‹ Louis et Charles, ducs d'OrléansChapitre 34 sur 39 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

VOYAGES DU DUC d'ORLÉANS EN FRANCE,

Le piincc Charles se rend à Tours. — A Montfort. — A Saint-Léry.— A Laguierche. — A Château-Gonlier. — Dépenses débouche pendant ces voyages. — 11 n'assiste pas au siège de Pontoise. — Se rend à Limoges auprès de Charles VIL — Cadeaux du roi. — Prétentions du prince sur Milan. — Autres cadeaux pour aider au duc à payer sa rançon. — Il délivre son frère donné en otage.

Le duc d'Orléans était encore a Blois le -1 6 et le 4 7 avril -54-41. Bientôt après, il entreprit plusieurs voyages dans les provinces voisines ; il se rendit d'abord k Tours, comme l'indique le document suivant tiré des archives de la mairie de cette ville, et dont nous devons l'obligeante communication k M. Vallet de Viriville : « Au prévôt ciergier..., pour cire ouvrée en torches prises de lui, pour la nuyctque monseigneur d'Orléans arriva en ceste ville (Tours), a l'encontre du quel, et jusques au bateau où il vint, monseigneur le bailli et plusieurs gens notables de la dite ville alèrent et le convoyèrent avec grant quantité de torches jusques a son logis chiez Pierre Bérart, nonobstant que le lendemain il fut donné et présenté de par la ville a mon dit seigneur d'Orléans xxv livres de cire et torches, avec d'autres choses non comprinses en ce mandcmcnl. »

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D'autres documents indiquent les visites que lit Id prince a plusieurs seigneurs qui le traitèrent dans leurs châteaux, pendant les mois de juillet et d'août \AAi . De ces documents, on tire aussi de curieux rapprochements sur les dépenses occasionnées par ces voyages, et sur les prix des choses les plus nécessaires à la vie.

t Le dimanche u'' jour de juillet, mil ccccxli, mondit seigneur d'Orléans et sa compaignie party de la ville de Régnier pour aler a Montfort ; souper et gist au dit Montfort :

« Panélerie, eschançonnerie, cuisine, fruiterie, escuyerie, fourrière, néant; pour ce que monseigneur de Laval a tout def frayé.

« Lundi nf juillet, mon dit seigneur souper et gist a Saint- Léry , despense néant, car le duc de Brelaigne a tout deffrayé.

« Mardi un*' jour de juillet, mon dit seigneur à Josselin et mercredi tout le jour ensuivant, despense néant, pour ce que monseigneur de Rohan avoit deffrayé.

« Jeudi vi'' jour de juillet, mon dit seigneur souper et gist à Peremel, et la a esté jusques au vendredi xuii" jour ensuivant du dit mois, à la despense du duc de Bretaigne.

« Samedi xv® jour de juillet, mon dit se%neur souper et gist, ou retour, à Monford, despense néant, pour ce que le duc a deffrayé.

« Dimanche xvi'' jour du dit mois de juillet, mon dit seigneur retenu a Régnes, et fa resléjusqueaudit premier jour d'aoust a la despense du duc de Brelaigne.

« Mardi premier jour d'aoust mi) ccccxli, mon dit seigneur parti de Régnes pour s'en retourner a Blois, souper et gist a Laguierclie, a la despense de monseigneur d'Alanson.

