‹ Louis Michel La Commune 1898Chapitre 36 sur 68 · iomphante, l'éternel orient · texte numérisé non relu

iomphante, l'éternel orient

Combien de victin es jusque-là encor'.' ? Enlisant

l’incrovable affaire du tueur de bergers, on se rend 1 /

compte de la rage de tuerie, qui tient partais un être, parfois une collection d’êtres; ainsi enragée de sang, fut l’armée de Versailles.

• Ce sont des épidémies morales pires que la peste, mais qui disparaîtront avec V assainissement des esprits dans la consciente liberté.

X il!

affaire de l’échange deblanoui costre l arche y moue

ET D’àtJTRES OTAGES

Certain nombre de notes biographiques avant paru sur Blanqui, je me bornerai à quelques lignes.

Blanqui fut tout d’abord condamné à une détention Perpétuelle pour tentative insurrection nnelle le 13 mai 1839; il subissait sa condamnation au Mont-Saint- ^lichel, avec quelques-uns de ses compagnons de lutte, quand la république du 24 février 1348 le délivra: Bientôt lâchement accusé par ceux qui craignaient sa clairvoyance , il se contenta de répondre.

U Qui a bu aussi profondément que moi à la coupe d'angoisse, pendant un an Eagonie d’une femme aimée

s éteignant loin de moi, dans le désespoir et depuis

quatre années entières, en tête-à-tête éternel dans a

solitude de la cellule avec le fantôme de celte qui n'était plus. ' '

» Tel a été mon supplice à moi seul dans cet enfer du Dante.

» d'en sors les cheveux blancs, la tête et le cœur brisés,et c est moi, triste débris qui traîne par les rues un cœur meurtri sous des habits râpés, c’est moi qu'on foudroie du noui de vendu tandis que les valets de Louis-Philippe métamorphosés en brillants papillons républicains voltigent sur les tapis de l’hôtel-de-viHe, lleti issauL du haut de leur vertu nourrie à quatre services le pauvre -lob échappé des prisons de leur maître, »

De nouveau condamné, la révolution du 4 septembre lui ouvrit les prisons de Belle-Isle.

Après le plébiscite du 3 novembre, il avait prédit h 1 capitulation.

« Le dénoûmcnl n'est pas loin, écrivait-il : les comédies de préparai, iis de défense, sont désormais superflues. L'armistice et ses garanties ; la peur de la défaite ensuite dans tout son opprobre. Voilà ce que l'hôtebde ville, va imposer à la France. »

La capitulation: vint après les serments du 31 octo*

bre, les m; raillades et les serments, elle fut oubliée le 28. ; "

Blanqui fut arrêté comme ayant participé au mouvement du 31 octobre, il ne sortit qu'à l’amnistie; son ai i estation fut faite le 19 mars 71, sur l'ordre de M* 1 hiers, flans le 31 id i de la France.

II était condamné par contumace à la peine de mort, quoique le gouvernement eut promis qu’il n'y aurait pas de poursuites pour l’affaire du 31 octobre.

Quoique blanqui eut été nommé membre de la Coiniiiuiio > on ignorait absolument tjucl sort lui avait él<5

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a ‘t; on ne savait s’il était mort ou vivant, ou plutôt on Craî gn|Ù qu’il ne fût mort.

Quelques-uns de ses amis espérant encore, pourtant S0l, &èrent à payer pour sa liberté.

Ue gouvernement de Versailles semblait tenir par- ^ulièrement à l’archevêque de Paris, et à quelques ^tres prêtres. Une commission dont faisait partie * ü He, ancien compagnon de cachot de Blanqui, tenta e négocier l’échange.

flotte alla d'abord trouver l'archevêque à Mazas, et | e concert avec lui, prépara l’affaire qui semblait à ° Us les points de vue une heureuse idée.

" fut décidé que le grand vicaire Lagarde irait à ei saïiles proposer l'échange à M. Thiers, et rapporera it la réponse.

h alïaire fui conduite par Rigaiïd, avec une grande Mcatcsse, ce procureur de la Commune qui cachait grande sensibilité sous un spectieisme voulu.

tr pensée ne vint ni à lui ni à personne, que La- ^ede ne reviendrait pas.

, Busse-je être fusillé, dit-il à Flotte, en le quittant

u gare de Versailles, je reviendrai : pourriez-vous

. * re que j'aie la pensée de laisser monseigneur seul ici ?

ji

Legrand vicaire emportait à M. Thiers une lettre e 1 archevêque, longp et explicative

Darboy , archevêque de Paris,

A i)J. Thiers , chef du pouvoir exécutif.

Prison de Mazas.

« Monsieur,

J ai l’honneur de vous soumettre une commun ica-

la° Ü ÎUe ^ ai re ^ :ue hier soir, et je vous prie d’y donner j & uî Le que votre sagesse et votre humanité jugeront a plus convenable .

