LE FLOT MORTE
lt eat temps qiTcafio U flot mo nte *
(Victor HüGû*)
li montait de partout, le flot populaire, ii battait et 1 rase marée tous les rivages du vieux monde, il groù' dait tout proche et aussi on l’en tendait au loin.
Cuba, comme aujourd'hui, voulant la liberté, il Y avait eu un grand combat près de Mayan entre Maxim* 3 Gomez, avec cinq cents insurgés, contre les détache* monts espagnols qui avaient dé se retirer.
Quatre cenîs autres insurgés avec Bembetta et dosé Mendoga l'africain, avaient battu en brèche une loin' fortifiée.
Ces républicains espagnols ne trempaient pas alors dans les crimes de la royauté, Castelar et Orense d’Ak baida. réclamaient à Picard du eouveiànement de Versailles, la mise en liberté de ce .losé lîuisalola, qo> condamné à mort, dans son pays, avait été, en traversant la F rance arreté à Tou ii lac, par le maire, sur 1 ordre du préfet Backauscul, d après les instructions de son gouvernement.
i ne dizaine d’années auparavant. l’Europe entier* 3 avait frissonné d’horreur quand Yan Benert avait livré le hongrois Tebékj, à l’Autriche, qui pourtant avait refusé de le mettre à mort ; les pouvoirs en allant vers leur décrépitude progressant dans cette voie, ils réunis* saient de plus en plus leurs forces contre tout peuple voulant être libre.
Quelques Français, soupçonnés d’appartenir à Fl*H tcniutionale ayant dû quitter Barcelone où ils étaient établis, les républicains interpellèrent le gouvernement*
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G est ît celle occasion que M. Gasteïar prononça les Paroles suivantes :
u Quand la pairie est la nation espagnole, celle na* * 0n ftere de son indépendance et de sa liberté, celle " dion qui a vu avec horreur le nom de Sagonte rem- Placé par un nom étranger, cette nation qui vainquit Charlemagne le plus grand guerrier du moyen-âge à P°io‘eveàux, qui vainquit François I er le grand capi- ■p^c de la Renaissance à l‘avie, qui vainquit Napoléon' e P 1 us grand général des temps modernes à lïdlen e l a l'alavcra, celle nation dont la g; loi r c ne peut tenir ( tlr 'S les espaces, dont le génie a une force créatrice tl pahle de lancer un nouveau monde dans les solilu- * s Océaniques, cette nation qui quand elle marchait 6ur son char de guerre, voyait les rois de France, les ei,1 pereurs d’Allemagne et les ducs de Milan humiliés k uiy re ses étendards, celle nation qui eut pour halle* ^R'diers. pour mercenaires, les pauvres, les obscurs, les Petits ducs de Savoie fondateurs de la dynastie actuelle
(Interruption ).
■’l* Castelah. — Vous me rappellerez à l'ordre si Vo ü s le voulez, Monsieur le président, mais je ne suis * l lfls ici pour défendre ma faible personnalité, à cette eure je défends mon inviolabilité et la liberté de celte Pibune (.Nouvelle interruption).
C a si ta a tt. — Je m'en rapporte 1 histoire qui, P ar la plume des Tacite et des Suétone a. libre et inat- 1 l înée, frappé les tyrans en bravant les Néron et les J lii gula, j’ai dit, c’est de l'histoire, que Filberto de Sa- ■ °l e , que Carlos Manuel de Savoie, que tous les ducs
Savoie ont suivi pauvres et mendiants le char
^•Oïnphal de nos aïjux.