« Mercredi ii* jour d'aoust mil ccccxli, monseigneur le duc d'Orléans et sa compaingnie party de Laguierclie, disner a Craon, souper et gist à Chasteau-Gonthier. — Panéterie au dit Craon néant, pour ce que le cappitaine du dit lieu a donné le pain. — Panéterie à Chasteau-Gonthier néant, pour ce que monseigneur d'Alanson l'a fait délivrer. — Eschançonnerie au dit Craon, a disner. — Eschançonnerie au dit Chasteau-Gonthier néant. — Cuisine au dit Craon : "a Jehan Cremeau, pour m moutons m quartiers, Lxiiii sols vni deniers tournois ; pour vi pouletz , viii soûls tournois; pour burre, ii soûls ini deniers tournois; pour sel, XX deniers; pour potz de terre, xx deniers tournois ; pour mig oyson , iiii soûls ii deniers ; pour i '^ d'œufz, V soûls un deniers; pour n autres pouletz, ii soûls VI deniers tournois; pour charbon, v soûls. — Cuisine à Chasteau-Gonthier, néant. — Fruiterie au dit jour, néant. — Escuyerie au dit Craon, néant. — Pour la repeue de vixxi chevaulx au dit Craon , a x deniers tournois par cheval, c soûls x deniers tournois. — Pour despense à la souppée a Chasteau-Gonthier, néant, pour ce que monseigneur d'Alanson a deffrayé.

« Jeudi m" jour d'aoust, monseigneur, tout le jour, au

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(lit Cliasleau-Goniliier à la despense de monseigneur d'Alenson.

« Vendredi iiii" jour d'aousl mil cccc xli, mon dit seigneur d'Orléans, disner a Darneslal, souper et gist a La Flesche. — Panéterie au dit Darnestal : pour pain pour la livrée a la disnée au dit lieu, xvn soûls vi deniers. — Pour le pain pour la livrée a La Flesche, pour le souper, xxii soûls vi deniers tournois. — Eschançonnerie a Darnestal : pour lxxvi poz de viu baillé au disner, xxxviii soûls tournois. — Vin tant blanc que vermeil, au souppé a La Flesche, xlix soûls vin deniei^ tournois. — Cuisine a Darnestal : pour œufs, frommage, pois et heure par lui livrés, xxxiin soûls vni deniers. — A La Flesche, à souper : pour vnn brocetz, une bresme, une turtre, un barbeau, xvi vendoises, xxvi sols ; i frommage, ni quartiers d'œufz, burre, pourée, sel, vin aigre ; pour la façon de deux paslez , feu et belle chière de cuisine , xxiiii sols ; pour ce xLixsoulz viu deniers tournois. — Fruiterie : pour m livres i quartier de cyre, xxi soûls m deniers tournois l'un ; m livres de chandelles, ni soûls tournois; pour fruit, xx deniers tournois, pour ce, xxi soûls xi deniers tournois, — Escuerie a Darnestal : pour song et avoine livré pour la disnée des vixxi chevaulz, lxxvii soûls vi deniers tournois. Pour le souper des chevaulz a La Flesche, lx soûls ii deniers tournois.

« Samedi, ve jour d'aoust cccc xli, monseigneur le duc d'Orléans disner au Lude, souper et gist a Ville-Dieu. »

Ces promenades avaient un but politique ; les princes clierchaient de nouveau a obtenir une plus grande part dans le gouvernement de l'Etat, et tout au moins a faire entendre au roi et a son conseil toutes leurs doléances. La ville de Nevers avait été indiquée pour le lieu de leur assemblée, et le duc d'Orléans en avait préparé tous les éléments, d'accord en cela avec le duc de Bourgogne. Le roi répondit h tous les articles de ces remontrances, et indiqua de nouvelles conférences, entre Pontoise et Manies, pour le 23 octobre suivant. C'est ce qui explique l'absence du duc d'Orléans et d'un très grand nombre d'autres seigneurs, qui, mécontents comme lui, avaient refusé de prendre part au siège de la ville de Ponîoise, au mois de mai de cette année 1442. Cependant, Charles d'Orléans se rendit bientôt après a Limoges auprès du roi, lorsqu'on lui porla les remontrances des seigneurs de son royaume, et il aida alors au roi a modérer ce mouvement d'opposition seigneuriale envers la couronne. La Chronique du règne de Charles VII, par Martial d'Auvergne, rapporte ainsi celte circonstance ;

L'an quatre cens quarantc-doux, Le Roy fist diligence exlresme Do ostor pillars et abstradeurs Estans ou pays d'Angoulesme.

Depuis, à Lymoges si fut.

Où vint monseigneur d'Orléans, Qui pour payer sa rançon eut Du feu roy huit vingtz mille francs.

