LA G OM M UNE
» Dans une première campagne contre l’administï* 1 ' lion de l’assistance publique, brocLure que je pubü aI en 1875, je citai ce chiffre page 9. Or vous savez cou 1 ' bien l’ordre moral guettait pour les étouffer et l* 3 » poursuivre les moindres révélations de l'époque sanglante. Eh bien, il ri osa élever aucune contestation*
» JVon, on ne saura jamais le nombre de tués pe* 1 ' dant et après la lutte; et celui bien autrement énorn* 6 des personnes qui, n'ayant pris aucune part à la C* 1111 ' mune, furent fusillées, égorgées.
» En détail encore plus connu : pendant plus de si* semaines, chaque matin, de 4 à 6 heures on exécutai au fort de llicêtre.
» Dans les derniers jours les fournées étaient encor* 3 d’une trentaine de victimes.
» Sur beaucoup de points de la banlieue, les tra 11 ' chées qui avaient été établies par les Prussiens? servirent à enfouir dès monceaux de fusillés.
» Ici des points indiquaient sans doute des chose = trop horribles, ou un nombre de cadavres trop éîè vt pour qu'il fût possible de le publier. — Jlenjai 11 ^ Raspa l reprend ainsi :
« Après toutes les révélations enregistrées dep 11 ’ 5 quelques semaines par la presse, après les imprude* 1 ' tes paroles prononcées par 11. Leroyer, il ne faut p aS oublier, nous ne voulons pas qu'on oublie. Eh bic 11 * oui, je suis de cet avis, il faut, que la justice, que Th 11 ' mao.! té et la civilisation noyées à cette époque dans «h 1 ' torrents de sang reprennent leurs droits. — La vérj' table enquête n'a pu être faite tant la terreur éta^ grande, maintenant elle peut l'être.
» Le premier point à établir, c'est dans tous ct ,:? lieux d exécution où, on a exécuté sans forme de gement. sans dresser le moindre procès-verbal.
» Dès lors ce sont après le combat, après la lutte &
v éritablês assassinats, et on connaît maintenant assez 4e ces assassins pour frapper quelques grands exemples.
» Je vous serre la main.
» benjamin Raspail, Député et conseiller général de la Seine.
20 avril iSSO.
Comme il s’illusionnait encore, benjamin Raspail! Ùuand les choses sont connues, ne dirait-on nas qu elles ne sont que mieux cachées.
Camille Pelletan ajoute : « Des conseillers municipaux liront une enquête privée sur les résultats de la ‘pression au point de vue de la population ouvrière, Us arrivèrent, si j’ai bonne mémoire, àcette conclusion Que cent mille ouvriers environ avaient disparu.
» Camille PIlletan. là Semaine de mai. »
Quand après la délivrance on remuera la terre pour les grands travaux de la libre humanité, en sera-t-il Une parcelle où ne se mêle la cendre, dos victimes sans Uom et sans nombre dont la vie fut jetée pour i édosi on humaine.
Nous avons ignoré en Calédonie combien de temps °n arrêta pour la Commune; le dernier déporté envoyé ^ la presqu’île Ducos- y arriva peu avant l’amnistie.
C’était un vieux paysan qui s’étonnait qu on eût pu ta Condamner, puisqu'il était bonapartiste.
Ce malheureux pleurait beaucoup, et le consolant a notre manière, nous lui disions que c’était bien fait dans ce cas-là!
Nous avions si bien réussi à changer les idées du pauvre homme, et même à lui faire prendre courage. Qu’au moment où il revint avec les autres, il commençait à mériter d'être venu nous retrouver.
^ Comme les gens de Versailles avaient tué à leur rage.
Li ' •
ils arrêtèrent (l'abord à leur fantaisie. — Malheur » qui avait un ennemi assez lèche pour envoyer, vraie ou f tusse, signée ou anonyme, une dénonciation, elle était
regardée comme vraie sans examen
• L'armée avait disposé de la vie des Parisiens, la P L “ liee disposa de leur liberté.
