‹ Louis Michel La Commune 1898Chapitre 62 sur 68 · II. — Lettre d’un détenu de Brest · texte numérisé non relu

II. — Lettre d’un détenu de Brest

» Après la prise de Châtillon, on nous disposa en cercle sur le plateau et on fit sortir de nos rangs tes soldats qui s'y trouvaient. On les fait mettre à genoux dans la boue et sur l’ordre du général Pelle, on fusille impitoyablement sous nos yeux ces malheureux jeunes gens au milieu des lazzi des officiers qui insultaient à notre défaite par toutes sortes de propos atroces et stupides.

» Enfin, après une bonne heure employée à ce manège, on nous forme en lignes et nous prenons le chemin de Versailles entre deux haies de chasseurs à cheval. Sur notre chemin nous rencontrons le cnpitutard Yinoy, escorté de son état-major. Sur son ordre et malgré la promesse formelle faite par le général Pelle, que nous aurions tous la vie sauve, nos officiers qu’on avait placés en tète du cortège et à qui on avait violemment arraché ies insignes de leur grade, allaient être fusillés, quand un colonel fit observer à M. Yinoy la promesse faîte par son général. Le complice du 2 décembre épargna nos officiers, mais ordonna qu’on passht immédiatement par les armes le général Durai, son colonel d’état- major et le commandant des volontaires de Montrouge. Ces trois braves moururent au cri de : Vive la République I Vive la Commune! Un cavalier arracha les bottes de notre infortuné général,

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