‹ Louis Fréchette [microforme]Chapitre 11 sur 15 · I. Ile ont une confiance illimitée dans leurs · texte numérisé non relu

I. Ile ont une confiance illimitée dans leurs

ressources et ne permettent pas qu’on les re-

prenne en rien ; se croyant parfaits, ils sont réfractaires à tout progrès et à toute transformation. :

IT. Les religieux et les prêtres n'admettent pas la coopération active du père de famille, en matière d'éducation, et pourtant c'est lui qui a la responsabilité. À III. L'éducation classique est plus propre à former des prêtres que des hommes du monde ; elle y tend davantage. Pourtant c'est le père de famille qui est le type social par excellence : il y a là un vice évident. (Ceci n'est pas un paradoxé : nous savons que ceux qui ont le mieux réussi, au collège classique, ont tous eu, ou à peu près, dés velléités de prêtrise. Cela ne serait pas logique, si l'éducation qu'on y donne ne développait cette tendance).

‘IV. Les professeurs ne savent que ce qu'ils ont appris ; puisque les laïques qui se destinent au professorat sont forcés de subir un examen, les religieux devraient être tenus de donner au

moins une preuve quelconque de leur science.

V. Il est bien connu que l’on oblige souvent un religieux incompétent à enseigner telle ma- “tière, afin qu’il én tire un bénéfice personnel. ü Vous êtes faib'es en mathématiques, lui dit le supérieur, enseignez-les et vous les apprendrez. Cela s'appelle exercer la vertu d’obéissance :

: c'est excellent pour le professeur, mais pour l'élève ?

VI. La loi qui donne aux collèges classiques le privilège d'imposer aux professions libérales les porteurs de diplômes doit elle être abolie ? L'auteur répond oui : nous devons avouer que

l'examen devant le barreau nous paraît une faible garantie de la science future dé nos hommes de profession. Mais il est certain que les collèges qui donnent les diplômes, doivent être contrôlés afin d éviter les injustices et les complaisances coupables des professeurs.

VII Les collèges r’assiques n’ont pas de concurrence, car ils sortent tous du même moule et nous n'avons pas le choix : rien ne les stimule vers le progrès.

L' Enseignement ?

I. Les langues mortes empiètent sur le franqais : les élèves savent mieux les verbes en mi et le gradus qu la syntaxe française, et surtout mieux que les éléments de la grammaire anglaise. *

IT. Le calcul, la comptabilité, tout ce qui est

pratique est religieusement banni du cocrs classique. ; : ; IIT. Les matières dites secondaires, comme l'histoire, la géographie, la littérature sont né. gligées. (Cela est vrai 1) IV. La littérature est, de plus, mal enseignée ; tout le temps est consacré aux génies du XVIIe siècle. Les autres. siècles sont passés sous silence ou défigurés ; les romantiques, , Victor Hvgo en tête, sont absolument dénaturés. (Archi-vrai !) is V. L'absence presque totale de littérature écrangère—grecs et latins exceptés—et da no tions artistiques est déplorable : il faudrait au moins les grands génies de toutes les langues, et en art des éléments d'architecture, de peinture, etc... .avec exemple. (Il y aurait quelque chose à faire de ce côté : mais ce n'est pas essentiel).

La formation du caractère /

(L'auteur ne perle ni des mœurs, ni du tempé. rame. : il ne relève que quelques abus dans les manières, mais ils ont cependant une influence directe sur le caractère).

I. Les professeurs emploient trop souvent un langage grossier et rude vis-à-vis des élèves ÿ ceux-ei copient naturellement ce qui leur est donné comme modèle.

IT. Si le langage poli a son importance, le langage décent a aussi la sienne : les profes- .

teurs doivent éviter de raconter à leurs élèves, en classe et en petit comité, des histoires gauloises et autres de même sel.

«TT. Le ridicule des punitions doit être évité ; c'est une mauvaise formation. (Exemples : taire baiser la terre, tracer des croix avec !a langue dans la poussière (!), copier des pages entières

. de livres grecs... tout ce qui peut contribuer

à abêtir l'élève).

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