Il- en fut ainsi jusqu’au moment où les prisons regorgeant, ne pouvant plus faire disparaître aussi aisément les nombreux détenus, le gouvernement informa h ?s dénonciateurs qu’ils eussent à signer.
Toutes les basses jalousies, toutes les haines féroce* s'étaient assouvies jusque-là.
Peut-être la situation atteignit une intensité d'hor i| ‘‘ u! qui écœura les vainqueurs, le sang de mai leur remonta à la gorge.
Les grandes villes de province, la France entier® étaient une souricière immense.
Ouelquës arrestations et même exécutions de cisailles eurent leur histoire.
Pans la nuit du 25 au 20 mai. 52. boulevard PicpoSj
deux vieux Polonais, restés de l’émigration de 183 L m 1 *saient leur thé, se racontant les événements auxquels ils étaient trop vieux pour prendre paî t. Cette part été pour Versailles où P un d'eux nommé Schweitzer avait un neveu qu’il aimait beaucoup; — l'autre se nominal Hozivadowski. Pomme ils savaient le quartier erivam par l’armée régulière où le neveu était lieutenant, Vide® leur prit de mettre trois tasses sur la table; peut-êt^’ bien qu'il allait venir.
Pendant que les vieux causaient paisiblement, soldats s informaient chez le concierge ainsi qu'ils la 1 ' s tient partout: un officier était avec eux.
Dans le logement près du leur, deux autres locataires qui. ceux -la avaient servi lia Commune, se tenaient l’oreille au guet, écoutant les vieux qui, pensaient-ilS;
pouvaient les dénoncer.
— X y a-t-îl pas d’étrangers ici'? demanda l’officier ' tu concierge.
— Oui. dit celui-ci respectueusement, mon officier,
fi y a les vieux Polonais du 5 e .
— Des Polonais ! ils sont avec Dombwroski. Montez
devant.
Le concierge obéit.
L officier frappe, l'oncle se précipite, mais ce n'est Pas son neveu.
— Vous faisiez des signaux, dit l'officier en montrant les deux bougies qu'ils avaient allumées en ré- » 1 *
Jouissance. Vous faites partie des bandits de la (’omln une; -ils sont tous Polonais là-dedans! En bas, et plus yite que ça. Les vieux croyaient à une plaisanterie. — où est la troisième personne que vous cachez ici? u y !i trois tasses?
Ils essaient une explication qui est prise pour une Moquerie, et les voilà poussés dans l’escalier, traités de vieilles canailles et fusillés non loin de là.
Comme leur auréole ne les faisait pas suffisamment reconnaître, les braves soldats, firent comme disait \ eroiilles dans la rage du combat, ce que le lendemain ils 'eussent pas fait de san froid. Le neveu apprit trop Wd la méprise.
Malgré la souricière établie dans la maison, les deux
autres locataires échappèrent momentanément.
Le journal le Globe raconta ce qui fut reproduit par plusieurs autres: « qu’un membre de l’assemblée nationale étant allé voir les quelques centaines de femmes déjà prisonnières à Versailles, y reconnut une de ses meilleures amies, femme du grand monde qui avait été prise dans une râfle à 'a ris et qui était comme les autres venue à pied à Versailles.
» D'autres, quoiqu’ils eussent dénoncé, ne paraissant pus présenter assez de garanties, étaient fusillés avec ceux qu’ils désignaient. »
LA COM MUNI-
Il y eut des épisodes horribles.
Le Petit Journal du 31 mai 71, disait:
« Brunet était chez sa maîtresse quand on le fusiH a cette femme a été passée par les armes. Après cette double exécution, les scellé sont été apposés sur les p (,r ' tes de l’appartement. Hier quand on est venu pour enterrer les cadavres, la maîtresse de Brunet iv’ avait p aS encore rendu le dernier soupir. On n’a pas voulu l’ach 6 ' ver et la malheureuse a été transportée dans une ambulance. »
Or, ces malheureux avaient été victimes d une ressemblance. Brunet ayant pu gagner Londres.