>J Quelle parole n'est pas offensante si je n’ai pas le I<J it de parler des aïeux des rois, si leur personne est ,*crée î pourquoi quand madame Isabelle de Bourbon
— fi — —
rentrait par cette porte, pourquoi voyait-elle devant ses yeux les noms de Mariano, de Pincda, déliiez de Lacy et de l'Empecinado, victimes de son père, fi je le répète les ducs de Savoie suivaient pauvres c mendiants le char de Charles-Quint, de Philippe U de Philippe Y. »
Combien est loin de nous cet orgueil de la vieill ü Espagne de la séance du 20 avril 74, cet orgueil tragique qui. involontairement, faisait penser au Chl, 3i bien qu’on croyait, en écoutant, voir passer des spc* c ' très dans des gloires. Voilà q u’après vingt-six. années, en place de ces fantômes montrant du doigt leurs at ce* très, on tombe A la forteresse horrible de Montjuich avec ses bourreaux tortureurs et sur les assassins de Mu ceo. * ';é
La proclamation de la Itépublique en France avait enthousiasmé la jeunesse russe: la sauté de la Repu* blique et celle de Gambetta avaient été portées A Saint' Pétérsbpurg et A Moscou : de loin, elle ctaiL si belle
Le tzar, épouvanté, se concerta avec la police : n > eut des arrestations dans toute la Russie et, pour rasstf 4 :
rer son maître, le chef de la police prétendit tenir entre ses mains tes fils d’un grand complot ; mais il ne tenait que les clefs des cachots et les instruments de torture*
La légion fédérale belge, les sections de l'Internationale en Catalogne et dans l’Andalousie envoyaient
A la Commune le salut des iils de Van Àrtevcldc et cjgj lui des artistes peintres, écrivains, savants, des Rubens, des Crétry, des Vesalc et des véritable 5 fils de l’Espagne (1ère et libre. L’horizon, était en fi® pour la délivrance de l’humanité tandis que, de la voix dans la chasse abominable contre Paris, journaux de l’ordre, A Versailles, inséraient de lâches appels à l’égorgement :
« Moins d érudition et de philanthropie, messieui^ mais plus d'expérience et d’énergie ; si cette expérience
n’a pu monter jusqu'il vous, empruntez celle des Vu- Unies !
» Nous jouons la France, en, ce moment : le temps est-il aux morceaux de littérature '? Non, mille fois non ; nous savons e prix de ces morceaux-la !
» Faites un peu ce que les grands peuples énergiques
feraient en pareil cas :
» Pas de prisonniers!
•» Si. dans le tas, il se trouve un honnête homme réellement entraîné de force, vous le verrez bien; dans ce ■nonde-lù, un honnête homme se désigne par son aareole.
» Accordez aux braves soldats liberté de venger leurs Camarades en faisant, sur le théâtre et dans la rage de faction, ce que de sang-froid ils ne voudraient plus
faire le lendemain. »
(Journal de Versailles, 3 e semaine d avril 18it.) A cette besogne, qui devait être faite seulement dans la rage du combat, on employa l'armée, ivre de mensonges, de sang et de vin; 1 assemblée et es o cier» supérieurs sonnant l hallali. Paris fut servi au couteau.
LES COMMUN ES DE HiOVlXCE
Il enlie dans les vues du sanglant Tout Puueo qui tient entre ses mains les forces organisées de la France de consommer la scission en» e Paris et les département», de faire la paix à tant pris, de décapilaliier Paris révolutionnaire, d'écraser le# reren- . dicaiîons ouvrières, de rétablir une monarchie, mil crime ne lui coûtant.
(ïlocnEPorvr, le Mot d’Ordre.)
Dans un livre, paru longtemps après la Commune : Un diplomate « Londres , chez l’Ion, 10, rue
OA COMMUNE
a Paris, 1895, on lit, entré mille choses du meme or* dre prouvant l'entente cordiale de M. Thîcrs avec ceux qui, dans leurs rêves, voyaient danser des couronnes sur des brouillards de sang :
« M. 1 hiers avait fait placer à l ambrssade de Lofi* dres des orléanistes : le duc de Broglie, M. Charles Gavard, etc,
» II était, dit l’auteur de ce livre, bien difficile de sai' sir la nuance exacte des termes pleins de déférence, mais exclusivement respectueux, dans lequel il (I e comte de Paris) s'exprimait à I egard de M. Thiers. ■1 ai eu la bonne idée de prier le prince de prends
Ini-mème la plume et il a écrit sur ma table la dépêche suivante :
» Le comte de Paris est venu samedi à Albert-Gatellouse, il ma dit que l'ambassade était territoire national} il avait hâte d'en franchir le seuil; sa visite avait d ailleurs spécialement pour objet d’exprimer au représentant officiel de son pays la joie profonde que lui causait la décision par laquelle P Assemblée natio* naie venait de lui ouvrir les portés d’une patrie qu'il, n’a jamais cessé d’aimer par dessus tout,
w il ma demandé tout particulièrement cTêtre 1 ’in* terprète de ses sentiments auprès du chef du pouvoir exéculif etdc lui transmettre l’assurance de son respect.
H Ca dépêché est partie le soir même, avec la simpie addition ; S. A. lï, Mgr devant le nom du comte de Paris.
{Un diplomate à Londres, pages 40 et 47-)
» Londres, 12 janvier 187 L
On lit, à la page 5 de ce même livre : « On avait I e5 d Orléans sous la main, les derniers événements ayant rendu les Bonaparte impossibles. »
Il est superflu d’en citer plus, ce serait tout le volume. “ ; ■ >8
Oh! si, de nos jours, quelque prétendant avait un C(B ur d'homme. comme il jetterait les sanglantes décoques dont veulent l'affubler des gens vivant dans le Nsscl Comme il prendrait sa place dans le combat, Parmi ceux qui veulent la délivrance du monde !
