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chasse sur la terre ferme, Ainsi les profits nets sont réellement bien moindres qu’ils ne paraissent à première vue ; tels qu’ils sont, is suffisent cependant pour récompenser le propriétaire dans les années ordinaires,
1 s’agit ici de la pêche d'automne ou d'hiver, qui est différente de celle du printemps, dont j'ai déjà parlé. Vers la fin de novembre, les loups-marins commencent à remonter de la mer vers Île fleuve Saint-Laurent ; ils vont rencontrer les glaces flottantes, sur lesquelles ils se tiennent pendant l’hiver. Comme ils suivent alors la côte et les îles, la pêche d’automne se fait près de la terre ; de grands rets, garnis d’annexes ou ailes rentrantes, sont tendus dans les passages étroits et dans les baies. Les ailes sont placées de manière qu’en suivant le rets, les lougs-marins s'engagent dans une espèce de cufde-sac, qui ne leur présente point d’issue pour sortir, La péche
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commence vers le milieu de décembre et finiff vers le huit ou le dix de janvier ; aussi comme
c’est la plus rude saison de l’année, les pêcheurs
ont beaucoup à souffrir du froid, des glaces et
des neiges. Sur les échoueries ordinaires, l’on
prend, en terme moyen, de cent cinquante à deux cent cinquante loups-marins, que l’on évalue À un louis pièce ; la peau vaut,de quatre a cinq chelins, et l'huile de deux à quatre piasties.
Il y a plusieurs espèces de loups-marins dans les eaux du Labrador ; on les distingue par la taille, par les habitudes, par le poil et par la conformation de la tête. Les plus grands sont les Wastics qui ont jusqu’à treize pieds de longueur. Les Wabishtouis sont aussi fort gros ; la ressemblance de leurs traits avec ceux des Esquimaux a donné naissance à la tradition, qui porte que ce peuple est descendu d’un couple de Wabishtouis ostracisés
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par la tribu. et forcés de chercher une nouvelle patrie sur la terre ferme. L'espèce la plus commune de loups-marins est le 24oca groendandica, nommé Larp seal par les Anglais. Voici ce qu’en dit le sieur Samuel Robertson, dans un mémoire présenté par lui à la Société Littéraire et Historique de Québec :
“ Cette espèce de loups-marins se trouve depuis le fleuve Saint-Laurent, jusqu’à la mer glaciale.... Ils ont jusqu’à sept pieds de longueur et quatre pieds de tour. Quand ils sont arrivés à leur entier développement, vers l'âge de trois ans, ils ont la tête noire et portent sur chaque côté une bande noire depuis les épaules jusqu’à la queue ; le reste du corps est blanc. Ils sont très-nombreux et forment la principale nourriture des Grénlandais et des Esquimaux. Avec des rets, on les prend en grand nombre sur les côtes du Labrador et de Ferreneuve; on les tue aussi sur les giaces
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flottantes. Ces amphibies sont errants, ils voyagent vers le nord durant l'été et fre quentent le golfe et les bancs de T'erreneuve pendant l'hiver. Dans jies mois de février et mars, les femelles montent sur une glace flottante et y donnent naissance à leurs petits ; la portée est d’un petit pour l'ordinaire, mais quelquefois de deux et même de trois. Les mères abandonnent immédiatement leurs nourrissons ; paï fois, mais bien rarement, elles les allaiteront pendant un jour ou deux. En venant au monde, le jeune loup-marin est de la grosseur d’un chat et pèse de quinze à vingt livres.”
Malgré l'immense destruction de ces animaux, leur nombre semble à peine décroître ;
ils forment une des principales sources de revenus pour les habitants du Labrador, d’une partie de Terreneuve et des îles de la Magdeleine, Les peaux vertes servent assez souvent
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de monnaie dans les marchés qui se font entre les planteurs. Lorsqu’elles ont été bien préparées, elies sont employées pour harnais à chiens, bottes, mitaines. Quant à la chair, on la sale et on la conserve avec la viande de baleine pour nourrir les chiens pendant une grande partie de l’année. Sous ce rapport, le loup-marin est d’une haute importance pour les planteurs, car, s’ils en manquaient, ils ne pourraient garder leurs chiens; et sans les chiens, qui tiennent lieu de chevaux dans les voyages et pour les charrois, la côte serait inhabitable pendant l'hiver. Le pays, en effet, ne fournit point assez de fourrages pour la nourriture des chevaux, qui d’ailleurs seraient inutiies au milieu des neiges et sans chemins battus,
Chaque famille garde ordinairement huit ou dix chiens, qui pendant l'été n’ont qu’à manger, flaner et se quereller. Pendant l'hiver,
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l’état des choses est bien changé : il leur faut renoncer au far miende, et se soumettre à de gudes fatigues,
Le chien esquimaux a servi de base À toutes les familles de chiens au Labrador; dans quelques localités, 4l s’est croisé avec des chiens appartenant à d'autres races ; ailleurs à a été conservé pur et sans mélange. Le vrai chien esquimaux est de forte taïlle ; sa robe est blanche avec quelques taches noires ; il a de poil long, des oreilles pointues, da queue touffue et relevée ; dl n'aboie point, mais pousse des cris courts et étouffés, qui semblent être des essais d’aboiement. Il ressemble d’une manière frappante au loup du pays, ou plutôt c'est un loup réduit à l’État domestiqué. Assez
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