‹ Louis de Clermont-Tonnerre, commandant de Zouaves, 1877-1918Chapitre 13 sur 28 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

PREIYIIERS mois DE LA GUERRE

CIIAIMillK \ PHKMiKus .Mois in: LA (ilTIini:

La guerre le siirpritcomme tout le monde. Oui ne se ra|)[)elle ces seinaines qui précédèrent la crise, ces semaines extraordinaires, ces jours pleins, muets, altontil's, sérieux, calmes, sans souffle, comme déjà gonflés et lourds de l'immense catastrophe qui se préparait? On conservait des illusions, on parlait des chances de paix et soudain, quand on ne l'attendait plus, avec ce caractère souverain et tranquille, ce caractère inouï qui est la marque de l'artiste divin, on connut que l'événement redouté était là. Ce fut presque un soulagement. C'était la guerre.

Clermont-Tonnerre l'avait prévue et peutêtre désirée. Il avait été officier. \a\ vie héroïque lui plaisait. .\c lis dans ses notes d'Amérique

un passage curieux. 11 se trouvait à San-Francisco en mars 1905, lorsque fut déclarée la guerre de Mandchourie ; il vit s'embarquer dans le port des réservistes japonais et accompagna à leur bord deux officiers de la Marine des Etats- Unis, qui allaient suivre les opérations. Le voyageur les envie. « Quelle chance ils ont, écrit-il, et comme je voudrais les suivre ! »

Dix ans plus tard, les choses ne sont plus les mêmes. L'ancien officier n'a plus l'âge de sourire aux belles aventures. Il a trente-six ans. 11 s'est fixé une tâche, un devoir magnifiques, il a son œuvre déjà féconde et l'avenir devant lui. 11 a un foyer, des enfants. Il est si bien établi dans l'existence qu'il fait bâtir. Il s'intéresse avec passion à cette maison nouvelle. Il en a étudié les plans, les fondations sortent de terre : son œuvre domestique, sociale est en pleine croissance. Les menaces, les dangers critiques de Tanger et d'Agadir se sont dissipés l'un après l'autre sans troubler sérieusement la paix. La paix, tout le monde semble avoir peur d'y toucher et d'en altérer l'équilibre, de compromettre ce bien précieux. On ne

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veut que la paix. Et soudain, sans qu'on sache pourquoi, le jour arrive : c'est la guerre.

Clela vint si vite que l'officier n'eut pas le loisir (le prendre ses mesures. Il avait été affecté comme capitaine dès le temps de paix à l'élatmajor d'une brigade territoriale. On croyait dans ce temps-là à une guerre courte et que les territoriaux n'auraient pas à marcher, (le n'était pas le compte de notre ami. 11 s'était bien promis de se faire réintégrer dans la réserve, si la guerre jamais devenait imminente, mais il n'avait pas fait sa demande, persuadé que rien ne pressait. Il n'eut pas le temps. Il partit le 2 août pour rejoindre sa brigade (la 161") à Beauvais.

Une chute de cheval assez grave qu'il lit au mois de septembre le contraignit à prendre quelque repos en Normandie. C'était quelques jours après la bataille de la Marne. 11 occupa son impatience à rédiger le journal de ses premières semaines de guerre. Il commence par décrire cette quiétude incompréhensible.

« Cependant, écrit-il, j'avais comme le près-

sentiment de graves événements ; ce sentiment, je l'ai traduit dans tous mes discours, à Douliens à Técole moderne, à Amiens lors de la fête de gymnastes, à Oulrcbois au congrès catholique, enfin le 26 juillet à la distribution des prix de Villers-Brelonneux ! Un mois après cette date, je serai à Amiens, campé pour un bout de nuit à l'école Saint-Pierre, chez l'instituteur laïque, dictant des ordres au secrétaire d'état-major L..., instituteur laïque à Villers-Brelonneux, fils du député socialiste d'A..., et nous entendrons bombarder Villers-Bretonneux ! »

Les journées de la mobilisation furent, on s'en souvient, une nouvelle surprise, et peutêtre plus grande encore. Le peuple s'y révéla tel qu'il devait être pendant quatre ans. Il commençait d'étonner le monde. La veille encore, c'était cette semaine de honte, les passions excitées, la curiosité scandaleuse d'un procès criminel; c'étaient les menées pacifistes, les faubourgs incertains, le coup de feu qui abattait Jaurès, le drame et Témeute dans l'air après la décadente luxure des ballets russes. C'était

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uno sortie de fêle qui «glissait dans le saiij^. On avait l'impression d'une pourriture délinilive, d une lin de monde dans une grimace et une mascarade. En une heure, tout ce fard, cette folie disparurent: on vil, on reconnut la France.

