‹ Louis Michel La Commune 1898Chapitre 38 sur 68 · L EGORGEMENT · texte numérisé non relu

L EGORGEMENT

An cri vire la République 1 Tiîuibfl Je Tflisseau Jo Vengeur/

( Vieille Chanson . )

Un puis avant rentrée des 25.000 hommes du général

"’iav, un- membre de.la Commune, Lcfrançais, parcqu- :! la zône île la défense fut frappé de l’état de soii- '*de el d’abandon de la porte de Saint-Cloud.

^ans le hasard qui avail servi la trahison de Ditcac’étaient îes portes de .Montrouge, Vanves, Vau- Sirnrd que le comte de Beau fort avait indiquées t\ M. i? hiers comme étant les moins bien gardées, ^français envoya à Delescluze un avertissement

r l u * ne lui parvintpasà temps. — Dombwroski. prévenu son côté par un bataillon de fédérés, envoya des Plantaires, qui momentanément arrêtèrent les Ver- Sfl illais, leur tuant un officier en travers du quai; ceux r ! ,J * jusque lit, avaient cru que la bataille engagée trop ^ p d, serait encore à recommencer, se disaient main- ^oant : Paris vaincra ! etdureste.il mourra invaincu!

JI *si avaient fait Carthace, .\ muance, Moscou, ainsi

ïl Ous ferions.

Bombwroslii envoya à Montmartre un ou deux fëdé-

rés, madame Danguet, Afariani et moi. Nous devions tâcher d’arriver et dire qu'il fallait se hâter pour la défense.

de ne sais quelle heure il était, la nuit était calm e et belle. Qu'importait l’heure ? il fallait maintenant rju fi la révolution ne fût pas vaincue, même dans la mort.

A la Commune les défiances avaient triomphé, d quand arriva la dépêche de Doinbwroski apportée p aI ’ lïillioray, Cluseret accusé de négligence comparaissait comme si on avait eu le temps de discuter.

La séance est terminée, Cluseret acquitté, il n’y a plus d’autre préoccupation que la défense de Paris.

La lettre de Doinbwroski était explicite.

Dombwroski à guerre et Comité de salut public.

« Les Versaillais sont entrés par la porte de Saint- Cloud.

» Je prends des dispositions pour les repousser. vous pouvez m’envoyer des renforts, je réponds d® tout.

» Dombwuoski. »

Le Comité de salut publie se réunit à l'Hôtcl-de-VilI®* on prend h la InUc les premières dispositions, chacun emploie son courage.

L’égorgement commençait en silence. Assi allant du côté de la Muette vit dans la rue Bethowen des hom* mes qui, couchés à terre, semblaient dormir. La nuit étant claire, il reconnaît des fédérés et s’approche pour les éveiller, son cheval glisse dans une mare de sang ■

Les dormeurs étaient des morts, tout un poste égorg®*

L 'Officiel de YersailL s n'avait-il pas donné la march® pour la tuerie, on s'en souvient.

« Pas de prisonniers ! Si dans le tas il se trouve un honnête homme réellement entraîné de force, vous 1® verrez bien dans ce monde-là. Un honnèle homme s® distingue par son auréole; accordez aux braves soldat»

a liberté de venger leurs camarades en faisant sur ie théâtre et dans la rage meme de l'action ce que le len- ^main ils ne voudraient pas faire de sang-froid. » tout était là. On persuada aux soldats qu’ils avaient Uv enger leurs camarades ; à ceux qui arrivaient déli- Vf és de la captivité de Prusse, on disait que la Commune s'entendait avec les Prussiens et les crédules s abreuvèrent de sang dans leur rage.

Afin que comme au 18 mars l'armée ne levât pas la Cr °sse en Pair, on gorgea les soldats d’alcool mêlé, guiv ant l’ancienne recette, avec de la poudre et surtout er Uonné de mensonges: à l’histoire trop vieille du mo-

} de scié entre deux planches, on avait joint je ne sais rçael autre conte aussi invraisemblable.

Paris, cette ville maudite qui rêvait le bonheur de to us, où les bandits du Comité central et de la Commune, monstres du Comité de salut public et de la sûreté 11 Aspiraient qu’à donner leur vie pour le salut de tous, pouvait pas être compris par l’égoïsme bourgeois, Phis féroce encore que l’égoïsme féodal, la race bour- § Cr, ise ne fut grande qu’un demi-siècle à peine, après 89. mdescluze, Dijon furent les derniers grands bourgeois Se mblabies aux conventionnels.

bes hommes énergiques de la Commune chacun à ,s °n poste, le fardeau du pouvoir tombé de leurs épaule respect de la légalité anéanti par le devoir de Va mcre ou de mourir; les illusions de l’éternel soupçon dissipées dans la grandeur de leur liberté reconquise devinrent eux-mêmes. Ues aptitudes se dessinaient Sa ns fausse modestie, sans vanités étroites :

Paris, peut-être soutiendrait la lutte ! qui sait ?

Ces il ïx pièces de la Porte Maillot qui n’avaient pas ee s$é dep uis six semaines tonnaient toujours, et comme mujotirs, un artilleur tué sur sa pièce était remplacé ï Kl i‘ celui qui se précipitait.

Jamais plus de deux servants par pièce.

