‹ Louis HebertChapitre 55 sur 74 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

sacrement de baptême. Arrivé à la maison, la mère de l’enfant, qui était païenne, ne voulut pas entendre parler qu’on baptisât son fils. Elle s imaginait qu’il mourrait aussitôt après.

Le missionnaire commença alors a vouloir faire comprendre à cette femme que le baptême est la porte de l’Eglise et du Ciel; que si l’enfant mourait après avoir été baptisé, il s’en irait dans un séjour de bonheur Mais cette femme ne voulut rien en¬

tendre, pas même les supplications de son mari qui voulait faire baptiser son fils.

Pendant ces pourparlers l’état du petit malade s’aggravait, et, comme il était sur le point d agoniser, la mère toute en larmes dit au missionnaire . “Si tu peux le guérir, baptise-le; mais si tu ne le peux pas, ne le touche pas!

Prince, déjà ébranlé par les beautés de la religion chrétienne, suppliait le missionnaire de baptiser son enfant; et il s’écria: “Je crois que Celui qui a tout fait peut le guérir!”

Une si grande foi toucha le missionnaire qui demanda à la mère si elle consentirait a le confier aux Jésuites au cas où il guérirait?

Sur sa réponse affîmative, le missionnaire se mit à réciter les prières du Rituel romain. A peine le baptême était-il terminé, l’enfant se trouva guéri. Les témoins du prodige n’en pouvaient croire leurs

yeux.

Plein de joie, le Père demanda aux parems s ils ne seraient pas heureux qu’on lui appliquât toutes les cérémonies à l’église de Québec?

Fais-lui, répondit Prince, tout ce que tu fais aux enfants des Français.”

“On lui assigne un jour, continue la Relation, et on lui dit de choisir un Français et une Française qui en seront le parrain et la marraine. Ce pauvre sauvage était en doute si les Français lui feraient une telle faveur. Mais on l’assura qu’ils en seraient bien aises, et le sieur Olivier, commis interprète et Mm' Hébert, exercèrent cet acte de charité.”

La Basilique de Québec.

La cérémonie eut lieu le dimanche. Le père de 1 enfant racontait a qui voulait l’entendre le miracle dont il avait été témoin. :A la porte de l’église on lui demanda s il consentait à confier son enfant aux Peres pour le faire instruire. Prince y consentit. Aussitôt la cloche de l’église fut mise en branle; une Française présenta l’enfant; et son parrain

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