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CHAPITRE PREMIER

CHARLES, DUC D'ORLËANS.

Position cruelle du duc Charles par l'effet de la mort de son père. — 11 \ient de Blois à Paris. — Le roi lui refuse justice. — Louis de Montjoie négocie pour le prince auprès du roi et de la reine. — Achat de canons, poudre et armes diverses. — Tutelle des enfants mineurs d'Orléans. — Le duc Charles paye les dettes de son père. — Il vend et engage des joyaux pour cet objet. — Cérémonie d'une renonciation à une succession, r— Frais de procédure. — Bijoux singuliers.

Au début de sa carrière, Charles, duc d'Orléans se trouvait dans la position la plus opposée à ses inclinations naturelles : d'autres devoirs commandaient à son honneur, à sa piété filiale. A l'âge de seize ans, il était le chef de sa race, et chargé de la venger du meurtre de son auteur.

Il se rendit du château de Blois, oii il apprit la mort cruelle de son père, a Paris {\), auprès du roi, pour en réclamer la

(t) On le voit par la cédule suivante :

« Nous, Charles, duc d'Orléans et de Valoys, certifions avoir prins et receu de nostre amé et féal Guillaume Maigret, secrétaire de madame et de nous, la somme de soixante hvres tournois, pour nos nécessités à

juste vengeance. Ses instances furent mutiles. Dès lors il ne songea plus qu'à se mettre k l'abri de la haine de son redoutable ennemi le duc de Bourgogne. Il se réfugia sous la protection des châteaux forts de son apanage. Il y prépara les moyens d'obtenir à main armée une réparation éclatante que le roi venait de lui refuser. Toutefois, avant de se mettre en campagne, le duc Charles fit une dernière tentative de négociations auprès du roi et de la reine.

Dans cette circonstance importante, il réclama les services fort dévoués de « Louis, seigneur de Montjoye, chevalier, conseiller de monseigneur le due d'Orléans. » Le prince l'envoya d'abord « de Blois a Tours par devers le roi et nos seigneurs, pour les faiz et besongnes de mon dit seigneur le duc » ; puis, une seconde fois « par devers le Roy, la Royne et nos seigneurs, où il vacqua pendant treze jours pour les besognes de monseigneur le duc. »

Pendant que ces négociations se poursuivaient, le prince s'empressait de faire acheter « promptement par maistre Guillaume Mégret, maistre de son artillerie, pour envoier hastivement en ses chasteaux et forteresses de Valois, de Beaumont, de Champaigne et des terres adjointes, les provisions qui s'ensuivent. C'est assavoir, trente canons, viii cents livres de

nostre parlement de Blois, et en nostre voyage et chemin. Tesmoing nostie seing ici rais, à Blois, le ni« jour de septembre, l'an mil cccc et huit. « Charles. »

(I) Titres scellés. Orij^inaux de l'année 1408.

poudre, six cens plombées, vint tillolcs, quarante vaudriers, soixante arbalestes, soixante casses de vireton, cent lances et cinquante haches (I). »

Le sire de Braquemont et messire Guillaume de Trie étaient chargés de répartir ces approvisionnements militaires dans les différents châteaux. Celui de Vertus et ceux de la Champagne furent compris dans la distribution de cet armement.

Un ordre spécial fut donné par Charles d'Orléans pour les réparations à faire au château de Chàteauneuf « comme es jardins d'icellui. » Le prince y consacra « les deniers qui ystrent de la vendition de certains bois mors et secs, et autres qui, par fortune de vent, sont chenz et trébuchez en nos foretz d'Orléans (2). »

Mais la mort de la duchesse Valentine de Milan avait créé pour ses enfants, encore naineurs, des embarras bien grands, ajoutés a ceux de leur position politique, si difficile a l'égard du puissant duc de Bourgogne. Le roi, tuteur naturel de ses neveux, était malade : on profita donc d'un moment de raison, que le monarque recouvra au mois de décembre ^408, pour faire émanciper l'aîné de tous, le duc Charles, alors âgé

(1) « Cédule donnée à Paris, le 2G® de septembrej l'an de giâce mil « cccc et huit, »