Un marin Craon tenait encore en mourant les d- liX tire-feu qui lui suffisaient pour deux pièces, un de ch a ' que main.

Presque tous les héros de ce poste sont restés i n ' connus.

Ils seront vengés ensemble «\ la grande révolta le jour où sur un front de bataille large comme l 0 monde, l’émeute se relèvera.

A l'aube du 21 la Muette était enlevée, l’armée entourait presque Paris venant rejoindre les 25,000 homm eS qui s’v étaient glissés pendant la nuit.

Tout ce qui s’est passé dans ces jours-ïà, s'entasse comme si en quelques jours on eût vécu mille ans.

Le tocsin sonne ù plein vol, la générale bat dans Paris,

Les fédérés du dehors se repliaient sur Paris, on doute de l’entrée des Vcrsaillais! L'Observatoire de l’Arc-de-Triomphe dément la nouvelle, mais l’idée do défendre Paris domine.

Vers trois heures du matin, Pombwroski arrive an Comité de salut public, i! ne comprend pas l'accusation de suite, enfin il se rend compte : — Quoi? dit-il, on ® pu me prendre pour un traître ? Tous le rassurent lui tendent la main.

Dereure qui avait été envoyé près de lui comme do* ha n nard près de La Ceci! La, Léo Meillet près de AVrobleski ne lui avait pas avec raison parlé fie ccs odieuS soupçons.

Il voit que la confiance est restée, mais le coup porté, Dombwroski se fera tuer.

A la mairie de Montmartre, La Cecillia pile, décidé » tout tenter pour la lutte, cherche ù organiser la défense-

Nous nous retrouvons là, plusieurs du Comité de vt* gilance, le vieux Louis Moreau, Chevalot.

Avec Louis Moreau et deux autres, nous convenons d’aller nous rendre compte, pour faire sauter la butte

Quand les Yersàillais seront entrés; car nous sentons bien qu’ils entreront tout en répétant i Paris vaincra ! ce dont nous sommes sûrs, c’est qu on se défendra jus* Qu’à ja mort.

Sur la porte de la mairie, des fédérés du 61° nous rejoignent.

— Venez, me disent-ils, nous allons mourir, vous ôtiez avec nous le premier jour, il faut y être le dernier.

Alors, je fais promettre au vieux Moreau que la butte Mutera, et je m’en vais avec le détachement du 6 P au cimetière Montmartre, nous y prenons position. Quoique bien peu, nous pensions tenir tenir longtemps.

Nous avions par places crénelé les murs avec nos

mains.

Des obus fouillaient le cimetière devenant de plus e n plus nombreux.

L’un de nous dit que c’était surtout le tir de la butte, qui, étant trop court, tombait sur nous, au lieu d’aller jusqu’à l’ennemi ; dès le 17 mai, on avait reconnu Que ce tir était mauvais, et pendant la matinée, sans doute pour ce motif, on ne s en était pas servi.

Presque tous les fédérés blessés l’étaient par la bulle, °n en avertit en les emportant à l'ambulance.

La nuit était venue, nous étions une poignée bien décidés.

Certains obus venaient par intervalles réguliers ; o:i eût dit les coups d’une horloge, l’horloge de la mort.

Par cette nuit claire, tout embaumée du parfum les fleurs, les marbres semblaient vivre.

Plusieurs fois nous étions allés en reconnaissance, Pobps régulier tombait toujours, les autres variaient,

Jfe voulus y retourner seule, cette fois l’obus tombant tout près de moi. à travers les branches me couvrit de fleurs, c’était près de la tombé de Mürger. La figure blanche jetant sur cette tombe des fleurs de marbre, taisait un effet charmant, j’y jetai une partie des

miennes et l'autre, sur ta! tombe d’une amie, madame Poulain, qui était sur mon chemin.

En retournant près de mes camarades près de la tombe sur laquelle est couchée la statue de bronze de Cavaignac, ils me dirent: cette fois, vous ne bougerez plus. Je reste avec eux, des coups de feu partent des fenêtres de quelques maisons.

Je crois que le jour est venu. Nous avons encore des blessés d’obus. La poignée se réduit et voici l’attaque : il faut .du renfort. On demande qui ira. Je suis déjà loin, ayant passé par un trou de mur. Je ne sais comment on peut aller aussi vi|e, et pourtant je trouve le temps long: j’arrive à la mairie de Montmartre; sur la place pleurait un jeune homme qu’on ne veut pas employer, il n'a pas de papiers, rien, — il me le raconte; mais je n’ai pas le temps. — Venez, lui dis-je, et en demandant du renfort à La Cecillia, je lui montre le jeune homme, qui, lui dit-il, est étudiant, il n’a pas encore combattu* et il veut combattre.

La Cecillia le regarde, — H lui fait bon effet. — Al' lez, dit-il. — Avec cinquante hommes de renfort nous regagnons le cimetière, le jeune homme en est: il est heureux. En avant près de moi, marche Barois, les balles pleuvent, nous marchons vite, on se bat au cimetière. En arrivant nous entrons par le trou, ils ne -■'ül plus là que quinze, et de nos cinquante nous ne sommes plus guère, le jeune homme est mort. — Nous sommes de moins en moins; nous nous replions sur les barricades, elles tiennent encore.

fèapeau rouge en tète, les femmes étaient passées; elles avaient leur barricade place Blanche, il y avait la» Elisabeth hmihei- madame Lemel, Mal vina Poulain, Blanche Lefebvre, ExcofTons. André Ceo était à celles des Batignolles. Plus de dix mille femmes aux jours

de mai, éparses ou ensemble, combattirent pour la H' ber té.