Tandis que M. Thicrs s’occupait des prétendants ^ on avait sous la main, il n'oubliait rien pour noyer Pus le §ang les mouvements vers la libei té qui se produisaient en France.
t Les Communes de Lyon et de Marseille, déjà étoul- - G s par Gambetta, renaissaient de leurs cendres.
“ Mous voulons, écrivait la Commune de Marseille à lîl Commune de Paris, le 30 mars 1871, la décentralis 'dion administrative, avec l’autonomie de la Commune, ^ confiant au conseil municipal élu de chaque grande c ‘le les attributions administratives et municipales.
® L'institution des préfectures est funeste à la liberté. 11 Mous voulons la consolidation de la République la fédération de la garde nationale sur toute l eten-
du territoire. 1
H Mais, par dessus loul et avant tout, nous voulons
On 1
que voudra Marseille. »>
Les élections devaient avoir lieu le 3 avril, à. 6 beu* du matin; c’est pourquoi le général Kspivent réu- . ^ aux équipages de la Couronne et Magnanime toutes f ‘ s troupes dont il put disposer et, le 4, il bombarda
a ville.
Ln coup de canon à blanc avait averti les soldats; mu « s , comme ils rencontrèrent une manifestation sans . suivant un drapeau noir et criant : V ive Paris!
! s se laissèrent entraîner par la foule, avec les artilf!U|, s et la pièce de canon qui venait de tirer deux au-
tfçg
•oups.
Lspivent, de l'autre côté, par le fort Saint-Nicolas,
‘sait bombarder la préfecture où il supposait la Corn-
ue.
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Landèck, Megy, Canlet de Taillac, délégués de P a ' ris, allèrent avec Gaston Grémieux trouver Kspï veïl et lui exposèrent qu’il ne voudrait pas faire iîgOi’o e des hommes sans défense.
, Espivent, pour toute réponse, fit arrêter Gaston Cr*' mieux et les délégués de Paris, contre l’avis formel d e ses officiers. ^
Il fut obligé, cependant, de laisser aller ces dernier» qui avaient mission de lui signifier les volontés (11 ' Marseille; (les élections libres et les gardée nation* 11 seuls chargés de la sécurité de la ville.)
« Moi, dit Espivent. je veux la préfecture dans ni minutes, ou je la prends de force dans une heure. ”
« Vive la Commune 1 » s’écrièrent les délégués d> * travers la foule et les soldats fraternisant avec le pic, ils partirent.
Espivent fit cacher derrière les fenêtres dès réact* 01 naires et des chasseurs. La fusillade dira sept heure-’ soutenue par les canons du fort Saint* Nicolas,
Quand cessa le feu. la terre était couverte de eau* vres.
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Tandis que le sang coulait dans les rues pleines morts, le Galiffet de .Marseille donna l’ordre de fusil! , les prisonniers à la gare (c’étaient des garibaldiens d 111 avaient combattu contre l’in vas iun de la France et d* soldats qui n’avaient pas voulu tirer sur le peup*®/' Une femme, son enfant dans ses bras, et un p ,issa . qui trouvaient sévères les ordres d’ Espivent, passés par les armes ainsi que quelques autres cito) cl1
de Marseille, entre autres le chef de gare, dont le je
iiU 0
bis demandait grâce pour son père. Espivent écr*' à son gouvernement, à Versailles :
avait
Marseille, o avril 18*1-
« Le général de division à M. ïe ministre de la a uer *vj » .l’ai fait mon entrée triomphale dans la viH® 4
Marseille avec mes troupes; j'ai été beaucoup acclamé, Mon quartier général est installé à la préfecture, délégués du comité révolutionnaire ont quitté la ^dle individuellement hier matin.
n Le procureur général près la cour d‘Aix qui me , " li aï te concours le plus dévoué lance des mandats 1 ;i, oener dans foute la France: nous avons cinq cenLs hrisonoiers que je fais conduire au château d’IF.
>J l’ont est parfaitement tranquille en ce moment à
Marseille.
• » Général Espivent. »
Ainsi fut définitivement égorgée la Commune de Marseille, par ee même Espivent, qui sur des données ’^Uastiqucs mena dans le port de Marseille la fameuse e oassè aux requins dont pas un seul n existait.
Malgré les épouvantables répressions de Marseille, ^i a t- Etienne se leva.