(2) Il en fut de même, quelque temps après, « pour les réparacions nécessaires à la tour et forteresse de Viviers, de l'advis et ordonnance du capitaine du dit lieu et du maisire des ouvrages de nostre duchié de Valois. » On y consacra la somme de cent livres tournois à prendre « tant des rcvenuz des forest comme autrement »

de dix-sept ans seulement, le roi se réservant toutefois la Intelle de ses neveux pour la conduite qu'ils auraient a tenir a l'égard du duc de Bourgogne, leur ennemi et le meurtrier de leur père. Ce point seul était a la volonté du roi. Nous reproduisons l'exposé des motifs énoncés dans les lettres-patentes, dont voici le texte :

« . . . . Comme il soit ainsi que de nouvel nostre seur la duchesse d'Orléans, leur mère, soit alée de vie h trespassement, ait delaissié nostre dit filzleducd'Oi-liens, son filz ainsné, aagié de seize ans accompliz, et qui est entré au xvii*^ an, et noz

autres nepveus, ses enfans, en soubz aagés Savoir faisons

que Nous, considérant la très grande et singulière et parfaicte amour que nous avons tousjours eue à nostre dit feu frère, et aussy que nous avons et devons avoir a nostre filz le dit Charles, a présent duc d'Orléans, lequel a esposée nostre très chière et très amée fille aisnée, et aussi a nos autres nepveuz enffans de nostre dit feu frère ; et aussi , pour nous descliargier de paier et acquiter les debtes en quoy sont et puent estre tenus iceulx noz filz et nepveulz, lesquelles il conviendroit que nous payassions et acquittassions si nous prenions les bails et administration et gouvernement en nostre main; et pour certaines autres justes causes et considérations a ce nous mouvans : a iceilui nostre dit filz, Charles, duc d'Orléans et de Vallois, et a noz autres nepveux ses frères et suer mendres d'ans, et a chascun d'eulx, avons donné, remis et acquitté, et par la teneur de ces présentes de nostre cer-

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taine science et grâce espécial donnons, remettons et acquittons tous les drois et profiz de garde et de bail, de radias, reliefz des autres devoirs quelconques, qui, parle trespassement de leurs dis feuz père et mère, et de chascun d'euix, nous pevent compéter et appartenir, en quelque manière que ce soit, en et sur eulx, leurs biens, meubles, terres, héritages, rentes et revenus quelconques, en quelque partie que ce soit de nosti-e royaume, par grâce, don et octroy. Icellui, nostre dit filz le duc d'Orléans avons tenu et tenons pour aagé suffisamment, et de nostre plaine puissance et auctorité royale l'avons habilité et habilitons par ces présentes à tenir et gouverner ses terres et seignouries et biens quelxconques, par lui et en son nom, et par les officiers qui de par luig seront commis — lequel, deffault d'aage, nous lui avons supplée, et par ces présentes suppléons de nostre certaine science, plaine puissance et auctorité.... Toutes fois, nostre intencion n'est pas que, quant au pouvoir et gouvernement des personnes de nos dizfilz et nepveux, et aussi quant a la poursuite de la querelle h eulx appartenant a cause de la mort de nostre dit frère, leur père, et des deppendances d'icelle querelle, iceulz nos filz et nepveux soient, par ce que dit est cy dessus, hors de nostre bail, garde et gouvernement; mais, quant a ce réservons et retenons par exprès les dits bails, garde et gouvernement par devers nous. Si donnons en mandemens, etc. Donné a Tours, le 40® jour de décembre, Tan de grâce 1408, et de nostre règne le xxix". Scellé de

nostre petit scel , et orclonné en l'absence du grand. »

Bientôt après, Charles d'Orléans reçut aussi par ordre du roi et en raison des lettres-patentes qui précèdent, « tous « papiers, registres, parties et autres enseignements faisans à « la congnoissance et déclaracion des domaines , pour que « l'on s'en puisse aider, pour plus grant déclaracion et am- « plement desdits domaines de l'appanage de feu nostre très « cher frère le duc d'Orléans (4). »