Cette impression, quiconque Ta eue ne l'ouhliera jamais, Péguy qui savait être bref la décrit d'un seul mot : « Qui n'a pas vu Paris hier n'a rien vu. » Il en fut de même dans tout le pays. Le maire de Bertangles entend la messe, communie, tient sa session d'août « avec une certaine coquetterie ». Le départ est triomphal, a Le train olVrait un aspect réconfortant : de l'entrain, de la gaieté, de l'intimité, (le la contiance..., pas un ivrogne! » Tous ceux qui se souvenaient de l'autre guerre n'ont qu'une voix : « Quelle difiérence! » La France avait déjà sa figure de la Marne.

(le qui frappe surtout Clermont-Tonnerre, c'est cet oubli total, subit de toutes les divisions, de toutes les discordes. Est-ce donc cela la guerre ? Elle a fait d'un seul coup l'amitié des l'rançais. Ces passions de partis, si tenaces dans les campagnes, ces cœurs endurcis, obstinés,

irréconciliables se fondent : il n'y a jamais eu autant d'amour en France. Toutes ces dissensions dont l'orateur a tant souffert, ces préjugés invétérés, ces rancunes inexpiables s'évanouissent. C'est ce bonheur, cette joie sacrée dont vécurent toute une vie, pour l'avoir éprouvée une heure, ceux qui avaient été témoins, il y a plus d'un siècle, de la Fête de la Fédération, comme cet inconnu dont Renan conte la mort touchante dans l'histoire du Broyeur de Un. La guerre commençait en idylle. Clermont-Tonncire en éprouve une immense douceur. « A Amiens, un jeune homme, que mon père et moi avions jadis choyé, et qui depuis deux ans ne nous voulait plus que du mal, fend le flot, me saute au cou, m'embrasse. Je lui donnai l'accolade avec joie, sans surprise, tant je m'étais habitué à penser quun jour vietidrait où quelque événement grave serait le signal du réveil national et le ciment de la réconciliation des Français. » C'était le commencement du miracle, ou })lulôt ce sont nos yeux qui commençaient à s'y accoutumer, comme ils s'accommodent, éblouis, à une lumière trop vive. Clermont-Tonnerre

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éliiil rupôlrc qui toujours avait eu la foi. Il n'ôlait point de ceux qui pour croire ont besoin d'avoir vu. Ce qui se passait, celte France sul)lime, c'était la France de toujours, c'était le soldat de Dieu, le peuple de la croisade, le peuple de la cathédrale, que l'orateur n'avait cessé d'appeler du fond de son somnneil. 11 n'avait point douté, il ne s'étonne pas : ce qu'il voit, c'est la récom|)cnse de son œuvre, — comme tous les dons de Dieu, plus grande que son œuvre et payant au centuple. Mais l'homme de foi agit, il n'attend pas tout de la grâce. Il l'aide de tout son pouvoir, il collabore à toute cette merveilleuse bonne volonté. Voyez-le à peine arrivé à l'état-major de sa brigade, au milieu de ces secrétaires, des plantons, estaffettes, dans le brouhaha et l'émoi de la mobilisation. A quoi pensent ces hommes dans le grand branle-bas ! Quel est, en cette heure solennelle, le trouble de leurs cœurs? Que regardent leurs yeux quand ils se ferment? Tout de suite après s'être présenté au commandant de la brigade, le général de Gyvès, l'officier va trouver ces gens intimidés, les met en confiance, fusionne. Telle sera ton-

jours sa méthode, celle qui s'adresse au cœur, la méthode du chef, plus encore de l'ami. Ecoutons, regardons-le à l'œuvre : « J'appelais successivement chacun de nos hommes pour le mettre à l'aise, m'enquérir de sa famille et de sa situation, l'assurer démon intérêt, lui demander sa confiance et créer ainsi autour de lui cette atmosphère familiale qui au moment critique décuple les forces du soldat français, et que les Allemands, dit-on, ne connaissent pas... Le général m'avait donné cette tache et je m'en acquittai de mon mieux, avec iVautanl plus de joie quelle prolongeait à travers la guerre l'œuvre sociale à laquelle je m'étais voué pendant la paix^ . »

Heures saintes, heures redoutées, attendues, fraternelles, aurore de paix inouïe au début de la guerre! C'était la trêve des haines, la trêve des égoïsmes, un détachement de tout ce qui est bas, un enchantement de tendresse, la divine Noël des bonnes volontés ! Cet état quasi sur-

1. Voir à l'Appendice llf les lettres de M. C..., employé de cliemiii de fer à Roye, qui montrent bien (Uermont-Tonnerre dans ce rôle de « confesseur » ou de confident, et dîins cet exercice de la charité individuelle.