J’étais à la barricade qui barrait l’entrée de la chauss ®6 Cli^nancourt, devant le delta; là, Blanche Lefeb- Vre vint me voir.

Je pus lui oll'rir une tasse de café, en faisant ouvrir d'un ton menaçant, le café qui était près de la barri- Ciclc. Le bonhomme fut effrayé; mais comme il nous

rire, il s'exécuta assez poliment, et on le laissa refermer puisqu'il avait si peur.

Blanche et moi nous nous embrassâmes, et elle retourna à sa barricade.

Un peu après passa Dombwroskt à cheval avec ses officiers.

—- Nous sommes perdus, me dit-il, — Non ! lui dis-je ; B me tendit les deux mains : c’est la dernière mis que

l’ai vu vivant.

C’est à quelques pas de là qu'il fut blessé mortellement, nous étions encore sept à la barricade, quand il l’^ssa de nouveau cette fois, couché sur une civière Presque mort, on le portait à Lariboissière où il mourut.

Bientôt, des sept, nous n’étions plus que trois

Un capitaine de fédérés, grand brun, impassible de* v ant désastre, il me parlait de son lils, un enfant de <touze ans à qui il voulait laisser son sabre en souvenir.

Vous le lui donnerez, disait-il, comme s’il eût été Probable que quelqu’un survécût.

Nous nous étions espacés tenant à nous trois toute fe barricade, moi au milieu, eux de chaque côté.

Mou autre camarade était trapu, les épaules carrées, B avait les cheveux blonds et les yeux bleus: il ressemblait beaucoup à Poulouin, l’ônclë de madame Euf tos, mais ce n'était pas lui.

Ce Breton là encore, n’était plus de ceux de Charette, B mettait à sa foi nouvelle la même ardeur que sans 'toute il avait mise à l’ancienne quand il y croyait.

Il y avait dans cette face pâle le même sourire de sauvage, qu’avait le noir d lssy aux dents blanches

de loup. Celui-là non plus, nous ne l'avons pas revu- /• . A nous trois, on n’etU jamais cru que nous étions

peu; nous tenions toujours» Tout à coup voici des ga f ' des nationaux qui s’avancent, on cesse le feu. — de m'écrie: — Venez, nous ne sommes que trois!

Au même moment je inc sens saisir, soulever et rejeter dans la tranchée de ta barricade comme si on eût I voulu m’assommer.

•• vou * a ^ en effet I car c’étaient les Versai!!* 1 ^

vêtus en gardes nationaux.

B&* On peu étourdie, je sens que je suis bien vivante, j c

’ nie relève, plus rien, mes deux camarades avaient dis* paru. Lès VersaiUais étaient en train de fouiller les mai' sons près de la barricade, je m’en vais, ailleurs encore» comprenant que tout était perdu; je ne voyais \ l ::S qu’une barrière possible, et je criais: — Le feu devant eux! le feu! le feu! La Cecillia n’a pas eu de renforts pourtant. On se battait encore, celles des femmes q 11 * r< n’avaient pas été tuées place Blanche, se rabattirent

r sur les plus proches, place Pigalle.

■ jL On venait d’élever une barricade dans des rues der-

rière la chaussée Clignancourt, à main droite en venant du delta, les VersaiUais, un moment pouvaient être pri^ ■é entre deux feux, pendant que les gens peu expéditif

qui étaient là, discutaient, il n'était plus temps.

Oombwroski après avoir été porté à rilotel-de-Vilb*

. fut emporté pendant la nuit vers le Père-Lachaise. Ko

passant à la Bastille, on le déposa au pied de la colonne?

où à la lueur des torches qui lui faisaient une chapelle

l’ ardente, les fédérés qui allaient mourir vinrent salu eI ‘

le brave qui était mort.

' Il fut enterré le matin au Père-Lachaise où il dort

couché dans un drapeau rouge.

« — Voilà, dit Vermorêl, celui qu’on a accusé de trahir! 11 ajouta: — .lurons de ne sortir d’ici que pour mourir. »

■BfcC < . ■. . 1 '

Son frère, ses officiers, une partie de ses soldats étaient autour de lui.

Les BatignoUès, Montmartre, étaient pris, tout sc changeait en abattoir, I’Elysée Montmartre regorgeait cadavres. Alors, s’a Humèrent comme des torches Tuileries, le Conseil d'Etat, la Légion d'honneur, * a Cour des Comptes.

Qui sait, si n’ayant plus leur repaire il serait aussi tacite aux rois de revenir.

Hélas! ce sont les mille et mille rois de la finance qui sont revenus avec la bourgeoisie.

Ce qu’on voyait alors, c’était surtout le souverain; empire nous avait habitués ainsi.

Le despotisme commençait à avoir de multiples tètes; l ' continua ainsi.

M. T hiers, sitôt qu’il connut la prise de Montmartre

télégraphia à sa manière en province.

Les flammes dardant leurs langues fourchues, lui a Pprirent que la Commune n était pas morte.