Charles d'Orléans fit honneur immédiatement aux dettes de son père comme le testament du feu prince le prescrivait. Il les paya avec l'argent qui provenait en grande partie de la fonte des joyaux qu'il trouva dans le trésor du feu duc ; et parmi les bijoux dont quelques-uns peuvent aussi être cités comme des objets d'art, on remarquait surtout :

« Les joyaux d'or et d'argent et garnis de pierreries dont « les parties s'ensuivent : c'est assavoir un ymmage d'or « d'un saint Jehan Baptiste ; un autre joyaux d'or de saincte « Katherine d'un costé, et de l'autre costé un miroir; un ta- « bleau d'or d'une annonciacion Nostre Dame, etc., » garnis de pierres précieuses de la plus grande valeur.

Mais ce premier sacrifice ne suffit pas pour parer aux dettes pressantes laissées par Louis d'Orléans (2) ou Valentine de

(1) Original en parchemin « donné à Paris, le xi^ jour d'wctobre mil « quatre cens et huit, et de nostre règne le xxix*. »

(2) Il existe à la Bibliothèque du Louvre un état des dettes laissées par ce prince infortuné ; mais nous n'avons pu le consulter.

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Milan, il fallut avoir recours aux marchands ou usuriers qui seuls alors possédaient de l'argent comptant, et leur vendre ces meubles les plus précieux, il est vrai, avec l'onéreuse faculté de rachat.

« Nicolas Cosme, marchant de Luques, demourant a Paris » , achepta dehault et puissant prince monseigneur le duc d'Orléans une certaine quantité de joyaux avec faculté de « ravoir et racheter ycenlx joyaux es prix et qualitez déclarées, païant ladite somme comptant dedans la fin de vi mois proucliainement venant ^ a compter de la date de ces présentes. Et moi Cosme ai promis la foy et serement de mon corps et soubz Typothèque et obligacion de tous mes biens présens et à venir, lesquelz quant j'ay soubmis h toutes juridicions où ils pourraient estre trainez, contre la teneur de ces présentes en aucune manière, et renonce à toutes caustelles et cavilacion dont je me pourrais aider, et débondant que ces présentes sortissent tel effet quant aux choses dessus dictes... En tesmoing de ce que j'ay signé ceste lettre de mon signet et soubz escripte de mon seing mannuel, que fut faicte le XXII® jour d'avril l'an mil cccc et onze après Pasques. »

Si le mot d'usurier que nous venons d'employer paraissait hasardé, les clauses de la vente à réméré, clauses éternellement oiseuses et qui assimilent une telle vente a un prêt fait sur un gage dont le propriétaire épuise successivement et dispendieusement la valeur, justifieraient suffisamment cette qualification du prêteur italien.

Enfin le duc Charles fit aussi remboTirser les « parties de deniers paiez par Godefroy Lefevre, jadis varlet de chambre et garde des deniers des coffres de feu monseigneur le duc d'Orléans (dont Dieu ait l'âme) , aux personnes ci-après nommées :

« A Gunot de Roussan, escuier tranchant, x escus, lesquelz il avoit prestez a mon dit seigneur par plusieurs fois pour aumosnes ;

« Aux ménestrels et pouisuivans de Savoye, xn escus a eulx donnez par monseigneur le duc ;

« A Boniface de Mores dix escuz qu'il avait prestez a mon dit seigneur pour donner aux varies Prenedin Lombart et Baudequin , escuier de monseigneur de Bourbon et de messire Guy de la ïremoille, en présentant chiens et oj^seaulx ;

« Au varlet qui garde le lévrier de monseigneur le duc, pour les despenses de lui et dudit lévrier, pour venir a l'aise du Pont-Saint-Esperit a Paris, dix escuz.

