CHAPITRE XII
Sur sa réponse affirmative, le missionnaire se mit à réciter les prières du Rituel romain. A peine le baptême était-il terminé, l'enfant se trouva guéri. Les témoins du prodige n'en pouvaient croire leurs yeux.
Plein de joie, le Père demanda aux parents s'ils ne seraient pas heureux qu'on lui appliquât toutes les cérémonies à l'église de Québec?
Fais-lui, répondit Prince, tout ce que tu fais aux enfants des Français. »
« On lui assigne un jour, continue la Relation, et on lui dit de choisir un Français et une Française qui en seront le parrain et la marraine. Ce pauvre sauvage était en doute si les Français lui feraient une telle faveur. Mais on l'assura qu'ils en seraient bien aises, et le sieur Olivier, commis et interprète et Mme Hébert, exercèrent volontiers cet acte de charité. »
La cérémonie eut lieu le dimanche. Le père de l'enfant racontait à qui voulait l'entendre le miracle dont il avait été témoin. A la porte de l'église on lui demanda s'il consentait à confier son enfant aux Pères pour le faire instruire. Prince y consentit. Aussitôt la cloche de l'église fut mise en branle; une Française présenta l'enfant ; et son parrain et sa marraine le nommèrent François Olivier. « On lui applique les saintes huiles et les autres cérémonies à la grande satisfaction de tous nos Français, et à la grande joie du père et de la mère dont le contentement se manifeste sur leur figure. »
La naïveté des sauvages et leur ignorance fort excusable procuraient aux interprètes l'occasion de les instruire.
L'auteur de la Relation de 1637 nous en donne une preuve bien frappante. « Les sauvages, dit-il, m'envoyèrent chercher pour assister à la mort du petit Ignace qui agonisait. Comme nous venions de nous retirer après avoir récité quelques prières, pour parler aux sauvages, le petit mourut. Une pauvre femme voyant cela dit au sieur Olivier que j'aurais dû me trouver à sa mort afin de bien diriger cette âme vers le ciel à l'aide de mes prières. Peutêtre, ajoutait cette femme sauvage, cette pauvre âme s'égarera-t-elle de son chemin faute d'avoir être bien dirigée? »
«Le sieur Olivier, écrit le même Père, me raconta une autre simplicité: Un sauvage qui l'avait accompagné avec quelques autres français dans une chapelle pour remercier Dieu de les avoir sauvés du danger de se noyer dans un naufrage, le sieur Olivier lui demanda après l'accident quelles pensées il avait eues lorsqu'il se débattait au milieu des eaux? — Je me souvenais, et j'ai ouï dire, que les Français vont en un lieu plein de plaisirs après leur mort. C'est pourquoi, je disais: voilà qui va bien que je meure avec eux, car je ne les quitterai pas, j'en prendrai bien garde, et je prendrai le même chemin qu'eux après ma mort. »
Le passage suivant nous montre la bonté d'Olivier Le Tardif. Depuis plusieurs mois le Père Le