C est l’heure où les dévouements ont pris leur place,

* heure aussi des représailles fatales, quand l’ennemi ‘pomme le faisait Versailles, tranche les vies humai' ne s comme une faux dans l'herbe.

Tandis qu’au Père-Lachaise on saluait pour la dernière ">is Dombwroski, Vaysset, qui pour mieux conspirer lv ait sept domiciles à Paris, fut conduit devant toute Hoe foule, sur le Pont-Neuf et fusillé par ordre de Ferré, I 1 avoir tenté de corrompre Domhwroski, il dit ces Paroles étranges : — Vous répondrez de ma mort au l °mte de Fabrice. P... commissaire spécial de la Comfi^one, dit alors à la foule : « Ce misérable, au nom de

Versailles, a voulu acheter nos chefs militaires. Ainsi meurent les traîtres. »

l’out quartier pris par Versailles était changé en abathfir. La rage du sang était si grande, que les Yersaillais Gèrent de leurs propres agents allant à leur rencontre.

Les survivants du combat ont encore le XI e arrondissement. Des membres de la Commune et du comité central se sont réunis à la bibliothèque. Delescluze se lève tragique; de sa voix pareille à un souffle, il demande que ; es membres ue la Commune, ceints de leur écharpé) passent en revue les bataillons. — On applaudit.

Et comme venus à l'appel, des bataillons entrent païf - poussées dans la salle, ie canon tonne, cette scène est si grande, que ceux qui entourent Delescluze croient & la possibilité de vaincre.

On demande le directeur du génie, il est absent?

peut-être mort.

Le comité de salut public agira sans attendre les absents, la mort est partout, chacun doit combattre jusqu'à ce qu’il tombe.

Au faubourg Antoine, il y a trois pièces, les rues environnantes ont des barricades.

Place du Château -d’Eau, un mur de pavés et deu* pièces.

brunel est au premier, Itanvier aux Buttes Chou* mont.

U robleski à la butte aux Cailles. On a confiance.

Il y a des fédérés aux portes Saint-Denis et Saint'

J Martin. Oui sait si Delfscluze n’a pas raison? La Coin*

n unie vaincra ! Du moins. Paris mourra invaincu.

Des femmes entassées sur les marches de la Mairie du XI e cousent en silence des sacs pour les barricades*

A la salle le la Mairie les membres de la sûreté sont la; ils seront à la hauteur du péril.

Connue Delescluze, Ferré. Varlin, J. -IL Clément, Aermorel, ont confiance (en la mort sans doute! )

Une tourmente de mitraille enveloppe de tous eûtes» elle souffle terrible place du Chàleau-d'Kau, c'est h ce moment que Delescluze y apparaît.

Lissagaray, témoin de la mort magnifique de JJelc 5 ' cluze, la raconte ainsi :

* f-FT'

w Avec Jpurde, Yermorel, Theisz, Jaclard, et une ^nquantainè de fédérés, il marchait dans la direction

^ ll Ghât|auîd’Ëaui

® Delescluze, dit Lissagaray, dans son vêtement or- (fî! iire, chapeau, redingote et pantalon noirs, écharpe 0ll ge autour de la ceinture, peu apparente, comme il 4 portait; sans armes, s'appuyant sur une canne.

Redoutant quelque panique au Château -d'Eau, nous Su > vîmes le délégué, l’ami.

>! Quelques uns de nous s’arrêtèrent à l’église Saint- Ambroise pour prendre des cartouches. Nous rencon* d’aines un négociant d’Alsace, venu depuis cinq jours le coup de feu contre cette assemblée qui avait . son pays; il s en retournait la cuisse traversée.

* Us loin, Lisbonne blessé qui soutenait A'ermorel, ^heisz, Jaclard.

)J Vermorel tomba à son tour grièvement blessé, heisz et Jaclard le relèvent, l'emportent sur une cifère. — Delescluze serre la main du blessé et lui dit tiques mots d'espoir :

)J A cinquante mètres de la barrière le peu de gar- > es qui ont suivi Delescluze s’effacent, car les projcctile s obscurcissent l’entrée du boulevard.

he soleil se couchait derrière la place. Delescluze puis regarder s’il était suivi, s’avançait du même pas, 11 s eul être vivant sur la chaussée du boulevard Yolai! ‘c. Arrivé à la barricade, il obliqua à gauche et gra- ^ les pavés.

Pour la dernière fois cette face austère encadrée | u ns sa courte barbe blanche, nous apparut tournée vers u mort.

>J Subitement Delescluze disparut, il venait de tom- Gr foudroyé sur la place du Château -d’Eau.

h Quelques hommes voulurent le relever, trois ou Quatre tombèrent, il ne fallait plus songer qu’à la bar- ^Cade, rallier ses rares défenseurs. Johannard au mi-

lieu de la chaussée, élevant son fusil et pleurant u c colère, criait aux terrifiés : — Non, vous a’ êtes p aS dignes de défendre la Commune.

» La pluie tomba, nous revînmes laissant abandon®®; aux outrages d'un adversaire sans respect de la mort le corps de notre pauvre ami; il n'avait prévenu p ef ' sonne, même ses plus intimes. Silencieux, nay a ^ pour confident que sa conscience sévère, Delescluz 0 marcha a la barricade comme les anciens montagnards allèrent à l'échafaud. »

(Li ss AG AH AT, Histoire de la Commue^-)

Le sang coulait è Ilots dans tous les arrondissement»

pris par Versailles. Par places, les soldats lassés de carnage s'arrêtaient comme des fauves repus.

