‹ Louis HebertChapitre 15 sur 74 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

fils, M. de Biencourt. C’était un jeune homme de vingt-quatre ans. Sa douceur et ses manières engageantes lui concilièrent l’estime de tous.

Quant à Louis Hébert, dès son arrivée en Acadie, il s’était acquis l’affection des Français et des sauvages. Les services qu’il rendait à ces derniers pendant leurs maladies, les guérisons étonnantes qu’il opérait, le faisaient passer pour un être extraordinaire. “ Aussi, écrit M. Rameau, s’empressaient-ils autour de ce bon ramasseur d’herbes. ”

Le chef de la tribu, Louis Membertou, tomba bientôt malade et il vint se mettre sous ses soins. Les Jésuites de leur côté, F accueillirent avec la plus grande charité et le soignèrent durant toute sa maladie. Hébert se fit tour à tour cuisinier et médecin, tant il avait à cœur de rétablir le pauvre malade. Cependant Membertou succomba malgré les soins dont il était entouré. Il mourut dans de vrais sentiments chrétiens. L’abbé Fléché lui avait déjà administré le sacrement de baptême.

Pendant ce temps-là, M. de Poutrincourt, toujours en France, apprit non sans peine la formation d’une compagnie nouvelle destinée à conduire des colons a quelques lieues de Port-Royal. Les dames de la cour s’offrirent pour payer les frais de l’expédition.

Vainement protesta-t-il contre le projet. Il eut beau démontrer qu’il était urgent de fortifier Port- Royal avant de fonder un nouvel établissement, rien ne put faire revenir les promoteurs de ce projet sur leur décision. Un navire fut équipé sous le comman-

dement du capitaine La Saussaye. Trente personnes s’embarquèrent pour l'Acadie ainsi que les Pères Quantin et Gilbert Du Thet, Jésuites. La reine fit un don de cinq cents écus; Mme de Verneuil fournit les vases sacrés et les ornements du culte, et Mme de Sourdis tous les linges d'autel.

Le 12 mars 1613, La Saussaye aborda au cap de la Hêve. En touchant la terre ferme, il fit ériger une grande croix aux armes de Mme de Guercheville, sa protectrice. Le Père Quantin célébra la Sainte- Messe. Après cet acte de foi, La Saussaye se rendit avec ses compagnons à Port-Royal. Il n’y rencontra que Louis Hébert qui, avec deux autres personnes, commandait le fort en l’absence de M.de Biencourt. Après les salutations d’usage, il remit à Louis Hébert les lettres que la reine envoyait à M. de Biencourt avec ordre de laisser partir les Jésuites. Ces lettres attristèrent profondément notre colon qui eût désiré voir les bons missionnaires ainsi que les nouvelles recrues s’établir à Port-Royal ; mais il se rendit aux ordres de la reine, et il remit aux Jésuites tous les effets qui leur appartenaient. “Tant ce jour-là que le lendemain, écrit la Relation, on fit bonne chère à Hébert, et à son compagnon afin que cette arrivée ne leur fut pas triste. Au départ, quoiqu’ils ne fussent pas dans la disette, on leur laissa un baril de pain et quelques flacons de vin, à ce que l’adieu fût pareillement de bonne grâce. ”

La Saussaye se dirigea ensuite vers la côte et il s’arrêta à l’embouchure de la rivière Pentagouët, sur T Ile des Monts Déserts. D’après M. de Champlain, il y bâtit à la hâte un petit fort qu’il nomma

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