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naUirel, c'étiiit presque Iroj) beau pour la terre : ('était le prélude sublime tle tout ce qui allait suivre. La France se retrouvait en famille. On vit alors ce qu'est un enthousiasme grave, raccord profond de loiil un peuj)le. On ne savait pas encore au devanl de (juoi on marchait. IMus tard, dans les épreuves sans nom, dans la boue, dans le sang, dans l'angoisse, dans la mort, à Verdun, au Chemin des Dames, dans la bataille île Picardie, le souvenir de cette aurore aida la France à vivre : elle conservait au fond des yeux cette lumière. Elle savait de quoi elle est capable quand elle consent à l'harmonie. Tous les cœurs battaient en un seul. Dans ces jours était enfermé le pressentiment de la victoire. Clermont-ïonnerre ne se lasse pas de ce spectacle. 11 l'exprime par cette gracieuse légende florentine.

« Le feu prit un jour chez un orfèvre du Ponte-Vecchio. Tout brûla, tandis que tout ce qu'il y avait de métal, précieux ou non, fondu en un énorme lingot, s'engloutissait dans l'Arno. A grand'peine on sortit le lingot de la rivière,

mais comme il était désormais impossible d'y retrouver Tor et Targent, on décida d'en faire une cloche pour Téglise de San Miniato ; et lorsque cette cloche fut à sa place, en haut de la colline, sa voix eut tant de mélodie et de douceur, qu'elle fit tomber à genoux les plus sceptiques, gagnant ainsi les âmes à Dieu. Ah ! ajoute Tofticier, s'il pouvait en être ainsi de la France ! Le fléau déchaîné sur elle qui a pris tous ses enfants, confondu toutes les opinions, toutes les origines, mêlé tous les sangs... qui sait? le lingot ainsi fondu aura peut-être la vertu de l'alliage de San Miniato, peut-être verrons-nous renaître à la voix de la France nouvelle l'antique chrétienté... »

Cependant la brigade de Gyvès, débarquée vers le 15 août à Dunkerque, gagne par Hazebrouck le sud de la Belgique et prend position devant le mont Kemmel. Il s'agissait de couvrir par un rideau la côte, Calais, la zone de débarquement anglaise, la région des mines. Trois mois plus tard, la brigade devait revenir dans le pays, dans des circonstances plus sévères.

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j Cette fois sa mission no fut pas inqnitUée.

j Calme plat, lemps d'él»?, pas un coup de fusil. On se croirait aux grandes manœuvres.

Beaucoup de travail pourtant ; l'ouvrage ne manque pas. Les troupes « n'y étaient » pas encore. Cette armée territoriale, je l'ai fort bien connue : j'en étais, j'ai fait partie de cette division Roy qui la première a eu l'impérissable honneur d'une citation à l'ordre de l'armée. Je sais ce qu'elle valait : c'était une troupe excellente. Des hommes dans la force de 1 âge, tous anciens soldats de trois ans, entre trente-cinq et quarante, capables de toutes les endurances, la plupart mariés, pères de famille, propriétaires, sachant pourquoi ils allaient se battre et ne demandent pas mieux si on savait les prendre. J'avais dans ma section une collection de médaillés du Tonkin, du Maroc et de Madagascar, des gaillards qui savaient la guerre mieux que moi et devant qui je sentais que je n'avais qu'à me bien tenir. C'était de la magnifique étofie de soldats. Ce qui laissait à désirer, par exemple, c'étaient les cadres. Ils étaient tout à fait médiocres. Presque personne du métier. Près-

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que tous de petits fonctionnaires pour qui le^ vingt-huit jours étaient une occasion de va^ cances rétribuées, avec le plaisir de paraîtra en uniforme aux soirées de la Préfecture ej l'espoir de la croix au bout de trente ans de services. Hormis le maniement d'armes ej « A droite par quatre », ils n'avaient pas la moindre idée du commandement militaire. Cela navait pas d'importance, puisqu'il était convenu que les territoriaux ne se battraient jamais et que leur rôle se bornerait à tenir garnison dans les villes conquises, à la suite des armées. Telle était, parmi ces messieurs, l'opinion générale. Ils avaient à revenir de loin. On voit que pour instruire et former de tels cadres, ce n'était pas trop de placer par brigade un officier de l'active, chargé de corriger les bévues et de rectifier les idées ; encore avait-il fort à faire. Clermont-Tonnerre, qui était très sûr de voir le feu, avait pris sa tâche fort à cœur, quand la brigade fut brusquement rembarquce vers le sud et jetée, le 26 août, aux environs d'Amiens. On sait ce qui s'était passé : Charleroi, Guise, la retraite, l'invasion bondissant par étapes de

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quarante kilomètres par jour sur les routes de j France : Texode, le troupeau des villages en fuite et, dans la j)anique des campagnes, ce mot de terreur : les lîoches !... On tombait de haut ; c'«Hait 70 qui recommençait. J'ignore quels liirenl à ce moment les sentiments de Clermont-Tonnerre ; ses notes manquent à cette date .le pense qu'il ne fut ni surpris ni troublé ; il plaçait |)lus haut que les hommes sa confiance sereine. Un revers, même immense (et d'ailleurs mal connu i n'était pas fait pour étonner celle belle àme de soldat. Du reste, la brigade n'avait pas été engagée, quand l'accident dont j'ai parlé le contraignit bien malgré lui à la quitter })Our trois semaines.