Sans les représailles, la tuerie edt été plus Iarg (1 encore.

Seul !e décret sur les otages empêcha Gallifet, ' l ' noy, et les autres, d'opérer l'égorgement complet des habitants de Paris.

Un commencement d’exécution de ce décret fit reU*

‘ * f \ rer aux pelotons d’exécution, des prisonniers fi 11 *

coups de crosse de fusil on poussait au mur, où par ta®

restaient les morts et les mourants.

Nous avons rencontré en Calédonie, quelques-uns

de ces échappés de la mort.

Roche fort raconte ainsi ce qui lui fut dit par un compagnon de route ou plutôt de cage dans les antip 0 ' des; il racontait ceci :

'< On venait d’exécuter une quinzaine de prisonniers? son tour était venu, il avait été collé au mur un m 011 ' choir sur les yeux, car ces supplicieurs y mettait parfois des formes.

» Il attendait les douze ballesqui devaient lui revenu et commençait à trouver le temps un peu long. — à coup un sergent vint lui délier le bandeau fatal » 1,1 u

6,1 criant aux hommes du peloton d 'exécution : — Demi- *°ur à gauche.

? — Qu'y a-t-il? demanda le patient.

11 — 11 y a, répondit d'un ton plein de regret lejieu- ^ûânt chargé de commander le feu. que la Commune

Vl ent de décréter qu’elle aussi fusillerait les prisonril crs si nous continuions à fusiller les vôtres, et que le gouvernement interdit maintenant les exécutions sommaires .

s C’est ainsi que trente fédérés furent en même le ii] is que celui-là rendus à la vie, mais non à la limité, car on les envoya sur les pontons d'où mon camarade de geôle partit en meme temps que moi pour Nouvelle Calédonie.

{Itenri Rocbbfort. Aventures de ma vie, 3 L ’ volume.) Ces exécutions sommaires reprirent après le trioinïme de Versailles; les soldats eurent comme des bouchers les bras rouées de sang; le gouvernement n'a-

V| dl plus rien à craindre.

On verra combien du côté de la Commune le nom- ® r c des exécutions fut inlimel devant les trente-cinq ^dle, officiellement avoués, qui sont plutôt cent mille ^ plus.

Heconnu par un bataillon qu’il avait insulté, et ac-

Cl *8é sur nombreux témoignages, d’intelligence avec ' er saillês J le comte de Beaufort fut passé parles armes, malgré l’intervention de la cantinière Marguerite * blinder, femme Làchaise, qui lit tout au monde pour e sauver. Elle fut plus tard accusée de sa mort et môme

ri* * *

1 avoir insulté son cadavre, comme si cette genereuse ^ÿime eût dû subir une punition pour avoir voulu Sauver un traître!

Chaudey arrête depuis quelques semaines sous l'inculpation d’avoir le 22 janvier ordonné de mitrailler a foule, n'eôt pas été fusillé sans le redoublement de Cr uuulés de Versailles, malgré la dépêche à Jules Ferry

datée de l’liôtel-dc- Ville le 22 janvier, à 2 heures oO de l'après-midi.

Çhaudey consent à rester là, mais prenez desinesa* res le plus tôt possible pour balayer la place; je v(H lS transmets du reste lavis de Chaude}*.

Et malgré même, des propos tels que ceux-ci : Ce» plus forts fusilleront les autres sans les égorgement 5 de Versailles — il avait semblé avant son emprisonne* ment être moins hostile. Que sa mort comme tout* 5 » les autres, comme toutes les fatalités de l’époque re " tombe sur les monstres qui égorgeant à même le troapeau tirent des représailles un devoir!

O u ’on fouille les puits! les carrières, les pavés des rues. Paris entier est plein de morts et tant de cendre» ont été jetées aux vents, que partout aussi elles om couvert la terre.

Ceux qui formaient le peloton d’exécution des p remiers otages, farouches volontaires qui jusqu’à lor»

avaient été les plus doux des hommes, ne s'écriaient*

ils pas : Moi, je venge mon père. Moi. mon fils ; B* 01 ’ je venge ceux qui n’ont personne!

Pensez-vous si la bataille recommence que tout souvenir soit enseveli sous la terre et que le sang vers 6 ne fleurisse jamais.

La vengeance des déshérités ! elle est plus grand'’ que la terre elle -même.

Les légendes les plus folles coururent sur les pétroleuses, il n’y eut pas de pétroleuses — les femmes s® battirent comme des lionnes, mais je ne vis que fl® 01 criant le feu! le feu devant ces monstres!

Von pas des combattantes, mais de malheureuse mères de famille, qui dans les quartiers envahis croyaient protégées, par quelque ustensile, faisant vol* qu'elles allaient chercher de la nourriture pour leur»

Peiils, (une boite au lait, par exemple) étaient regardes comme incendiaires, porteuses de pétrole, et culées au mûri — Ils les attendirent longtemps leurs

Quelques enfants, sur les bras des mères, étaient lT, sillés avec elle, les trottoirs étaient bordés de cadav, 'es.

Comme si on eût pu dire ù des mères, nous voulons ^'urir invaincus sous Paris en cendres ?