Le préfet de Lespée y rétablit d'abord l’ordre ll la *°n d Espivent, on cita de lui cette phrase : de sais ce f i'te c’est qu’une émeute : la canaille ne me lait pas peur I bu canaille, comme il disait, le connaissait si bien, a yant momentanément repris Saint-Etienne, elle le
fit
arrêter et conduire à Cl lôtel-de- Ville où sa mort
,lï ‘ f ‘iva dans des circonstances inattendues. t ’ ie Lespée avait été confié ù deux hommes, nommés
Uri Vitoire, l'autre Fillon: ils devaient simplement Vf 'i J 1er sur lui.
Yitoire était une sorte de Girondin, Fillon au conhai[. e était si exalté', qu’il s’était mis deux écharpes, ■^Uvenirs de luttes passées, l’une autour de la taille, aii tre flottant à son chapeau, bientôt, une discussion s’éleva entre Vitoire qui cherf -uuit ù excuser le préfet, et Fillon, qui citait le propos len « par de Lespée.
'Uoire continuant à soutenir de Lespée, Fillon,
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hors Je lui, t ira un coup Je revolver à Vitoirc, 1,11 autre au préfet, et reçut Lui-même, un coup Je ftisîl * J 'un des gardes nationaux accourus au bruit. — 1 avait tant vu trahir, le pauvre vieux, cju’il en cta^ devenu fou, ne s’imaginant partout que trahisons.
La mort de Le s pëe lut reprochée à tous les révolu tionnaires, celle de Fillon à son meurtrier.
Etant, il y a quelques années, en tournée de confié
rences, d anciens habitants Je Marseille, me raconl 6 '
rent avoir été frappés comme d'une vision, lorsque K vieux Fillon. en avant de tous, marchait à l’IIotèN 6 ' Ni Me, son écharpe rouge flottant à sou chapeau, se» yeux lançant des éclairs.
lai bouché largement ouverte, jetant par dessus tout ces cris qu’on entendait au loin : En avant! En avant !* 1 Commune! la Commune! déjà c'était un spectre, celui des représailles.
Les mineurs remontés des puits s étaient joints fl 11 soulèvement, mats ce ne iul point la garde national 6 qui maintint la sécurité dans la ville; l’ordre fut fait par la mort.
Narbonne alors se leva. Di geo n- caractère de héros >
avait entraîné la ville.
Eue première fois les soldats sont, eux aussi, entrai' nés.
| ftayuai aîné, ayant été l’auteur d’une attaque do l* 1 réaction, est pris comme otage. '
La proclamation de Digeon se terminait ainsi :
<( Q«c d’autres consentent à vivre éternellement opp r *' mt s ! < j u ils continuent à être le vil troupeau dont Ltl1 vend la laine et la chair !
» Quant à nous, nous ne désarmerons que lorsqu 011 aura fait droit à nos justes revendications, et si on a recours encore à la force, pour les repousser, nous 1 e disons, à la face du ciel, nous saurons les défende jusqu'à la mort! »
Kfavc Pigeon ! il avait vu tant de choses, qu'au rc- ®Ur de Calédonie nous l’avons retrouvé anarchiste de y^olutionnaire autoritaire qu'il avait été, sa grande !tI h‘grîté lui montrant le pouvoir comme la source de to,| s les crimes entassés contre les peuples.
Narbonne, ne voulant pas se rendre, on fit venir des troupes et dès canons. Les autorités île Montpellier Envoyèrent deux compagnies du génie, celles de Tou- 0t, se foürn iront l 'artillerie, celles de Fois, F infanterie. ar cassonne envoya de îa cavalerie; Perpignaji, des Compagnies d’Afrique. Le général Zents prit le comuiandernont de cette armée, à qui un suggérait qu’il pliait traiter comme des hyènes et des ennemis de humanité, ces gens qui se soulevaient pour la justice p 1 humanité.
Ouanjd on leur eut fait sentir l'odeur du sang, on oécoupia ces meutes.
4 combat commencé de nuit, dura jusqu’à deux leiir es de l’après-midi .
ha ville n’étant plus qu’un cimetière, elle se rendit.
’ igenn resté seul à l'Hotel-de-Y ille ne voulait pas [' d |étuler, la foule l'emporta; le lendemain seulement, 1 hit arrêté, ne voulant pas se dérober.
bix-neüf soldats du 52 1 ‘ de ligne- condamnés à mert* Pour avoir refusé de tirer sur le peuple, ne fuient Pas exécutés parce qu'on craignit les vengeances po- Polaires* on sc contenta de passer par les armes soinrenient ceux qu’on rencontra dans la lutte.
Narbonne conserva les noms des dix-neuf du conseil
feuerre.