Billiorav mort en Nouvelle Calédonie, l’erré arrête
mi *
quelques jours après, Vaillant qui put passer en Angleterre, furent passés plusieurs Ibis par les armes en effigie vivante. — Malheur à qui ressemblait il un membre de la Commune ou du * lomité Central. Eudes, Cam-
bon. Lefrancais, Vallès chaque fois quon trouva q ue *'
que analogie eurent des sosies fusillés dans plusieui* quartiers à la fois.
Ln mercier nommé Constant, dénoncé par des ennemis. fut doublement accusé parqe qu’il ressemblait Vaillant et parce qu'on le crut Constant Martin; on ne put l’exécuter qu’une fois.
Pendant ce temps rassemblée de Versailles et les journaux réactionnaires glorifiaient 1 armée du sang versé.
Quel honneur! notre armée a vengé ses défaites p aI une victoire inestimable.
Journal des Débats .
Le dimanche 4 juin des quêtes furent faites à t° üs les offices pour les orphelins de fa guerre. Madame Thier* et la maréchale de Mac-Mahon, étaient présidentes d c cette œuvre; — reprenant l’œuvre de l'ancienne société pour les victimes de la guerre. Amère dérision Horribles furent ces étapes où à. la férocité inconscient
d& la bourgeoisie avait succédé la froide et inconsc *ente charité.
Mais l'idée n’est pas perdue, d'autres la reprendront e t la feront plus grande. Déjà le mot humanité, le dern >er prononcé par Millières roule à travers le monde; C( dte transformation qu’il salua en mourant sera le vingtième siècle.
Après la victoire de l’ordre. l'é pouvante était si Scande que la ville natale de Courbet. Ornans par déc, sion du Conseil Municipal fit enlever la statue du pêcheur de la Loire.
Ce qu'on ne pouvait enlever c’était le jalon sanglant marquait l’époque si largement, qu’alors on n’en P lI t sonder la profondeur.
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DES HASTIONS A SATOTtY ET A VERSAILLES
Uiifr immenio hécatombe, un fâpitlcre * L'a repaire.
Je n'avais pas vu ma mère depuis longtemps et les phissacres continuant dans Montmartre, une grande in- M l| i< : tude me tourmentai! à son sujet ; sachant où retrouv,, r mes camarades, je résolus d aller chez elle, de lui dire de nouveau, Je plus de mensonges possible, afin d’elle consentit ù ne pas sortir. — Me croirait-elle ? y serait-elle seulement Ceux qui n’ont pas vécu ces J°Urs-là ignorent ces terribles anxiétés.
On me prête une jupe grise, la mienne étant trouée de balles; une capeline, et je m’en vais de l’air le plus bourgeois qu’il m'est possible; marchant à petits pas, v < rs la rue Oudot, j’y avais au 24 ma classe, et aussi notre logement, à manière et ù moi. Montmartre était Plein de soldats, mais pas plus qu’à mon voyage de
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Versailles, je n’inspirai de soupçons, notre vieille a»^ e madame Blin que j'avais rencontrée vient avec elle n’avait rien entendu dire de ma mère, ni de * a classe si ce n’est que les enfants y étaient pendant i eS derniers jours comme à l’ordinaire. Plus on approchai** plus l'inquiétude me serrait le cœur, — quel sépülÇ re que Montmartre aux jours de mai !
Les gens fie mauvaise mine portant le brassard tri* colore, regardant en dessous, seuls passaient, parla* 1 * aux soldats.
La cour de l’école est déserte, la porte fermée, niaipas à clé — la petite chienne jaune Finette, hurle en m’entendant. Elle est enfermée avec le chat dans * a cuisine; les pauvres bêles crient. Mais je ne vois p as ma mère, je demande à la concierge qui hésite ; cnn* 1 elle m’avoue que les Versaillais sont venus me cher* cher et que ne me trouvant pas, ils ont emmené 111 a mère pour la fusiller.
Il y a un poste de l’armée dite régulière au café e11 face, j’y cours, je leur demande ce qu’ils ont fait de n ia mère qu’on vient d’emmener à ma place.
— Elle doit être fusillée maintenant, me dit froide ment l'un d’eux, le chef.
— Alors vous recommencerez, leur dis-je. pour mou — où est-elle? où sont vos prisonniers?
