CADEAUX DES PRINCES ENTRE EUX DANS DIFFÉRENTES OCCASIONS
Autruches envoyées par !e prince au comte de Vertus. — Lévriers de Bretagne. — Lévriers blancs. — Chevaux. — Faucons et chaperons à faucon. — Chiens courants. — Coursiers d'Espagne.
Cependant la discorde entre Orléans et Bourgogne était toujours des plus vives, aussi les alliances offensives et deffensives entre les princes et seigneurs se négociaient-elles sans relâche. On peut suivre facilement ces projets en récapitulant les présents qu'ils s'envoyaient mutuellement.
Et si l'on rapprochait le moment de l'arrivée de ces offrandes avec celui du changement d'opinion ou d'affection de tel ou tel personnage, on verrait qu'une tentative de conciliation entr'eux était souvent précédée ou suivie par l'envoi d'un cadeau quelquefois même insignifiant, et qui était fait dans le courant de l'année, mais surtout le premier de janvier. On peut a ce sujet faire remarquer la consécration si ancienne de ce jour à l'envoi de cadeaux de la part de certaines personnes, car il ne varia jamais d'époque en France, quoique d'origine romaine, et malgré les variations survenues dans la fixation du
commenceiiient de l'année civile et religieuse. Parmi ces cadeaux qui se faisaient dans ce jour de fête, les chiens lévriers occupent la première place, puis les coursiers, les objets d'art en or et en argent, les broderies en tapisseries, et enfin les oiseaux rares ou singuliers, et de ce nombre sont des autruches et de nombreux oiseaux de proie destinés a la chasse.
On offrait aussi de préférence les meubles et les armes nécessaires ou utiles au chasseur. Ainsi Louis d'Orléans envoyait au comte de Vertus « son ostrucier, Philipot de Crotel, porter € deux oiston de par mondit seigneur ( I ) » . Et dans ce même temps le prince recevait : « de par messire Mathieu du Chas- « tel deux lévriers de Bretaigne (2) » . Au mois de février -1395-4, le duc de Berry lui envoyait « a Paris en son hostel « offrir deux chevaulx (5) » , en même temps « le seigneur t comte de Lille lui envoyait un coursier (4).» Au mois de novembre ^594, c'est le tour du duc de Bourgogne : il fit offrir au prince « par son faulconnier, le nommé Gilet, plu- « sieurs chaperons à faucon (5).» Puis le comte d'Ostrenen
(1) Ce voyage coûta au duc d'Orléans cent livres tournois,
(2) Le prince donna au valet qui les amena, pour son vin, quatre livres tournois. Mathieu du Chastel était un des chambellans de Louis d'Orléans. (Compte de dépenses du mois de septembre 1393.)
(Z) lis étaient conduits par deux varlets de monseigneur de Bcrry, auxquels le prince donna xx escus, valant xxii livres, x sols tournois. (Compte du mois de mars 1393.)
(4) L'écuyer du comte de Lille, nommé Anthoine Portier, l'amena à Paris, et il reçut de Louis d'Orléans xxx livres tournois. (Idem.)
( 5) Il reçut pour son vin ni escus, valant lxvii sols vi deniers tournois. (Compte des mois de septembre, octobre et novembre 1:j9'i.)
et rainlral de Fiance envoient aussi, l'un un cliien courant et Tautre deux chiens de même espèce (I), et monseigneur le connétable des estraines d'une rare magnificence. Elles furent suivies p-tr un envoi de quatre chiens courants de la part de monseigneur de Namur, de trois autres de ces animaux de la part du comte de Saulmes, de « deux courciers « d'Espaigae envoyés de par messire Robinet de Braquemout» , et enfin d'un lévrier blanc que lui offrait madame de Bourbon (2).
(1) « A deux variez qui ont présentes à mon dit seigneur un chiens courans de par monseigneur le conte d'Ostrenen, pour leur vin, x livre» tournois. Celui de l'admirai reçut ii escus.« (Idem.)
(2) Même document.
LOUIS d'orléans. 101