^ étaient : Meunier- Varacbe. Ilenon. Bossard , Meyer, feenain Mal are t, Lestage, Arnaud. Itoyer. Moua- -Ol, Lcgat, Pucos, Adam, Pclibcssartj Garnier, l'har-
r ’ lf, L lie né*
-^u Creuèot, le soulèvenaent avait eu lieu avant la ^niiïiune de Paris, il commença par un guet-apens,
contre les ouvriers sur la route de Montchanin, où ® chaque révolte ils se rendaient d'abord pour averU 1 leurs camarades.
Des individus suspects, ayant été vus sur la route? en voulant se rendre compte, quinze hommes y furent tués, par l'explosion d’une bombe qui y avait etc placée : c’est ainsi que le gouvernement pensait avoii arrêté le mouvement.
Le Creusot s'éveilla, à la nouvelle du 18 mars; une première fois les troupes furent relirées : Faites votre Commune, avait dit le commandant. Le Creusot se mit en fête, criant : Vive la République î Vive la Commune.
Alors, la troupe revenue en plus grand nombre dis* sipa les manifestants, qui cependant purent faire p r *' sonniers des agents de Schneider, qui se mêlaient dans leurs rangs, en criant : Vive fa guillotine ! avouèrent leur mission d’agents provocateurs.
Les révolutionnaires du Creusot envoyèrent dc s délégués à Lyon et à Marseille, où régnait une grands agitation.
A Lyon, la place de la (luillotière était pleine de foule, un appel affiché dans toute la ville, conviait l 05 populations à ne pas être assez lâches, pour laisse 1 assassiner Paris cl la République.
Non, les Lyonnais n’étaient pas lâches, mais le préfet A aient în et le général Crauzat, disposant de fo ! C(?s considérables, ils s’en servirent comme ils ne l’eussent jamais fait contre l'invasion.
La garde nationale de l’ordre se réunit ù l’année , léciasement de la Commune de Lyon commença.
, Le combat dura cinq heures à la Guiilotière et * nombreuses places dans la ville;
Albert Leblanc, délégué de l'Internationale, ii'avu* 1 P u passer pour aller a la (iuiljptîèré, prit dans la v ^ c sa place de combat.
Après ces cinq heures de lutte terrible d'homn 105
n Ltl armés contre des bataillons, la Commune de Lyon
fid morte.
Des secousses, pareilles à celles qui agitent : es menaces de quelqu’un frappé mortellement en pleine vie, Se firenjt sentir longtemps dans les grandes villes après fi lJ e le mouvement y eut. été saigné â la gorge.
De nombreux documents existent sur les soulèvements de bordeaux. Montpellier, Cette, Béziers, Clermont, Luncl, L ’ Hérault, Marseillan, Marsi Hargnes, dontbazin, Gman, Maraussan, AÉieilhan, Villeneuve les
^ Toutes ces vides et nombre d'autres avaient résolu a envoyer des délégués à un congrès général qui de- Vf dl s’ouvrir le 14 mai, au grand théâtre de Lyon.
Les lettres de réprobation furent envoyées à Yerpar les. villes de province. On sait les noms dé Grenoble, Ayons, Mâcon , Valence, Troycs, Limoges, * >; >tniers, Béziers, Limoux, Vîmes, Draguignan. Chaudes, Agen, Montélimar, Vienne, Beaune, Roanne, ’-odève, Tarare, Chàlons. Maton, bien informé, comprit par milliers les lettres indignées de province à la v dle maudite.
Lu apprénant la nomination de la Communede Paris, Mans se leva. Deux régiments de ligne envoyés de dénués et des cuirassiers appelés pour écraser, les f^âni testants, fraternisèrent avec eux.
Le comité radical de Mâcon inscrivit à la tète de s ° !l manifeste envoyé à la Commune :
« Lu République est au-dessus du suffrage universel.. . » Les coups d’Ktat et les plébiscites sont les causes ^d'octes de tous les malheurs qui nous accablent, »
Le plébiscite venait encore de le montrer et la nomination de rassemblée de Bordeaux n'est pas sans lu y$tèrcs quand on se rend compte du mouvement qui y^Ua la France entière. Du reste, les dessous du suf- ! Mge universel ne peuvent être un secret pour per-
LA commukf;
sonne ; si on ajoute l’effroi des répressions, on verra q 11 * 1 l'3S villages seuls purent être complètement dupes, tout le reste du pays fut maintenu par la terreur.
L’adresse du comité radical de Mâcon à la Commun e de Paris était signée : l 1 . Ordinaire, Pierre Richard? Orieat, Lauvcrnîer, Seignot, Verge, Chachuat, .lonass Guinet, en date du 9 mars 71.