» Un homme influent très lié avec M. Blanqui, p ar certaines idées politiques et surtout parles sentiment d’une vieille et solide amitié, s'occupe activement de faire qu'il soit mis en liberté; dans cette vue il il proposé de lui-méme aux commissions que cela com cerne cet arrangement :

» Si Al. Blanqui est mis en liberté, l'archevêque Paris sera rendu à la liberté avec sa sœur, AL le pr e ' sident Bonjan, AI. Deguèrry, curé de la Aladcleine, hagarde, vicaire général de Paris, celui-là même q ul vous remettra la présente lettre.

» La proposition a été agréée* et c’est à cet état qu'on ine demande de l’appuyer près de vous.

» Quoique .je sois en jeu dans l'affaire, j’ose la rC ' commander à votre haute bienveillance : mes motif 5 vous paraîtront plausibles, je l'espère.

» Il n'y a déjà que trop de causes de dissentiment d'aigreur parmi nous, une occasion se présente de faire une transaction qui du reste ne regarde que l fS personnes et non les principes ; ne serait-il pas sag ô d'y donner les mains, et de contribuer ainsi à prép a ' rer l’apaisement des esprits? L'opinion ne comprendrait peut-être pas un tel refus.

» Hans ies crises aiguës comme celle que nous traversons, dos représailles, des exécutions par l'émeute quand elles désignent les uns à la colère des ailtreS aggravent encore la situation.

)> Permettez -moi de vous dire sans autres détail 3 ! que cette question d’humanité mérite de fixer toute votre attention dans l’état présent des choses à Pari-'

” Oserai -je, monsieur le président, vous avouer dernière raison? Touché du zèle que îa personne dont .i e parle déployait avec une amitié si vraie en faveur >P' AL Blanqui, mon cœur d’homme et de prêtre n'a pa 5 su résister à ses sollicitations émues, et j’ai pris l eD ' gageaient de vous demander l’élargissement de ^1*

^•Tliqui, le plus promptement possible; c’est ce que je vîe ns de faire.

n -Je serais heureux . monsieur le président, que ce je sollicite ne vous parût point impossible; j 'au* r, 'ds rendu service à plusieurs personnes et à mon pays entier.

» Darboï, archevêque de Paris. »

Flotte anxieux reçut enfin le IG avril cette lettre de

hagarde .

Versailles, ici avril 1871.

« .Monsieur Flotte,

-Monsieur,

«•lui écrit à monseigneur l’archevêque sous le cou* Vt ■ rt ri e M. le directeur de la prison de Mazas, une lettre f I u > lui sera parvenue, je l’espère, et qui sans doute a f; l ( * communiquée ; je tiens à vous écrire directement CfJ mme vous m’y avez autorisé pour vous faire connaire les nouveaux retards qui me sont imposés.

-l’ai vu quatre fois déjà le personnage à qui la let* * te ( le monseigneur était adressée, et je dois, pour me informer à ses ordres, attendre encore deux jours la ^ponse définitive.

» Quelle sera-t-elle:' Je ne puis vous dire qu’une ( %se, c'est que je n ai rien négligé pour qu elle soit ^‘ 1, ïs le sens île vos désirs et des nôtres.

» Dans ma dernière visite, j’espérais qu'il en serait ’ tln si et que je reviendrais sans beaucoup tarder avec C( Hte bonne nouvelle.

» On m’avait bien fait quelques difficultés, mais on C’avait témoigné des intentions favorables. Mal heufusement la lettre publiée dans Y Affranchi et apportée l,; * après celte publication aussi bien qu'âpres la remise la mienne a modilié les impressions: i! y a eu cori- Se »l et ajournement pour notre affaire, puisqu’on m'a

formellement invite ;ï différer mon départ de deux jours : c’eût que tout n’est pas Uni, et je vais me remettre en campagne. Puissè-je réussir encore une foi 5 ’ vous ne pouvez douter ni de mon désir, ni de inon zèle.

» Permettez -moi d’ajouter qu’outre ies intérêts s 1 graves qui sont eu jeu et qui me touchent de si près, J e serais heureux de vous prouver autrement que par des paroles, la reconnaissance que m’ont inspiré vos procédés et vos sentiments. Quoi qu’il arrive et quel que suit le résultat de mon voyage, je garderai, croyez-lc bien» Je meilleur souvenir de notre rencontre.

j» Veuillez à l'occasion me rappeler an bon souvent de l’ami qui vous accompagnait et agréez, Monsieur, 1® nouvelle assurance de mon estime et de mon dév^ ,ue ' ment.

» E. F. Lagarde. »

« Devant cette première reculade, l'archevêque douta plus que Flotte, qu'ils étaient terriblement honnêtes, et naïfs les hommes de 71.

yj *

» II reviendra, disait* il encore. L’archevêque lai 5Sil voir quelque émotion, il connaissait mieux Thîers et Lagarde.

