‹ Louis Michel La Commune 1898Chapitre 59 sur 68 · DÉTENTION D EXPLOSIFS · texte numérisé non relu

DÉTENTION D EXPLOSIFS

l'infin, pour compléter les mesures prises contre les partisans de la propagande par le fait, il était indispensable de modiüer l’article 3 de la loi du 19 juin 1871, relatif à la détention des engins meurtriers ou incendiaires. Tout individu qui détient, sans motifs légitimes. des engins de cette nature, est déjà justement soupçonné. Mais la loi de 1871 n'avait pu prévoir tous les nouveaux moyens de destruction.

Le nouvel article 3 permettra d'atteindre, non seulement la détention, sans motif légitime et sans autorisation, de tout engin ou de toute poudre fulminante, mais encore la détention sans motifs légitimes de toute substance quelconque manifestement destinée à entrer dans la composition d’un explosif,

HECOM MA ND AT ro NS

Telles sont, monsieur le procureur général, les dispositions nouvelles que les Chambres ont introduites dans notre législation pénale pour vous mettre en état de concourir, d'une manière efficace, à la défense des institutions et de l’ordre. Vous les appliquerez avec résolution. Aucune infraction ne devra demeurer impunie. L'autorité administrative mettra au service de la justice tous les moyens dont elle dispose.

Vous vous concerterez avec elle en toute circonstance, en vous pénétrant de cette idée qu’il n’y a de

gouvernement véritable et que le gouvernement ne peut exercer une action féconde que si tous les services

publics sont unis entre eux par une étroite solidarité.

Je ne doute pas que l’accord ne soit facile entre tics ^magistrats et des fonctionnaires, les uns et les autres dévoués à leurs devoirs et conscients de leur responsabilité.

Dans le cas d'urgence, ou quand les infractions seront évidentes, vous n'hésiterez pas à prendre l'initiative des poursuites, sauf à m’qh référer chaque fois que l'affaire vous paraîtra l’exiger. Dans la. plupart des cas, une prompte répression est seule véritablement utile. Vous veillerez en conséquence, à ce que les poursuites soient toujours conduites avec la plus grande célérité, et vous provoquerez des sessions extraordinaires d'assises toules les Ibis que cela vous paraîtra nécessaire.

Le gouvernement espère que l’application énergique et persistante des lois nouvelles suffira pour mettre un terme k une propagande criminelle. Le pays attend de nous une protection efficace. Notre devoir est de la lui donner par tous les moyens que les lois mettent à notre disposition.

Recevez, monsieur le procureur général, l'assurance de ma considération très distinguée.

Le garde des sceaux,

Ministre de la justice, Antonix IjUHOST.

Ce qu’on n osait pas en 74, on l'ose aujourd’hui et comme aux plus beaux jours de Versailles un article de journal peut être la déportation ou la mort, — la condamnation d’Etievent en fut une preuve cette semaine et si l'honneur des nations voisines ne leur défendait l'extradition pour semblable sujet, Il irait remplacer Cyvocl au bagne où mourut Mario team

Mais la science que rien n ‘arrête va si vite, que bientôt ,tous les mensonges disparaîtront devant clic.

La race prochaine dont les adolescents en sauront davantage que les plus savants d’entre nous, aura-t-elle F horreur des mensonges et le respect de la vie huinaine, elle n’ira pas semer de ses os les Madagascar ni y fusiller les indigènes à son plaisir sans avoir l’excuse comme Gallifet on Vacher de la rage du sang.

On ne remploiera pas cette jeunesse-là. & garder paisible le bouclier A bd ul- lia raid pendant sa hideuse besogne. On ne l 'enverra pas, comme les soldats d 'Espagne, assassiner à Cuba ceux qui se révoltent pour la liberté ou faire le service des torture tirs de Montjuick.

Aous sommes aujoürd’hui plus asservis que le jour où l’assemblée de Versailles trouva trop libéral le gnome Foulriquet, mais ridée se fait plus libre et plus haute toujours.

Qu’on sc souvienne du cri de la jeunesse des écoles l’an mie dernière.

Haut les cœurs!

Pour la sainte indépendance, camarades, levonsnous !

Attendons la terrible envergure que l’exposition de P.HX) va donner aux connaissances humaines.

Aujourd’hui 2 janvier 18<)8 où je termine ce livre, la photographie ouvre la route, les rayons X qui .permettent de voir à travers les chairs ce qui tue la vivisection au moment où disparaît la férocité chez les peuples* pense-t-on ([ne la volonté, l'intelligence humaine ne sera pas libre ? — Voilà plus de six ans de cela, il me souvient d'un soir, salle des Capucines, où laissant aller ma pensée, je regardais en avant, je hasardai cette idée que la pensée étant de I électricité, il serait possible de la photographier et comme elle n’a pas de langue, elle serait tracée en signes pareils à

'•es siiluns d’éclairs, les mêmes pour tous les dialectes, une sorte de sténographie.

Déjà on peut voir à travers les corps opaques, rien n’ empêche d'aller jusqu'au bout.

Les mondes aussi, grâce à la science, livreront leurs •secrets et ce sera la lin des dieux. L’éternité avant et

apres nous duos linlini des sphères poursuivant comme les êtres leurs transformations éternelles. Courage,

voici le germinal séculaire.

Que cela paraisse ou non possible à ceux qui ne veulent pas voir voguer dans nos tourmentes les premiers rameaux verts arrachés à la rive nouvelle, la désagrégation de la vieille société se h;Ue.

Avant que sur le livré de pierre ou sur la tombe de Pottier on ait gravé ses vers terribles :

.te suis la vieille anthropophage Travestie en société,

Vois mes mains rouges de carnage,

Mon œil de luxure injecté.

•l’ai plus d’un coin dans mou repaire Plein de charogne, et d'ossements,

Viens les voir: j'ai mangé ton père Et je mangerai les enfants.

Pottier. » -jj

Oui, avant même que la malédiction soit gravée, la vieille société ogresse peut-être sera morte, l'heure ;?J| étant venue de l’humanité juste et libre, elle a trop j£

grandi pour rentrer dans sou sanglant berceau. \ èÉ

Paris, 20 mai 1898.

appendice

Page 1