1* Hôtel-de-Ville brillait comme un lampadaire! en

f:tCe , un mur de flammes fouettées par le vent, elle se

reflétait, la flamme vengeresse dans les lacs de sang,

Passant sous les portes des casernes, dans les rues, par-

tout.

bientôt de la caserne Lobeau le sang en deux ruis- -“ { “ix s'en alla vers la Seine : longtemps il y coula

rOllrrp

Millirre sur les marches du Panthéon tombe en <:r tont : Vive l'humanité! Ce cri fut prophétique, c’est fe toi qui aujourd’hui nous rassemble.

Nigaud fut assassiné rue Gay-Lussac où il demeurait, a l’heure même où le quartier fut pris. P. ce même émissaire de la Commune qui assistait à l’exécution ^ Vaysset, passant rue Gay-Lussac dans le silence j* épouvante qui régnait après la victoire de l’ordre, <iv u les yeux, vers un logement, où demeuraient des Ulll >s de Gaston Dacosta, une personne était ù la fenôr<i regardant à terre, elle semblait lui indiquer quelchose.

11 aperçut alors un cadavre, étendu les bras en ’ r °ix contre le trottoir; son uniforme était ouvert, scs <: *tons arrachés, les pieds blancs et petits étaient nus, été déchaussés suivant l'usage de Versailles; — ,l tète était toute pleine de sang, qui d’un petiL trou ^ Iront ruisselait sur la barbe et le visage, le renméconnaissable.

Un témoin oculaire lui raconta, que Migaud en ai’ 1 ’ 1 ' vaut devant la maison qu'il habitait, portait son u ]11 ' forme de commandant du 414' bataillon, qu'il avait pour le combat.

Son intention était (le briller les papiers qui étate 1 ^ dans son logement.

Les soldats l avaient suivi à son uniforme; ils enU 1 ’rent presque 1 en même temps que lui et feignirent de prendre le propriétaire, un nomme Chrétien pour 1111 officier fédéré afin que la peur lui fit livrer celui qu i-~ avaient vu entrer.

Comme Chrétien protestait, Migaud entendit, et se* cria : — .le ne suis pas un lèche, et toi. sauve-toi.

11 descendit fièrement, détacha sa ceinture, doin ,;l

son sabre et son revolver, et suivit ceux qui l'arrêtaient.

Au milieu de la rue ils rencontrèrent un officier £ ' L ' l’armée régulière qui s'écria : — Quel est encore c*’ misérable ? et s'adressant au prisonnier l’invita à crier ■ Vive Versailles!

— Vous êtes des assassins, répondit Migaud : ' ' vC la Commune !

Ce furent ses dernières paroles, l’officier, un serge 1 * 1, prit son revolver et lui brûla la cervelle à bout portant) la balle avait fait au milieu du front ce petit trou noi* d'où coulait le sang.

Mondant longtemps personne ne voulut croire è lil mort de Migaud, certains assuraient l’avoir vu à * ; * tête de son bataillon, mais comme il était très bra vP

il fallut bien a sa longue absence, reconnaître q u était mort.

Depuis l'entrée de l’armée de Versailles, les gard e ® nationaux de l’ordre excitaient l’armée à la tuerie : h* uns ayant trahi, les autres ayant peur, qu'on ne l l ’ a prît pour des révoltés, ils eussent égorgé la terre? tc>s imbéciles ayant la férocité des tigres.

LA COMMUN' K

le

k* plupart cherchant à donner des gages à Yersail- S s indiquaient dans les quartiers envahis les parties de la Commune, faisant fusiller ceux à qui ils en

Allaient.

i j es coups sourds des canons, le crépitement des a 'lcs. les plaintes dutocsin, le dôme de fumée traversé

< e langues de flammes disaient que l’agonie de Paris

e, ‘dL pas terminée et que Paris ne se rendrait pas. Ions les incendies d’alors ne lurent pas le fait de la

fi 1

'| ,| nmune, certains propriétaires <»u commerçants atin ' être richement indemnisés de bâtisses ou de marchandises dunt ils ne savaient que faire, y mirent le

, ^'autres incendies furent allumés par les bombes P (i ndiaires de Versailles, ou s’enflammèrent.

belui du ministère des finances fut à l’aide de faux 'dlt ilmé à Ferré, qui ne l’eût pas nié s'il l’eût fait : —

1 b r ê liait la défense.

Marini les volontaires du massacre qui donnent des "'b^es de fidélité à Versailles en l'assistant dans la tuè- , 5 lurent, dit-on, un vieux, ancien maire d un arron- Renient, un chef de bataillon qui trahissait la Comn,m c, des brassard iers simples amateurs de tuerie ; ils réduisent les meutes versaillaises en démence eux-

^êmes.

. chasse aux fédérés était largement engagée, on Sorgeait dans les ambulances; un médecin, le docteur j*Ueau qui ne voulut pas livrer ses blessés, fut lui- ,l| éine passé par les armes.

le

— Quelle scène 1 tannée de Versailles rôde essayant dé tourner par

canal, par les remparts, les derniers défenseurs de

p aris.

j ha barricade du faubourg Antoine est prise, les comptants fusillés, quelques-uns, réfugiés dans la cour fi la cité Parchappe attendent : ils n'ont pas d’autre PinsLitulrice, mademoiselle Lonchamp leur monte

tre un endroit du mur où iis peuvent s’échapper p aI un trou qu’ils agrandissent, tes voilà sauvés.