» Quelques jours après, Flotte lut demanda une lett 1 ’ 0 qu’il voulait porter lui-même; mais après Jes premiers laits, on commençait à se délier ; une personne sih’ c partit à la place de Flotte, qui connue ami de 131anq lllj pouvait être conservé. »

Voici cette lettre :

« L archevêque de Paris à M. Lagarde , son grand

vicaire .

» M. Flotte inquiet du retard que paraît éprouver * c retour de M. Lagarde, et voulant dégager vis-à-vis d® ia Commune, la parole qu’il avait donnée, part p° ut

Versailles à retïet de communiquer son appréhension négociateur.

» Je ne puis qu'engager M. le grand vicaire à faire connaître au .juste à M. Flotte, l’état de la question, et * s'entendre avec lui, soit pour prolonger son séjour encore de vingt heures si c’est absolument nécessaire, s °ît pour rentrer immédiatement si c’est jugé plus convenable.

» De Mazas le 23. avril 1871.

» L'archevêque de Paris. »

hagarde fit remettre au porteur de la lettre les mots suivants écrits au crayon en hâte.

« M. Thiers me retient toujours ici et je ne puis S’attendre ses ordres. Comme je l’ai plusieurs fois <if “rit h Monseigneur, aussitôt que j’aurai du nouveau je m’empresserai d écrire.

» LaGARDB'. »

11 ne s'empressa que de rester, et fut lâchement complice de Thiers. qui voulait rendre impossible â la Commune, d’éviter à moins de trahison, la mort des °tages.

J > i an qui avait été arrêté très malade, chez son neveu hacambre, il était possible qu’il fût mort ; madame An*

foine, la sœur, écrivit alors à M. Thiers ce qui suit:

« A M. Thîers , chef du pouvoir exécutif.

» Monsieur le président,

» Frappée depuis plus de deux mois d’une maladie Çui me prive de toutes mes forces, j’espérais néanmoins en retrouver assez pour accomplir auprès de v °u$ la mission à laquelle ma faiblesse prolongée me force aujourd’hui de renoncer.

» Je charge mon fils unique, de se rendre à Versailles, pour vous présenter une lettre en mon nom, et

fV ii.

LA COKMÜXE

j’use espérer, Monsieur le président, que vous voudra Iden accueillir sa demande.

» Quels qu’aient été les événements, ils n’ont en a u ' cun temps, proscrit les droits de l'humanité, ni fa! 1 1:1 Ij - M| 1 ni! 1 1 re ceux de la famille, et c est au nom de ces droits que je m’adresse à votre justice, pour connaît i’ e 1 état de la santé de' mon frère, Louis Auguste Blafl' qui, arrêté éLant fort malade, le 17 mai dernier, sans que, depuis ce temps, un seul mot de sa part, soit venu calmer mes douloureuses inquiétudes sur sa santé, si sérieusement compromise.

» Si c est une demande au delà de ce que vous po u ' vez accorder, monsieur le président, que de solliciter une permission pour le voir, ne fût-ce que pendant de courts instants, vous ne pouvez refuser à une fauiiU c désolée, dont je suis F interprète, l'autorisation, pou r mon frère, de nous adresser quelques mots, qui nous rassurent, et pour nous, celle de lui faire savoir, q u ^ n e>t point oublié, dans son malheur, par les parents qui le chérissent à juste titre. »

» Veuve Antoine née Bcaxqui. »

M. J’hiers it répondre que la santé de Blanqni était fort mauvaise, sans donner cependant pour sa vie» des inquiétudes sérieuses, mais que malgré cette considération et le^ inquiétudes de madame Antoine, d

refusait formellement toute communication, soit écrite , soit verbale, avee le prisonnier.

I Iode s entêtait a l’échange. 11 demanda une s®' conde lettre à, 1 archevêque, elle fut remise pour Lagarde, grand vicaire de l’archevêque de Paris.

« M. hagarde, au reçu de cette lettre, et en quel' que état que se trouve la négociation dont il est chargé* voudra bien reprendre immédiatement le chémin de Paris et rentrer à Mazas.

» On ne comprend pas ici, que dix jours ne suffisent*

P a $ à un gouvernement, pour savoir s’il veut accepté 0u «on, l’échange proposé — le retard nous compromet gravement, et peut avoir les plus lAcheux résultats.

» De Mazas le 23 avril 1871.

» L'archevêque de Paris. »

hagarde ne revint pas.

Jamais pour ma part, je n avais eu le moindre doute MtI ‘ la manière d’agir de M. Thiers en cette circons t:i nce, mais l’idée que hagarde pouvait ne pas revenir, «le fiH jamais venue ni à qui que ce fût.

Autrefois, le docteur Né lato n, plus généreux que le ^présentant de la Uéputilîqrue bourgeoise, après que «« doses internes ent aidé à une évasion de Blanqui “Vait complété la chance, en ajoutant l'argent du v,) yage; mais, comme toutes les castes qui achèvent disparaître, la bourgeoisie de plus en plus se cor

r °mpt.

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