Là, le Roy, pour sa bien venue Luy donna, sans délayer goule.

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El fut lu grant chère tenue Tous les foiriez de penthecoustc.

Le roi de France montra ainsi qu'il appréciait les services qu'il avait reçus de son parent dans cette occasion. Charles VII s'en explique clairement dans ses lettres-patentes : elles sont datées du 7 et du 8 mai 1442.

« Charles, etc. Comme nostre très cher et très araé frère et cousin le duc d'Orléans, depuis qu'il est venu du pays d'Angleterre en nostre royaume de France, oùqucl il arriva au mois de novembre mil cccc quarante, ait levé et receu, pour emploier en ses nécessités et affaires, de plusieurs nos receveurs et officiers sur le fait des aydes, en ses diichiés d'Orléans et de Valois et es contés de Blois et de Dunoys, et en autres ses terres, pays et seigneurie, plusieurs et diverses sommes de deniers, en plusieurs et diverses parties de deniers

de leurs receptes Attendu ses dites affaires, la longue de-

moure qu'il a fait au dit pays d'Angleterre , où il a esté prisonnier pour la deffence de nostre seigneurie l'espace de vingt cinq ans entiers, et la grante et excessive finance a quoy il lui a convenu se soumectre pour estre délivré de la dite prison.... Savoir vous faisons, que, pour considéracion des choses dessus dictes, recongnoissant les bons, granz, notables et loyaulx services que nostre dit frère et cousin a fait dès son jeune aagek feu nostre très redctubté seigneur et père, que Dieu absollve, et a nous en plusieurs et maintes "manières, etc — «

Au prinlemps de raniiée ^1443, Charles d'Orléans se préoccupait déjà de l'éventualilé de ses droits sur Tltalie. Après avoir fait confirmer, le 22 mai, le traité d'alliance qu'il avait passé avec le duc de Milan (4), relatif a la seigneurie d'Asti, qu'il tenait du chef de sa mère, il fut se retirer avec toute sa maison a Cognac. Nous trouvons, dans les documents suivants, quelques détails très circonstanciés sur les dépenses intérieiu'es de la maison du prince dans cette résidence :

« Lundi III*' jour de jning mil cccc'' xliii, madame la duchesse d'Orléans et madame la contesse d'Estampes et leurs gens a Coingnac : Pour lavanderie,buage de nappes, v soûls. — Pour xviii xii®"*'^ et demie de pains pris au prix de 11 soûls tournois la xii*^, xxxvii soûls tournois. — Cuisine : pour huit mout(ons) et demi b... vi deniers le mout(on), cvi soûls VI deniers; pour trois chevreaulx, xi soûls m deniers l'un; et xviii oeufs, xv deniers; une carpe, une truitte, ung dars et une tanche, argent xi sonls viii deniers ; une livre huile d'olif. Il soûls I denier ; porrée et persil, xv deniers; un sac de charbon, ii soûls vi deniers; deux peintes vin aigre, XX deniers; deux peintes verjus, x deniers, et verdure, x deniers; quatre livres et quart de cyre, a v soûls tournois la hvre ; un livres chandelles de suif, a xviii deniers la livre. —

(') Archives du royaume, Trésor des chartes, k. 67. On y trouve aussi un vidimus d'une Iransaclion du 30 septembre 1439 relative au comté d'Asti, et un vidimus des lettres de l'empereur Sigismond, du 3 février 14» 4, par lesquelles il investit le duc d'Orléans de ce comté.