Les républicains de Bordeaux publièrent également leur manifeste, et le projet d'un congrès convoqué â Bordeaux, dans le but de déterminer les mesures 1^ plus propres à terminer la guerre civile, assurer R' franchises municipales et consolider la République-
La L- unmune était alors la forme qui semblait l* 1 plus facile pour assurer lu liberté. Ce manifeste était smné : Léon IJillol, journaliste, Chevalier, négociant? Cousteau, armateur, Belboy, conseiller municipal. Peli* guy. ingénieur civil, Depuget- négociant, Sureau, cap'* tainede la garde nationale, Martin, négociant, Millionchef de bataillon de la garde nationale, Parabcre, idem? Pnulet, conseiller municipal sortant. Roussel, négociant? Docteur Sarre au : journaliste, Sauge on : ancien conseil* 1er général de la Gironde, Tresse, propriétaire.
Tous gens venant à la Commune non par entraîne* ment, mais en considération des tendances générales* peut-être aussi en dégoût des menées de Versailles» dont on peut avoir une idée par la circulaire qui suit* transmise hiérarchiquement, et dont on eut donnais* sauce par une mairie de Seine-et-Oise.
« Note pour M. le maire ,
» Surveiller journellement les hôtels et les garni*’ tenir la main à ce que les maîtres de ces établissements inscrivent sur leurs registres de police le nom des personnes admises à loger, faire représenter ces régis* tivs à la mairie, au commissaire dé police, ou à la gen* darmerie.
n Inviter- par un arrêté spécial, les particuliers qui jugeraient momentanément fies étrangers à la localité, a ça faire la déclaration à la mai rie, en donnant le •inni ries personnes, avec le lieu et la date de la nais- San ce, leur domicile et profession.
Surveiller les auberges, cafés et cabarets. 12m- Pécher qu’aucun journal, de Paris, puisse y être lu. »> ^’outc la hiérarchie des employés, hauts ou petits. ^ gouvernement de Versailles, devait s'occuper de besognes policières, et la France entière était devenue Utle souricière. — A mesuré que se découvraient ces ^dignités, les consciences se révoltaient.
A Rouen, dès les premiers jours d'avril. les francs* *P a 5ons déclarèrent adhérer pleinement au manifeste °*Iicie] i | h rniiseil de l’ordre, qui porte inscrits sûr son drapeau. les mots liberté, égalité, fraternité. — Prêche
a Paix parmi les hommes, et au nom de l’humanité, Proclame inviolable la vie humaine et maudit toutes guerres, il veut, arrêter reiîusion du sang et poser ^ es bases d’une paix délinilive, qui soit l'aurore d’un ÎVenir nouveau.
Voilà, disaient les signataires, ce que nous demnndoiis énergiquement, et si notre voix n’est pas enten- . nous vous disons ici que Inhumanité et la patrie 'exigent et l’imposent.
hé président d'honneur de la maçonnerie rouen- Desseanx. — Le vénérable des Arts réunis, Wédiard: le vénérable do la Constance éprouvée, Lora ud: le vénérable de la PqrsjBvérânce couronnée, 12.
'ienol.
hes T : S. des Arts réunis et de la Persévérance
c °nronnée, Médian! ctOoudy; le président du conseil Philosophique. Dieutie, et par mandements des .ateliers ' unis et dé l’Orient de Rouen; le secrétaire Jules
Godefroy.
h effusion du sang! L’humanité! Combien ces gens*
/V J. r-ta'
là, malgré leurs titres moyen-âge, partaient une Un 1 ' gue inconnue encore des sauvages de Versailles !
Le 2G avril, cinq cents membres répondant à Fapp c * du comité fédéral, se réunirent salle de la Fédération* à deux heures de l’après-midi. Le parquet fit cerner la salie, et le commissaire central Gérard, avec vingt' cinq agents, firent leur entrée, pour procéder à dés arrestations, iis trouvèrent la salle vide, l'heure de là réunion ayant été avancée, ils saisirent quelques p :l * piers, et se rendirent chez les membres de la fédéra* lion de 1 Internationale. Quelques-uns furent arrêtés ■ Vaughan, Cord’homtqe, Mondât, Fristch. Boulanger.
(.'eux qu’on pensait les meneurs étant sous les verrous, les autorités craignant encore, parlaient de b’S envoyer à iSelle-IsIe-en-31er, ou même plus loin; vingt' cinq composaient cette première fournée.
Le Gaulois publia à Versailles, des détails effrayants sur les prisonniers.
