‹ Louis De Geer: étude biographiqueChapitre 9 sur 12 · M. Guizot, Histoire do France, III · texte numérisé non relu

M. Guizot, Histoire do France, III

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Suède n'était sans doute pas fort grand} *& munificence royale en resta Là. Ce n'était pas -d'ailleurs, des récompenses que demandait Louis de Geer. Son ambition était satisfaite. Il réclamait le payement des sommes considérables qui lui étaient dues. Pour faire face aux nécessités du moment; pour honorer la signature des régents du royaume, il avait du engager une partie de sa fortune, ei n'était sorti •d'une crise très difficile, qu'à force de courage et d'habileté. La reine de Suède ne pouvait ignorer ces circonstances, elle qui écrivait : « J'ay entendu par vos lettres écrites à moy et ~à mon conseil les difficultés auquelles vous vous trouvés, étant engagé pour mes services, employant tous vos moyens en cela; me priant de ne vous laisser sans remède. : je vous assure, monsieur, que vos intérêts m'affligent si fort comme il est possible; et ainsi je feray non possible de conserver pour moy un boauene <x>mme vous; je vous prie de croire que vous m'avez obligé de ne souffrir que votre honneur courre hazard. »

Heureusement pour Louis de Geer, il se conff», pour le soin* de son honneur, à d'autres qu'à là fille de- Gustave-Adolphe ; et parvînt! Buimêmeà triompher « des hazante » qu'if aidait courus en sujet fidèle. Mais îa couronne* n'en restait pars moins redevable envers lui d'iavances 1res considérables, dont Ta restitution n'était que justice. Dans une do te, rédigée par P»n de ses descendants, les frais de la flotte sont évalués à onze millions de livres, sur lesquels Loufe de Geer n'en aurait touché que 250,000 ; même après avoir consenti, par égard 1 pour Pétat précaire du trésor, à réduire de moitié sa créance. M. do Geer de Jutpfraas 4 , qui * étudié, il y a quarante ans, à Finspong fes documente se rapportant à cette question, croit les chiffres qui précèdent, exagérés. D'après toi, la commission, chargée d'étudier les comptes, fera assez? arbitrairement à 2,780,000 livres les sommes dues à Louis de Geer. 1,070,000 Kwes

1. Voir : Notice historique sur la famille de de Geer, page 54, et Lodewyck de Geer 'édition rn-4»), page 40. Voir aussi Arkenholtz, Mémoires de Christine, III, 28.

lui furent payés; soit par une souscription de 250,000 livres, faite par les seigneurs du royaume, et en échange de laquelle Christine leur concéda des domaines en Hallandie; soit par un autre versement de 230,000 livres que le général Torstenson fit, en décembre 1644 r sur les subsides donnés par la France; soit enfin par diverses opérations de trésorerie.

Pour les 1,700,000 livres encore dues, la reine en assigna le payement, sur les droits extraordinaires de douane, pendant trois ans; mais supprima ces droits extraordinaires , un an après avoir contracté cette obligation. Ce furent alors les péages ordinaires, qui durent rembourser Louis de Geer.

Soit insuffisance des revenus publics, soit mauvaise volonté de la part du fisc, de Geer semble n'avoir presque plus rien tauché; et la couronne resta redevable envers lui de la moitié, au moins, de ses dépenses. Cette insolvabilité du trésor suédois n'est pas sans indigner, celui de ses descendants, qui a le premier écrit

son histoire'. « C'est ainsi, » dit-il, « que déjà alors, une première injustice fut commise envers les de Geer, comme pour les récompenser des grands et nombreux avantages qu'ils avaient procurés à la Suède. » Louis de Geer lui-même, semble avoir considéré d'un œil plus calme une ingratitude qu'il avait peut-être prévue. Dans son testament, rédigé peu de temps avant sa mort, il se contente d'écrire : « Quant à ce qui concerne le payement de ma créance, du chef de la flotte que j'ai équipée, je m'en remets à la bonté et à la clémence royale. »

« Celte clémence royale n'a poin.t eu Peffet de rien faire restituer jusqu'à ce jour, » remarque l'auteur déjà cité. Les moralistes un peu sceptiques sont tous d'accord, pour affirmer qu'il £st très dangereux de rendre un servicej et que l'obligé en veut toujours à celui qui a su le tirer d'affaire. C'est se montrer trop sévère pour la nature humaine. Louis de Geer resta

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