« A Boniface de Mores cent francs en quoy monseigneur le duc lui estoit tenuz pour deux chevaulx qu'il fît prendre de lui, qu'il donna l'un au bastard de Renty, nommé Ridelet, et l'autre a Jehan des Ymages, mors en Hongrie ;

« A frère Jehan de Chambli, translateur de la granl Bible, que monseigneur faisoit translater, xx escus valant XXII livres x sols tournois ;

« A Girart d'Arty, escuier , cent francs pour un cheval

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que iiionseigneur prist de lui et ycelliii donna a Clianipaigne;

« A maistves Nicoles, translateur de la granl Bible, que monseigneur faisoit faire, xx escus;

« Aux clercs du roy des Romains, que monseigneur leur donna et fist bailler à Reims, xviii escus ;

« A Guillaume Wanbant, varlet de chambre de monseigneur, pour don, xx livres tournois. »

Ces différentes sonmies d'argent avaient été, par les gens des comptes du duc d'Orléans, déclarées n'être dues et ne devoir être remboursées a Godefroy Lefèvre « pour ce qu'il n'en apporta nulles quittances. > Mais le prince, « considérant soit ainsi que Godefroy n'a peu et ne porroit recouvrer les dictes quictances, attendu que des personnes cy dessus dictes partie en sont mort, les autres se sont absentés et aler demourer hors du pais, et en autreuy service, » ordonne « qu'il soit creu par son serment, et accersion, des sommes qu'il avoit baillées (i). »

Ce n'est pas sans dessein que nous avons exactement indiqué les grands sacrifices qu'exigèrent du duc d'Orléans les dettes laissées par son père et par la belle Valentine, sa mère : c'était , en effet , une rare habitude parmi les grands seigneurs que d'abandonner aux créanciers de leurs ancêtres quelques minimes parcelles des riches successions qui leur arrivaient.

(1) Cédule donnée à Paris le vi" jour de janvier de l'an de grâce mil cccc et neuf.

La puissante maison de Bourgogne donna le triste exemple de riiabitude contraire. LeducPliiiippe-le-IIardi, deson vivant, n'aimait pas à payer ; ses trésoriers n'acquittaient rien , ni les dépenses journalières de sa maison, ni les fastueuses prodigalités de ses fêtes toutes royales, et dont le trésor public de France supportait la principale dépense. Il en avait été de même de la rançon de son fils, racheté de la captivité. Aussi le duc de Bourgogne laissa-t-il un mobilier d'objets d'or et d'argent, de pierreries et de bijoux, dont l'inventaire dépassait en nombre tous ceux des plus grandes maisons royales d'Europe. Un seul inventaire pouvait, par son étendue et par son chiffre, convenablement figurer K côté de celui des admirables bijoux fabriqués pour le duc de Bourgogne , c'était celui de ses dettes. Aussi sa veuve , plutôt que de toucher aux immeubles de son douaire , préféra subir l'ignominieuse formalité de la renonciation aux biens du duc. Ce n'était pas chose simple au moyen âge, et les débiteurs insolvables faisaient plus triste figure que ceux de notre temps. Pour un chevalier, il fallait se dégrader luimême de chevalerie, en ôtaiit son ceinturon. Les veuves venaient déposer les clefs de la maison commune sur le corps du défunt. Les huées de la foule accompagnaient souvent cette pénible cérémonie. Le document suivant contient la description de ce qui se passa pour un cas analogue, dans les Etats du comte de Champagne, en l'année Ce document est conservé dans le cartulaire original de celte province.

En voici le texte :

« En nom de Nostre Seigneur, le vendretly avant la feste S. Simon et S. Jiide, aposlres, environ heures de dix heures avant niidy, ou cimistière de l'église et hospital du Sainct- Esprit estant hors et près de la ville de Dijon, en la présence (le moy , Gillet Renam , notaire public , demeurant audit Dijon, coadjuteur du tabellion de Dijon pour monseigneur le duc de Bourgoingne, et des tesmoins cy dessoulz nonmiez : après ce que feu Huinbert Viart, jadis bourgeois dudit Dijon, fut inhumé et mis en terre oudit cimistière, vint illec en propre personne Marguerite, fille de feu maistre Guillaume Courtot, jadis conseiller et maistre des comptes de mondit seigneur a Dijon, veufve dudit feu Humbert, laquelle dit et proféra les parolles, ou semblables en effect et en substance, qui s'ensuivent : « Bonnes gens qui estes icy présens, pour ce que je ne soye en rien tenue ne chargée aucunemejit de payer des debtes que peut ou poroit debvoir feu Himibert Viart, jadis mon mary cy présentement inhumé et mis en terre, et affin que l'on ne m'en puisse aucune chose demander, ores ne pour le temps advenir, je me deslaings de ma ceinture et bourcc, et les laisse sur la fosse devant vous, et renonce dès maintenant h tous ses biens pour raison desquels je serois tenue et astrainte de payer de ses debtes par la coustume du pays. ï Desquelles parolles et choses ainsy dittes et faittes, ladilte Margueritle a requis et demandé, h moy ledit Gillet Renam, liiy estre faittes et baillées lettres testimoniales soubz