U y avait tant de découvertes et ramifications, q# e malgré ladiligence faîteau parquet criminel de Itou eu • pour terminer l'instruction du procès des Communëu*’
1 a flaire trop complexe ne pourrait être évoquée un* médiatemenl. 'y*
« Le secret qui avait d’abord été appliqué aux pO' sonniers venait d'ôtre levé.
» .Nous pouvons, ajoutait le Gaulois , fournir quelque details sur les principacux accusés.
» Gord homme le principal est à la fois riche ]> r0 ' priétaire et marchand de vins en gros; il avait été eh 1 conseiller général pour le faubourg de Saint-Sévd lors des élections de 70.
Opinions politiques à part, il est assez aimé dans le pays, c'est un honnête homme qui a toujours eu l ;l ma nie ré vo 1 uti o n n a ire.
» Y aughan , adjoint au maire de Darnetal pJ‘é s Rouen, membre très influent et très actif do fintef'
n ationaIc. passe pour un chimiste distingué, est-ce à Ce lfi qu'j} a du la verve plus que gauloise, avec la- 'icelle il a écrit un poème sur certain sujet; Carabronnc ^it dans su cellule des vers sur le directeur de la pri- Son » attitude très ferme.
Delaporte, ancien rédacteur du journal le Patriote, opprimé par P autorité prussienne, jeune homme r I u ’oü dit être très intelligent.
* + m m** * mm*****’ ******
» Les pièces relevées par M. Leroux, jugé d’iustrucsont au nombre de deux.
» La première est un appel à l'abstention pour les dernières élections municipales.
Yi Appel formulé d’une façon blâmable, vis-à-vis du gouvernement légal de Versailles.
h La seconde, est une adhésion à la Commune de D^ris, ou du moins une copie non signée de cet acte. Ce Ue pièce trouvée chez le nommé Frossart, coirdon* nier à Ejbeuf; également impliqué dans le complot.
^ {Le Gaulois , 14 avril 1871.) .
Ce n’est pas d ’aujoimi hui, que lesbi ouiüons non signes, comptent comme rcvéLus de signatures. Ce n’est P*‘S d’aujourd'hui non plus, que ceux qui réclament
liberté, se défient de celle que leur ope l'ennemi,
les élections auxquelles les révolutionnaires de iîouen re fusaienl de prendre part, devaient être quelque chose c °mme un plébiscite gouvernemental.
La population apeurée de Versailles, devant ces ac- Cu sationsqui n'en étaient même pas, tremblait d’épou- ?&nfcc, conseillant de se tenir sur ses gardes, parce qu’un o es accusés HidneU ancien officier d’état -major de Fur- %ée du Havre, contre lequel ou ne trouvait absolument avait été mis en liberté provisoire- sur sa Parole, de se présenter à la prison si on découvrait Quelque chose.
A Montpellier, Toulouse, Bordeaux, Grenoble, Saint-
Etienne, le mouvement toujours étouffé se révri liait toujours; les journaux poursuivis renaissaient de leurs cendres, emplissant A'crsailles d’elïroi. malgré ses canons bombardant Issy, Neuilly, Courbevoie, et les armées de volontaires appelés contre Paris, sans grand résultat, étaient si intime minorité que. Versai liés ait*' rai t par la peur de vair partager ce qu ils n'avaient pas.
A Paris, naife au contraire par générosité, les Coinmuneux laissaient le vieux et non moins naïf lieslay» coucher a la Banque pour la garder au besoin de sa vie, s imaginaient l 'honneur de la Commune attaché là- Sur la loi de de Pleue, il crut avoir sauvé la révolution en sauvegardant la forteresse capitaliste.
Il y eut un moment où tous, à Paris, venaient à ^ Commune, tant YersaUlesrse montrait féroce, toutes lc s vifles.de France demandaient là fin des tueries (elles ne faisaient que commencer).
Le manifeste de Lyon, en date du 5 mai. disait q u § dclous colés des adresses avaient été envoyées à l’Assemblée et à la Commune pour leur porter des paroi ' d apaisement, la Commune seule répondait.
Paris assiégé par une armée française après l’avoir été par les hordes prussiennes, tend une fois encore ses mains vers la province ; il ne demande pas son concours armé mais son appui moral; il demande que son autorité pacifique! s’interpose pour désarmer les coin*
battants. La province pourrait-elle rester sourde à cc suprême appel ?
Ce manifeste était signé par Ses membres de ranci® 11 conseil municipal, Barodet, Barbccat, Barnjy, Bouvnlier, lîriulon. Chepié, Colon, Condamin, Chaverot. Col" lin, Chrestin, Ilegoulet. Despagnes, Durand, Ee roui l h v 1»
1 Te non, membres du conseil sortants ; II i vert, Michaüd* A alhier, Pascot, Ru fil n, Vaille, Yallier, Chapuis, Vcf' lucres, élus du 30 avril, démissionnaires.