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Escnj'rie : cent bottes de foin nouvel, a m hottes foin chascim cheval, argent x soûls; seize boisseaulx et demi d'avoine, au pris de m soûls m deniers tournois le boisseau, lv soûls; six bottes de paille pour les haquenées et chevaulx des charioz de madame, v soûls. — Pour le change de trois pièces d'or, II soûls IV deniers. »

« Mardi iiii*^ jour de juing mil cccc xliii, madame la duchesse d'Orléans et madame la contesse d'Estampes et leur commun à Coingnac :

« Pour une livre d'espice, xii soûls vi deniers ; ung chapon II soûls VI deniers, et ix poussins, vu soûls vi deniers ; beurre frais, xx deniers ; une carpe, quatre tanches et ung dars, xiii soûls; beurre salé, xx deniers; poix nouveaulx, XX deniers. Une chopine moutarde, x deniers; une perdrix, XII deniers ; poix en gosse, xx deniers ; deux cens anguillettes,

X soûls; une guerne de vin entamé, argent un livres; pour la façon de quatorze pastez de truette, argent xx deniers ; pour groseilles, x deniers; fruit, fèves et guines, ii soûls i denier; deux sommes de bois, xx deniers; ung quartier blé pour les poussins qu'on a acheptés derrenièrement, xv deniers. Mosles, VI soûls viii deniers; une livre alemendes, II soûls VI deniers ; lait de vasche, x deniers ; poix et fève en gosse iiii sous ii deniers. Trois polz de terre a. faire fromages, XV deniers ; change de trois pièces d'or ii soulz vi deniers ; une queue de vin, iiii livres argent ; x menus oisons et

XI poussins de présent par les habilans de Saint Sulpice , et

par monsieur d'Ars un perdrix et trois pijons. Croches et papiers, xx deniers. »

Les dépenses journalières de la duchesse d'Orléans, accompagnée de la comtesse d'Etampes et des gens de sa suite, se montaient par jour de dix-sept à vingt livres. Voici du reste le total des dépenses jour par jour depuis le 5 juin : Du 3 juin, 22 livres 8 sols 1 denier tournois.

10 deniers.

sols

tournois.

10 deniers tournois.

4 deniers oboles tournois.

3 deniers oboles tournois.

4 deniers.

to

IG

2 deniers oboles tournois.

8 deniers tournois.

iO

11 deniers oboles tournois.

7 deniers tournois.

Et dans cette dépense qui paraît aujourd'hui si minime pour une maison princière , figurent encore « xxvi solz vin deniers pour les offrandes de madame la duchesse le jour de Panthecouste ; antres offrandes aux reliques de saint Anthoine de Louttiers, argent xxvii solz vi deniers; aux servantes de riiospital dudit saint Anthoine pour leur vin, pour ce que mesdites dames dincrent leans, nrgeant x solz; autres offrandes aux reliques de saint François, argent x solz. »

Le roi n'oubliait point , durant ce même temps , que le duc d'Orléans avait des charges considérables a supporter, et le roi lui aidait avec bonté, comme on le voit par ces lettres ;

« Charles, par la grâce de Dieu, roy de France, à tous

cculx qui CCS présentes lettres verront, salut. Savoir faisons que , pour la très grant proximité de lignage dont nous actint nostre très chier et très amé frère et cousin le duc d'Orléans, et pour lui aidier à supporter les grans charges, fraiz et despenses que faire et soustenir lui convient à entretenir son estât en nostre suite, et pour autres causes et consideracions à ce nous mouvant, h icellui nostre dit frère et cousin, qui sur ce nous a fait requérir, avons ordonné et ordonnons par ces présentes la somme de dix-huit mille livres tournois de pension, a icelle avoir et prendre d'oresenavant par chascun an, tant qu'il nous plaira, des deniers de noz finances ; h commancer icelle pension le premier jour de ce présent moys de juing.

« Si donnons en mandement par ces présentes, etc.

« En lesmoing de ce nous avons fait mettre nostre séel a ces présentes. Donné à Poitiers lexvu® jour dejuing, l'an de grâce mil cccc quarante et troys, et de nostre règne le vint ungieme. »

Enfin, on peut considérer les lettres-patentes qui accordent au duc d'Orléans d'autres pensions (1) ou des sommes d'argent pour l'aider aux frais de sa rançon, et la politesse que lui fit le roi en le consultant sur le choix a faire d'un hérault de France (2), comme des preuves d'une réconciliation complète entre Charles VII et le duc.

(1) Patentes des 17 juin et 8 juillet 1 143.

