le prouve la donation réciproque que les deux époux se firent alors de leurs biens1.

La Goutancière, située dans la paroisse de Brain-sur- Allonnes, était, depuis le xve siècle, le séjour ordinaire des seigneurs de Montsoreau. Plus tard , ce château devint la résidence habituelle de leurs officiers. Il servait de centre à leur juridiction et à unechàtellenie qui étendait sa mouvance sur vingt-et-un fiefs. Cette superbe demeure se composait de deux châteaux forts séparés par un cours d'eau et par de larges douves, que reliait un pont-levis. Une galerie en retour rattachait le principal logis à la chapelle. Il en existe une aquarelle datée de 1699, dans les manuscrits de Gaignières.

La démolition du château de la Coutancière remonte à l'année 1827. On peut juger de l'importance de cet

1 Voir la pièce justificative n° 11.

intéressant édifice par le curieux dessin, reproduit par M. Vidal dans la série des remarquables eaux-fortes de cet éminent artiste, dont l'album fait suite au Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire, et que nous avons placé dans notre ouvrage.

Il ne subsistait plus en 1827 , de l'ensemble des bâtiments de l'ancienne habitation, que le château proprement dit, selon le témoignage d'un contemporain. Le groupe des dépendances, que l'on remarque à droite de la gravure, les unes d'une date ancienne, les autres d'un style et d'un caractère plus modernes , avait été démoli à une époque qu'il est impossible de préciser, sauf une portion très restreinte qui servait de logement au fermier.

Le château, avec son grand pavillon central, sa galerie en retour et sa chapelle, présentait un aspect imposant. Le corps principal avait un développement de 70 mètres. Sa forme générale et certains ornements d'un goût délicat semblaient indiquer que cette splendide demeure avait été bâtie pendant la première moitié du xvie siècle.

Les registres du Chapitre de Montsoreau mentionnent plusieurs séjours de la famille de Ghambes au château de la Goutancière en 1543, 1548, 1549, 1550 et 1551 1.

i C'est Marie de Châteaubriant, veuve de Jean de Ghambes, qui avait créé, le 31 mars 1520, six prébendes, astreintes à résidence, dans l'église Sainte-Croix, où l'enfeu seigneurial avait été transporté. Les six prébendes furent érigées en Chapitre le 11 avril suivant. (Voir, sur le Chapitre de Montsoreau, les Archives de Maine-et-Loire, G. 14ti.r) et suiv.)

Le bâtiment en forme de cheminée , que Ton voit dans de la gravure, à droite du pavillon central, renfermait un escalier et était surmonté d'un belvédère d'où l'on jouissait d'une vue très étendue sur les coteaux de la Loire et sur la ville de Saumur.

Depuis la fin du xvne siècle, le château de la Coutancière, passé dans la famille de Sourches par le mariage de Marie-Geneviève de Ghambes avec Louis-François du Bouchet, marquis de Sourches, en 1664 1,. cessa d'être habité, même accidentellement, par ses propriétaires. Seuls, les grands officiers du comte y résidaient. Au moment de la Révolution, il appartenait, avec la terre et ses dépendances, à Charles-Louis- Yves du Bouchet de Sourches de Tourzel, fils de la gouvernante des Enfants de France, sous Louis XVI, lequel, au moyen de certificats de résidence obtenus successivement à Paris, à Sourches, à Brain-sur-Allonnes et en Auvergne, réussit à échapper à l'émigration et à la confiscation.

La terre fut démembrée et vendue, pour la majeure partie , au commencement du siècle , notamment par Pauline de Tourzel, comtesse de Béarn, qui a publié les Souvenirs de trente ans. Le surplus, consistant dans le domaine deVauzelles, devenu la propriété de Madame la duchesse des Cars, a été aliéné, par elle, vers 1850.

Aucun vestige de l'ancien manoir n'a subsisté. Une vaste maison bourgeoise, appartenant à M. Gigault de

1 Sourches, cne de Saint-S3'mphorien-en-Champagne, canton de Conlie (Sarthe).

Marconnay, acquéreur de la terre vers 1806, avait remplacé le vieux logis. M. Marconnay, le possesseur actuel, vient de réparer L'édifice et de le restaurer en forme de castel. Les archives de la Coutancière ont été détruites. Celles de Montsoreau , qui représentent la matière d'un important chartrier, sont conservées au château de Sourches, propriété de M. le duc des Cars1. La Coutancière était donc le lieu préféré des comtes de Montsoreau2, C'était, comme le remarque un historien, un lieu de plaisance, « très avantageusement situé pour la chasse3. »

i Nous devons la communication de ces intéressants renseignements à l'obligeance de M. Ch. Bruas, conseiller général de Maine-et-Loire, et à l'aimable intermédiaire de M. Albert Bruas, ancien magistrat.

2 Ces seigneurs considéraient, sans doute, le séjour du château de Montsoreau comme fort peu récréatif. Un ancien aveu énumère « les « fossez, murailles, tours, èsquelles sont les prisons, fousses à mettre « les prisonniers, portail, portes, poternes, arbalestrières et chaînes, « barrières et ponts-levis et autres deffenses appartenans à forteresse, - maisons, court, carries, puits, etc., basse court dans la closture et « pourpris. • Le vieux manoir, en partie ruiné, est aujourd'hui divisé entre plusieurs ménages d'artisans. Les portefeuilles de Gaignières renferment également une aquarelle de cette importante forteresse. Elle est datée de 1699. Le duc de Bretagne en 1547, Louis XI en 1471, le roi et la reine de Navarre en février 1545, séjournèrent tour à tour nu château de Montsoreau.

3 De Thou. Histoire, t. VIII, pp. 90-91.

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