Iis me disent que c’est au bastion 37 et qu’on va 1,1<? conduire.
Mais je sais où c'est, je n'ai pas besoin d ‘eux, J 1 cours en devant, ils me suivent.
J'ai hâte de voir ma mère que je crois morte et d e jeter ma vie à la face de ces monstres.
Au bastion 37, dans une grande cour toute pleine prisonniers, je la vois avec les autres grand nombr de nos amis; jamais je n’éprouvai si grande joie.
Les soldats qui m’avaient amenée, en même tcmp s que je demandais au commandant, la liberté de
LA COMMUN' K
mère, puisque je venais prendre ma place, lui racontèrent ce rjui venait de se passer, il parut comprendre ( 't m'accorda de l'accompagner jusqu'au milieu du chemin, pour être silre qu’elle arriverait.
La pauvre femme ne voulait jpas partir, mais devant •a peine que j’en éprouvais, un peu rassurée aussi, par les autres prisonniers, qui m'avaient comprise el par h liberté que j’avais de la reconduire, elle finit par
consentir.
Les soldats; qui étaient venus avec moi, devaient 1 Accompagner jusqu'à lu rue Oudot, je les quittai au milieu du chemin comme je l’avais promis et je retournai seule au bastion; j’avais mis le temps à profit pour lui dire le plus de choses rassurantes que je pouvais imaginer : qu’on ne fusillait plus les femmes, qu’il il y aurait que quelques mois de prison, etc., mais elle Ij était pas crédule : je la trompais si souvent.
— Vous n’avez donc pas confiance en nous? me dit le commandant en me revoyant. — Non, lui dis-je.
.le repris ma place avec les prisonniers, il y en avait de .Montmartre, du comité de vigilance, du club de la dévolution, du 61 e bataillon Surtout. ■ Un dôme de fumée s’étendit sur Taris, le vent nous apportait comme des vols des pavillons noirs, des fragments de papiers drôles, dans les incendies, le canon tonnait.
En face de nous sur le tertre était un poteau prêt pour exécuter.
Le commandant revint près de nous et. me montrant des langues de flammes qui dardaient dans la fumée, d me dit :
— Voilà de votre ouvrage.
— Oui, lui dis- je, nous ne capitulons pas, nous. — Par is va mourir !
On amena un jeune homme à la télé frisée, grand, et qui ressemblait à Mégy : on le prenait en elfe! pour lui
Nous avions crié : ce n’est pas Mégy, il secoua l* tète comme pour dire : qu'importe! Il fut fusillé sui le tertre et mourut bravement. Personne de nous ne le connaissait.
Nous attendions nos tours.
Devant nous un ou deux rangs de soldats, fusils chargés, attendaient.
Le soir était venu; i! y avait (le profonds endroits d'ombre, d'autres éclairés de lanternes. Dans un en foncement sur une civière, une de ces lanternes éclap rait le corps du fusillé.
U y avait parmi les prisonniers deux commercantsde Montmartre qui, sortis de chez eux par curiosité pour voir . avaient été ramassés dans la raile. — Nous ne sommes pas en peine pour nous, disaient-ils. nous» étions plutôt contre la Commune et nous n'avons pi’ !s part à rien. — Nous allons nous expliquer et nous sortirons d'ici. Mais nous les senLions tout autant en dan* "er que nous-mêmes.
Tout à coup arrive un état-major iVcheval. — Ce» 111 qui commande est un homme assez gros, au visage régulier, mais dont les jeux pleins de fureur, senftj Ment jaillir au dehors. La face est pourpre comme le sang répandu y eût jailli pour le marquer, son cl i " val magnifique se tient immobile, on le dirait eu bronze-
Alors, très droit sur son cheval, il met ses poings sur ses cotés en un geste de défi et commence, p|a ce devant les prisonniers :
— C’est moi qui suis Gàllifet! Vous me croyez bien cruel, gens de Montmartre, je le suis plus encore q lie vous në pensez.
11 continue sur ce ton pendant quelques instant 8 sans qu'il soit possible de comprendre autre chose q ue des menaces incohérentes.