Versailles élend sur Paris un immense linceul rouS? de sang; un seul angle n'est pas encore rabattu sur h

cadavre. •- î

Les mitrailleuses moulent dans les casernes. On tu® comme à lâchasse; c'est une boucherie humaine : eeuv qui, mal tués, restent debout ou courent contre h 5 murs, sont abattus à loisir.

Alors on se souvient des otages, des prêtres, trente* quatre agents de Versailles et de l’Empire sont fusill®*' Il y a dans l’autre poids de la balance des montag 11 ^ de cadavres. Le temps est passé où la Commune disait ■ il n'y a pas de drapeau pour les veuves et les orph e ' lins, la Commune vient d’envoyer du pain à 74 femme* de ceux qui nous fusillent. Il n’était pas éloigné pour' tant de bien des jours, mais ce n’était plus l’ heure d 0 la miséricorde.

Les portes du Père-Lachaise où se sont réfugiés fédérés pour les derniers combats sont battues en bre'

che par les canons.

La Commune n‘a plus de munitions, elle ira jusq u la dernière cartouche.

La poignée de braves du Père -Léchai Se se bat 4 travers les tombes contre une armée, dans les fosse 5 ’ dans les caveaux au sabre, à la baïonnette, à coups u® crosse de fusil: (es plus nombreux, les mieux arm® 5 ’ l’armée qui garda sa force po;ir Paris assomme, égor£ e les plus braves.

Au grand mur blanc qui donne sur là rué du llepo s ’

ceux qui restent de cette poignée héroïque, sont fusil* 1 ’ 5

ïi l'instant. Ils tombent en criant : Vive la Commun®

Là comme partout, des décharges successives acb vent ceux que les premières ont épargnés; quelque uns achèvent de mourir sous les tas de cadavres sous la terre;

Une autre poignée, ceux des dernières heures ceints de l’écharpe rouge s’en vont vers J a barricade de la l li e Fontaine-au-ltoi ; d'autres membres de la Commune 61 du comité central viennent se joindre à ceux-là. et ^ns cette nuit de mort majorité et minorité se tenla main.

^ur la barricade Hotte un immense drapeau rouge : y a là les deux Ferré Théophile et iïippolyte, J.- B. dément. Can bon. un garibaldien, Yarlin, Yermoreï,

^ampy.

Ma barricade de la rue Saint-Maur vient de mourir, Cf dle (j e j a rtie l’ontaine-au-Hoi s’entête, crachant la tiraille à la face sanglante de Versailles.

. Un sent la bande furieuse des loups qui s'approchent,

1 n y a plus à la Commune qu'une parcelle de Paris, e la rue du faubourg du Temple au boulevard de

Deville. ' ‘

Fue Ramponeau, un seul combattant à une barricade arr èta un instant Versailles.

* j es seuls encore debout, en ce moment où se tait le c ^tion du Père-Lachaise, sont ceux de la rue Kontaine-

Us n’ont plus {joui* longtemps de mitraille, celle de ^ailles tonne sur eux.

moment ou vont partir leurs derniers coups,

U Ile ;

jeune fille venant de la barricade de la rue Saint-

. *ur arrive leur offrant ses services: ils voulaient régner de cet endroit de mort, elle resta malgré eux'.

Quelques instants après la barricade jetant en une ,)r nndable explosion tout ce qui lui restait de mitraille, ,°ürut dans cette décharge énorme, que nous enten-

j M ^es de Satory ; ceux qui étaient prisonniers; à l’am* .Saucière de la dernière barricade et de la dernière ei *ro, J;-B. Clément dédia longtemps après la chan- * 0lt des Cerises. — Personne ne la revit.

•JüfctfSa ü-ii'jû ài

J'aimerai toujours le temps des cerises C’est de ce temps-là, que je garde au cœur,

Une pldce ouverte. Ç\\^,

Et dame fortune eTi m’étant offerte,

Ne saurait jamais calmer ma douleur.

J’aimerai toujours le temps des cerises,

Et le souvenir que je garde au cœur.

J. Clément.

La Commune était morte, ensevelissant avec elle de» milliers de héros inconnus.

Ce dernier coup de canon a double charge énorme ®lourd! Nous sentions bien que c’était la Qn, mais 1°' naces comme on Test dans la défaite, nous n’en coovenions pas. . ^ v?$H

Comme je prétendais en avojr entendu d’autres, 1:11 officier qui était là, pâlit de fureur, ou peut-être | crainte, que ce ne fût la vérité.

Ce même dimanche 28 mai, le maréchal Mac-jfâho® fit afficher dans Paris désert.

« Habitants de Paris,

» L'armée de la France est venue vous sauver ! Par 1 * est délivré, nos soldats ont enlevé en quatre heure» les dernières positions occupées par les insurgés. A 11 ' jourd’hui la lutte est terminée, l’oràfre, 1$ travail sécurité vont renaître.

» Le maréchal de France commandant en ch c * - » Mac-Mahon, duc de Magenta. »

Ce dimanche-là, du cédé de la rue de Làfayette fa arrêté Varlin : on lui lia les mains et son nom ayant st tiré l ’attention, il se trouva bientôt entouré par la fo u ’ e étrange des mauvais jours.