La ville de Ve vers envoya à la Commune, un mnn*'
teste demandant l'union indissoluble entre Paris et la
r ^nce, la prompte dissolution, et au besoin la ytéancc de r Assemblée de Versailles, dont le mandat fteit expiré,
De comité républicain de .Melun, dont la devise était : " rt D’c dans la liberté! déclara se rallier à ceux qui cherchaient à guérir les maux du pays, non en réta-
bli
ssaut un ordre de choses suranné, mais en assurant
avenir. Les membres de ce comité se nommaient Au* c.^ge, Baucal fils, Dérouge mont, Dandé, Despagnat, telhiré, Dorinoy, Drouin, Dupuy, Finot père. Pensé,
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iv, ‘t, Pernetaini, Fouteau, Biol, Uobillard, Sabv,
nias, \ inné baux. Le manifeste fut envoyé dès le mars 1871.
A Limoges, le 4 avril, les soldats d’un régiment de
’^ne qui y était caserne ayant ieçu l'ordre d aller
re n forcer l’armée de Versailles, ta foule les conduisit
u * a gare, leur fit jurer de ne pas s'employer à l’égor*
Ornent de Paris, ils le jurèrent en effet, et remirent
teiirs armes À ceux qui les reconduisaient, puis retour*
r terent la caserne, où devant leurs officiers la ville
teut entière leur lit une ovation.
■-es autorités se réunirent ù Khôtel-de- ville, et le
Préfet étant en fuite, le maire se chargea de la répres-
Sj0ïl » il ordonna aux cuirassiers de s’emparer du delà*
Peinent qui refusait d'obéir, et fie charger la multi-
; alors le combat s'engagea et bientôt devint
terrible, le parti de l'ordre, en force, eut la victoire,
iïla is It* colonel des cuirassiers et un capitaine furent tués.
Dans le Loiret, le mouvement révolutionnaire futconsîdérabl'e il y avait à Paris un comité d’initiative éner- ^que ayant pour secrétaires François David, de Iîati le* r 11 '- Loiret, Garnier et Langlois, de Meug-sur-Loire, s envoyèrent des délégués chargés de s’entendre avec
4 Commune.
L'association jurassienne, les habitants de plusi9 ur& villes de Seine-et-Marnç, (et même de Seiâc-éi-Ois e ) niai gré Versailles avaient également à Paris des co|pij tés correspondants. . M
Au nord de la France, toutes les villes industrielles aussi bien que les villes du Midi voulaient leur Go* 11 ' mime.
L Algérie, des le :Ï8 mars, donna son adhésion [ iaI l’adresse suivante. :
(( A la Commune de Paris ,
La Commune de V Algérie.
a Citoyens,
» Les délégués de l’Algérie déclarent au nom de tou® leurs commettants, adhérer de la lagon la plus absolu 0 à la Commune de Paris.
>> L'Algérie tout entière revendique lés libertés coin? munales:
» Opprimés pendant quarante années par la douhl° concentration de l’armée et de l'administration, la coJO' nie a compris depuis longtemps que J 'affranchi ssérneù| complet de la Commune est le seul moyen pour d’arriver à la liberté et à la prospérité. »
» Paris, le 28 mars 1870.
Alexandre LXmiibrt , Lucien Rasüel,
Louis Calviniiac.
L h manrtpai tort de Toulouse quelques jours après 18 mars jugeait ainsi les hommes de Versailles.
« H y a en effet un complot, organisé pour excite 1 ’ * la haine des citoyens les uns contre les autres, et p 0,ir faire succéder à la gueiTC contre l’étranger la hideus® guerre civiie. Les auteurs de cette criminelle tentath ' 0 sont les drôles qui se gratifient indûment du titre 4® défenseurs de l’ordre, de la famille et de la propriété-
h L'ùn des agents les plus actifs de ce complot con- ; l ’ e (ai silreté publique s'appelle Yinoy; il est général et ^t sénateur.
L' Emancipation de Toulouse, lin mars 71.
Les premières histoires de 71, écrites lorsque legou- 'eriiement était encore en délire de sang, n'osèrent à C:i «se des répressions, tou jours à craindre, mentionner 9 ÜS les soulèvements révolutionnaires de France, corres pondants ù la Commune, à ceux d'Europe, et du Inonde, Espagne, Italie, Russie, Asie, Amérique. I/hisen est partout à écrire comme prologue de la siprésente.