le scel de la court de mondit seigneur le duc, pour luy valloir et s'en aidier se mestier est ou temps ; ce que je luy ay octroyé. En tesmoing de ce j'ay requis et obtenu le séel de laditte court estre mis a ces présentes lettres, faittes et passées les an, jour, lieu et heure que dessus ; présens a ce honnorable homme Jean Monnot, clerc desditz comptes, Jean Londe, Renaudot Lexacte et Mathey Hébert, bourgeois dudit Dijon, tesmoings a ce appeliez et espécialement requis. Signé G. Renam, et sur le reply J. Bonost. »

Plutôt que de subir ou de penser même a subir une aussi cruelle cérémonie, très préjudiciable au rang et "a l'honneur du pi'ince qui s'y soumettait, le duc d'Orléans consentit aux plus durs sacrifices ; il envoya fondre h la monnaie du roi ses bijoux d'or et d'argent, et de leur produit il acquitta les dettes du duc et de la duchesse, dont il regrettait si amèrement la perte précoce.

Les frais de procédures et ceux des consultations juridiques demandées par Charles d'Orléans, à l'occasion du meurtre de son père, furent aussi assez considérables. L'extrait suivant d'un document du temps nous en donnera une faible idée :

« A maistre Jehan Petit, maistre en théologie, maistreAdrien Cotin, Pierre de Martigny et Nicole de Savigny, conseillers de monseigneur le duc et advocats en parlement à Paris, pour leur peine et dépense, en allant de Paris a Corbie etd'icelle h Amiens, pour conseiller les affaires que le dit seigneur avoit touchant la mort de feu le duc d'Orléans, a chasrun 100 cscus. »

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Un autre fait nous a paru singulier : il nous est fourni par un inventaire de « plusieurs biens meubles appartenans à Valentine, duchesse d'Orléans, etc., tant joyaux et vaisselle d'or et d'argent, comme pierreries et tapiceries estans en la ville de Paris, » et ce fait paraîtrait peu en rapport avec les devises si connues, a cette époque, du duc d'Orléans et du duc de Bourgogne : un bàlon noueux et ces mots je l'envie pour le premier, pour le second un rabot. Parmi les bijoux en or et enrichis de pierreries qu'avait fait faire, vers ces temps, la duchesse d'Orléans, on remarque en effet « un fermail d'or en façon d'un rabot, ouquel a une grosse perle; item, un petit rabot d'or ouquel a une grosse perle et un annel d'un gros diamant. » On peut conclure aussi de la description des divers objets d'art et de goût ayant appartenu au duc Louis, que le loup était pour le duc d'Orléans l'animal de sa prédilection, et un symbole aujourd'hui difficile a interpréter (I). On retrouve habituellement le loup dans les bijoux, les tapisseries et les livres (2) commandés par ce prince ; et c'est un peu abuser du droit d'interpréter, que de trouver dans ce signe emblématique un rapport entre les mots Lupus et Louis.

(1) Le duc de Berry faisait mettre l'ours dans les'ornemenfs des manuscrits exécutés par ses ordres. On y voit aussi fréquemment un cygne, et des interprèles de ces symboles, leur donnant une expression phonétique comme à nos rébus, y trouvent les deux syllabes our cine, allusion au nom de la princesse Orsini, femme du duc de Cerry.

(2) Entr'autres, dans le manuscrit français n" 7421, qui contient Y Enseignement des rois et des princes.

284 DEUXIKME PARTIE.

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