Se le tenant pour dit, on s’arrange comme on peof afin d'être convenables pour mourir. Nous somme 8
2fiO
Quelques centaines et nous ne savons pas si on ira ' 1 Je tertre) ou si on sera fusillé ensemble. Mais tout
même on secoue la poussière de ses cheveux. J’ai déjà avoué que nous avions nous tous du 74, des corçuêtterjès pour la mort, et en même temps cette Phrase: c’est moi qui suis Gallifet! était, si drôle qu’elle n °us rappelle une vieille chanson du temps des opér *s de bergeries :
C’est moi qui suis Lindor, berger vie ee troupeau.
Ouel étrange berger, et quel étrange troupeau! Ce premier vers, qui me revenait de je ne sais où et je p e sais comment, nous fit rire.
— Tirez dans le Las! cric Gallifet furieux. Les soldats gorgés de sang, lassés d’abattre Je regardent comme Cn rêve, sans bouger.
Alors épouvantés les deux commerçants se mettent ü fuir çà et là, bousculant les prisonniers et les soldats P°ur se faire un chemin.
Tournant sa fureur contre eux, Gallifet les fait sai- Slr - il ordonne de les fusiller, eux crient, se débattent île voulant pas mourir; — ils nous recommandent leurs ' Tunis comme si devions survivre et sont tellement affolé s qu'ils ne peuvent même dire leur adresse.
Nous avions beau crier : ils sont des vôtres, nous ne * e & connaissons pas ! ce sont des ennemis de la Commune !
* un fut fusillé.
Non pas au poteau, mais en courant sur le tertre domine on tire des bêtes à la chasse, l'autre se tordait au poteau, ne voulant pas mourir. L'un d’eux cria: hélas! disaient les prisonniers, moi je crus qu’il avait dit Anna
que c’était sa fille.
Au retour de Calédonie après la publication du pre* uiier volume de mes Mémoires, sa tille vint me voir, on b avait jamais su ce que les deux frères étaieht devenus.
Maintenant il y avait trois corps dans i'enfbncéinefH
u notre gauche, derrière c'était le mur en face le tertre des casemates, où le poteau était éclairé, c’était ufl e longue perche mince en bois blanc.
Dans la journée ces deux curieux, qui croyaient s»
bien sortir, avaient trouvé moyen de se rendre coropl® de ia cour. — Le tertre, nous disaient-ils, ce sont l eS casemates. Quand nous sortirons, nous demanderons a voir le bastion.
■ — Lst-ce que vous avez vu des forts. voiis?disaient'îb-
— Oui, fssy, Montrouge, Vanvés.
Et il fallait leur expliquer un tas de choses.
(iallifet avait disparu, on nous fit ranger en lilc. d eS civaliers prirent les deux cotés et on nous eniih en!t nous ne savions pas où; on marchait bercés par le P uS régulier des chevaux s'en allant dans la nuit éclai rfi ^ par places des lueurs rouges de temps à autre, fl 1155 le canon des écroulements, de mitraille, c’était b* en rincounu, une brume de rêve où nul détail n 'échappa.
Tout à coup on nous fait descendre dans des rnvi ,1!H ‘ nous reconnaissons les environs de ia Muette.
L’est ici, pensions-nous, que nous allons mourir-
(tien de plus terriblement beau que nette scène.
La nuit, sans êLrc obscure, n’était pas assez clan p>ur laisser distinguer les choses telles qu'elles sont» les formes vagues qu’elles prenaient allaient bien a ^‘ l situation, pes rayons de lune glissaient entre les pi e “ 5 d ïs chevaux, sur cet étroit chemin où nous descendion 8- L’ombre des cavaliers s’y dessinait comme une frau ,- 1 noire à la lueur des torches, il semblait voir saigner I e s bandes rouges, sur les uniformes des fédérés à de # 1 arrachés, les soldats en paraissaient couverts.
La Longue file des prisonniers serpentait au lo 111 * s’amincissant à la queue comme ou voit dans les g 1 " 1 ' vures, je n’aurais jamais cru que ce fût si semblable.
Nous entendions armer les fusils, puis plus rien, q lH le silence et l’ombre.
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