Ôn le mit au milieu fl 'un piquet de soldats pour conduire à la hutte qui était l’abattoir.

La foule grossissait , non pas celle que nous conuai

s ions houleuse, impressionnable, généreuse, mais la [ 0, tle des défaites qui vient acclamer les vainqueurs et ^sultcr les vaincus, la foule du vx vîctis éternel.

La Commune était à terre, cette foule elle aidait aux

e Sorgcments.

On allait d'abord fusiller Varlin près d'un mur. au Pied des buttes, mais une voix s’écria : — 11 faut le promener encore; d’autres criaient : — Allons rue des

Gosiers.

Les soldats et l'officier obéirent; A'arlin toujours les !:l ains liées, gravit les buttes, sous l'insulte, les cris,

coups ; il y avait environ deux mille de ces miserais: iî marchait sans faiblir, la tête haute, le fusil d'un s °ldat partit sans commandement et termina son supplice, les autres suivirent. — Les soldats se précipitèrent pour l’achever, il était mort.

Bp^Iout le Paris réactionnaire et badaud, celui qui se Cîl che aux heures terribles n’ayant plus rien à craindre, vint voir le cadavre de Varlin.

Mac-Mahon secouant sans cesse les huit cent et quelles cadavres qu’avait faits la Commune, légalisait a üx yeux des aveugles, la terreur et la mort.

Vigoy, Ladmirault, Douay, Clincbaqip, dirigeaient ^battoir écartelant, dit Lisagaray, Paris, à quatre c otnmandements.

Combien eût été plus beau le bûcher qui, vivants n ‘>us eût ensevelis, que cet immense charnier ! Combien L's cendres semées aux quatre vents pour la liberté dissent moins terrifié les populations, que ces boucher * p s humaines !

Il fallait aux vieillards de Versailles ce bain de sang pour réchauffer leurs vieux corps tremblants.

Les ruines de l’incendie du désespoir sont marquées d un sceau étrange.

L'Ilûtel-de- Ville de scs fenêtres vides comme les yeux

des morts, regarda dix ans venir la revanche des peu-

LA GO MMÜXE

pies: la grande pais du monde qu’on attend toujours, elle regarderait encore si Ton n'eût abattu la ruine.

Au retour de Calédonie, je pus la saluer! La Cour des comptes, les Tuileries attestent encore qu'on voulut mourir invaincus; aujourd’hui seulement les ruines de la Cour des comptes vont être enlevées pour les travaux de l’Exposition.

On y vend aux enchères les fresques de Théodore Chasserrau dont une seule la Force et Y Ordre est en bon état et des lots d’arbres poussés dans les ruines et couverts d’oiseaux effarés auxquels ils donnaient asile. Au lieu des palais, si les masures eussent flambe» afin que plus jamais on n ’y mourût de misère, la tuerie peut-être eût été moins facile.

Ne nous plaignons pas de la lenteur des choses, I e germinal séculaire croît dans cet humus de mort.

La patience de ceux qui souffrent semble éternelle» mais avant le raz marée, les flots aussi, sont patient?' et doux, ils reculent avec de longues vagues molles • ce sont celles-là même qui vont s’enfler et revenu semblables à des montagnes, s’effondrer en mugissant sur le rivage, et avec elles l’engloutir dans l’abîme.

Ainsi nous l’avons vu au pays des cyclones aven l’implacabilité des luttes de 1 a nature, nous avons eu 1° mirage de la bataille. L’eau sur les forêts se verse eu effondrements soudains, s’égrène et crépite comme le fusillade.

Les arbres se rompent avec fracas, les rocs sont mordus de brèches et Je chœur des tempêtes eni; ’ les plages dans le silence profond des êtres.

Des chutes profondes, des arrachements inconnus» pareils à des plaintes humaines s’étendent, scandées» là aussi, par le canon d’alarme.

lus haut que les cuivres, sonnent les trompes d 11 vent, et grisante comme la poudre est l’électricité répandue dans l’air.

Dos flots raiitjuent, jetant aux rochers comme à i'esc âlade leurs griffes blanches d'écume.

b’océan soulevé par des forces terribles, est précipité f] *)is les gouffres comme si «les bras immenses le présent et le rejetaient ainsi que la pâte au pétrin, et H\‘ec ces forces terribles se développent des puissances ln connues, le flot du sang monte plus large au cœur, r amenapt toutes ces confuses choses de l’abîme et du Dùntain passé, qu’on revit dans les éléments déchaînés.

Dans la lutte implacable de Paris, l’impression était !l môme, mais celait en avant qu'elle emportait le c,|, ur dans te lointain devenir du progrès.

Peut-être avons-nous ainsi vécu les transformations

femelles.

Attirées par le carnage et suivant l'armée régulière, ° n vit lorsque la Commune fut morte, apparaître un Peu avant les mouches des charniers, ces goules remontant, elles aussi, au lointain passé, peut-être tout s,,1 ff>leinenl folles, ayant la rage et l’ivresse du sang.

têtues avec élégance, elles rôdaient à travers le Ca rnage, se repaissant de la vue des morts, dont elles éditaient du bout de leur ombrelle les yeux sanglants, Quelques-unes, pu ises pour des pétroleuses, furent ' ü si|Jée S sur le tas avec les autres.

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