(2) Au mois d'octobre 1443.

Il habitait alors son château de Blois, sérieusement occupé de ses aflau'cs domestiques et des moyens de s'acquitter de la somme exorbitante promise pour sa délivrance et celle de son frère. Les documents dont nous donnons ici les titres éclairent l'histoire de cette pénible circonstance de la vie du prince :

^\ février 4444. Lettres-patentes du roi portant don au duc d'Orléans d'une somme d'argent pour payer sa délivrance et celle du comte d'Angoiilême.

H février J444. Impositions faites en la chastellenie de Chauny, pour le même but et en vertu de lettres-patentes du roi.

21 février 4444. Don du roi, par lettres-patentes, pour le même objet.

4444. Accord entre Charles d'Orléans, le Bâtard

d'Orléans et le duc de Sommerset, touchant la délivrance du comte d'Angoulême.

4444. Vidimiis d'une procuration du comte d'Angoulême a sa sœur Marguerite d'Orléans, à l'effet de consentir et approuver en son nom les ventes des seigneuries, et ce que le duc d'Orléans fera pour son élargissement.

4444. Lettres du duc de Bretagne, portant quittance au

duc d'Orléans de la somme de vingt mille écus, et promettant de l'acquitter envers le roi d'Angleterre de neuf mille cinq cents écus sur sa rançon.

4444. Lettres de Charles, duc d'Orléans, par les-

CHARLES d'ORLÉANS. 549

quelles il charge Raoul de Haucourt de faire en sou nom foy et hommage au roi des Romains, pour la seigneurie d'Asti.

L'année suivante, \ 445, dès le mois de mars, le duc Charles, heureux d'avoir enfin obtenu la liberté de son frère, jusque-là l'objet de toute sa sollicitude, faisait rembourser successivement les emprunts qu'il avait faits pour cet objet ; l'ordonnance qui suit, aux gens de ses comptes, nous fait connaître quelques circonstances de ces arrangements secondaires :

« Charles, duc d'Orléans et de Valois et de Reaumont, seigneur d'Asl et de Coucy, a noz amez et féaulx conseilliers les gens de nos comptes, salut et dilection. Comme pour secourir et aidier a nostre très chier et très amé frère le conte d'Angolesme, lequel a esté par moult long temps détenu en Angleterre jusques à nagueres que icellui nostre frère a esté eslargy, nous eussions emprunté de plusieurs de noz officiers et serviteurs certaines grosses sommes de deniers pour le fait de son eslargisseraent, et il soit ainsi que nostre amé et féal conseillier et général sur le fait et gouvernement de toutes noz finances, maistre Jehan Le Fuzelier, pour la dicte cause nous ait preste la somme de sept cens trante escuz d'or contens, c'est assavoir es mains de maistre Pierre Des Canes et de Coignart, serviteurs de nostre dit frère en nostre ville de Rloys, quatre cens trante escuz pour lui porter à Chierbourg, et es mains du dit Coignart, 'a Paris, troys cens escuz pour bailler a ung nommé Le Prince, serviteur du conte de Suffolk,

auquel nostre dit frère avoit promis de paier et contenter la somme de vi*^ escuz d'or dedans la feste de Saint-Jelian-Baptiste proucliain venant, montant les dites deux parties a la dicte première somme de vii*^xxx escuz d'or : si voulons et vous mandons que icelle somme passez et allouez es comptes et rabatés de la recepte de nostre amé et féal trésorier et receveur général présent ou avenir, auquel nous mandons que des plus clers deniers de sa recepte il face content d'icelle somme le dit maistre Jehan : en rapportant ces présentes avecques recongnoissance sur ce souffisant d'icellui maistre Jehan tant seulement, car ainsi nous plaist-il et voulons estre fait. Donné a Paris le xxii*^ jour du moys de juing l'an de grâce mil cccc quarante et cinq.

« Par monseigneur le duc, messignieurs les contes d'Angolesme et de Dunois, Jehan de Saveuses et autres présens.

« Martres. »

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