Il la rejoignit le 25 septembre, mal guéri, et en pleine bataille. Elle faisait partie du groupe territorial confié au général d'Amade à l'extrême gauche de notre armée, que la cavalerie de Marwit/. s'efforçait de déborder après la Marne et après l'échec de la première bataille de l'Aisne. Le barrage s'improvisait à la hâte sur la Somme, en attendant l'arrivée à marches forcées de Castelnau. Les Allemands ten-

taient déjà cette manœuvre par leur droite, en direction de Montdidieretde la route de l'Oise, que Ludendorfî devait reprendre avec tant de puissance dans sa bataille du 21 mars. La brigade Gyvès tenait face au Nord-Est la routej Bucquoy-Achiet-le-Petit, et formait verrou en travers de la vallée de l'Ancre. Les premiers engagements amenaient Clermont-Tonnerre à défendre sa terre picarde, à quelques lieues de l'endroit où il devait revenir, près de quatre! ans plus tard, tomber dans une nouvelle ba-| taille, devant la route d'Amiens.

Ce furent de très durs combats, où la brigade fit ses écoles et reçut sans broncher le baptême du feu. Ces troupes qui ne devaient pas se battre furent magnifiques. 11 faut se reporter à ces temps où l'on manquait de tout, où l'ennemi disposait déjà d'un matériel écrasant, où on tenait avec des baïonnettes contre des bombardements de (' quinze » et de « 105 ». Les territoriaux étaient encore plus dénués que les autres : puisque c'était décidé qu'ils ne feraient pas la guerre ! On avait quatre « Saint- Etienne )) par régiment et une batterie de 90. On

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ne s'est reudu compte qu'aprôs-coup, iieuieusemcnt... Les villiijçcs brûlaient ; ou voyait monter un {^rund cercle de i'unK'cs noires, mêlées, quand les obus crevaient un mur de bri- ({ues, d'un nuage de poudre rose. Les oreilles commençaient à s'emplii- dun excès de bruit. Ces paysans français considéraient, muets, l'incendie de leur pays. Aucun ne parla de reculer. Kipling, dans un de ses ])lus beaux contes, fait Tliistoire d'un navire qui sort, tout flambant neuf, d'un cbantier de la Clyde. Pendantla traversée, il essuie une tempête. L'étrave gémit, la coque souffre, les macbines balètent, le beau navire croit sa dernière beure venue. Mais les boulons résistent, s'entr'aident, tiennent bon ; le pilote redouble d'etïorts ; la carcasse, secouée de la poupe à la proue, s'assouplit ; chaque membre, chaque organe s'éprouve et apprend à compter sur les autres. Le bateau arrive éreiuté, fourbu, méconnaissable. iMais il est devenu un bateau : il a pris conscience de son àme. C'est un peu de la môme manière que se forme une troupe. Elle n'est tout à fait elle-même qu'une fois trempée. La brigade

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était entrée dans la bataille sans rien savoir ; elle en sortait fripée, sale, fondue, mais aguerrie.

Elle n'en sort d'ailleurs par une porte que pour y rentrer par une autre. La bataille gagne vers le Nord ; les deux armées, cherchant à se déborder l'une l'autre, luttent de vitesse. C'est la course à la mer. La brigade appuie sur sa gauche et remonte en Artois, au nord d'Hébuterne, vers Hannescamps, où la mi-octobre se passe de nouveau en combats pour défendre la grande artère Paris-Abbeville-Dunkerque. Il s'agit de sauver à tout prix cette rocade, la seule voie de communication qui nous reste vers le Nord, tandis que l'armée anglaise transportée en masse dans les Flandres fait tête à la rage allemande sur TYser. Bientôt elle n'y suffit plus ; Jofîre envoie tout ce qu'il peut de réserves à la rescousse. La bataille d'Artois s'est éteinte, c'est maintenant dans les pluies et les fanges de l'automne la furieuse « mêlée des Flandres ». Le groupe d'Amade est dissous, la brigade de Gyvès remonte de nouveau en Belgique, où elle arrive le l"" novembre. Cette

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