‹ Louis Michel La Commune 1898Chapitre 64 sur 68 · COM.M UN EUX · texte numérisé non relu

COM.M UN EUX

Publié par les proscrits de Londres

en 1874

Après trois ans de compression, de massacres, la réaction voit la terreur cesser d’être entre ses mains affaiblies un moyen de gouvernement.

Après trois ans de pouvoir absolu, les vainqueurs de la Commune voient la Nation, reprenant peu à peu vie et conscience, échapper à leur étreinte.

l'nis contre la Révolution, mais divisés entre eux.

ils usent par leurs violences et diminuent par leurs

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dissensions, ce pouvoir de combat, seul espoir du main* tien de leurs privilèges.

Dans une société, on disparaissent chaque jour les conditions qui ont amené son empire, la bourgeois ; cherche en vain à le perpétuer; rêvant l’oeuvre impossible d'arrêter le cours du temps, eile veut immobiliser dans le présent, ou, faire rétrograder dans le passé, une nation que la Révolution entraîne.

Les mandataires de cette bourgeoisie, cet état-major fe" \ de la réaction installé à Versailles, semblent n’avoir

d’autre mission, que d’en manifester la déchéance par leur incapacité politique, et d’en précipiter la chute par leur impuissance. Les uns appellent un roi, un empereur, les autres déguisent du nom de République la forme perfectionnée d’asservissement, qu'ils veulent imposer au peuple.

Mais quelle que soit l’issue des tentatives versaillaises, monarchie ou République bourgeoise, le résultat sera le même : la chute de Versailles, la revanche de la Commune.

Car nous arrivons à l’un de ces grands moments ’ , historiques, à Tune de ces grandes crises, où le peu-

r pie, alors qu'il parait s’ablmerdans ses misèreset s'ar-

rêter dans la mort, reprend avec une vigueur nouvelle sa marche révolutionnaire.

La victoire ne sera pas le prix d'un seul jour de lutte, mais le combat va recommencer, les vainqueurs vont avoir à compter avec les vaincus.

Cette situation crée de nouveaux devoirs pour les proscrits. Devant la dissolution croissante des forces réactionnaires, devant la possibilité d’une action plus efficace, il ne suffit pas de maintenir l'intégrité de la Proscription en la défendant contre les attaques policières, mais il s'agit d'unir nos efforts à ceux des communaux de France, pour délivrer ceux des nôtres tombés entre les mains de l'ennemi, et préparer la revanche.

APPENDICE 415

L’heure nous paraît donc venue pour ce qui a vie dans la proscription, de s'affirmer, de se déclarer.

C’est ce que vient faire aujourd'hui le groupe : la Commune ré volütionnaiüe .

Car il est temps que ceux-là se reconnaissent qui athées, communistes, révolutionnaires, concevant de même la Révolution dans son but et ses moyens, veulent reprendre la lutte et pour cette lutte décisive reconstituer le parti de la Révolution, le parti de la Commune.

Nous sommes Athées, parce que l’homme ne sera jamais libre', tant qu'il n’aura pas chassé Dieu de son intelligence et de sa raison.

Produit de la vision de l'inconnu, créée par l'ignorance, exploitée par l'intrigue et subie par l'imbécillité cette notion monstrueuse d’un être, d'un principe en dehors du monde et de l'homme, forme la trame de toutes les misères dans lesquelles s'est débattue l'humanité, et constitue l’obstacle principal à son affranchissement. Tant que la vision mystique de la divinité obscurcira le monde, l’homme ne pourra ni le connaître ni le posséder; au lieu de la science et du bonheur, il n'y trouvera que l'esclavage de la misère et de l'ignorance.

C’est en vertu de cette idée d'un être en dehors du monde et le gouvernant, que se sont produites toutes les formes de servitude morale et sociale: religions, despotismes, propriété, classes, sous lesquelles gémit et saigne l'humanité.

Expulser Dieu du domaine de la connaissance, l’expulser de la société, est la loi pour l’homme s'il veut arriver à la science, s'il veut réaliser le but de la Révolution.

APPENDICE

Jl faut nier cette erreur génératrice de toutes les autres. car c'est par elle que depuis des siècles l'homme est courbé, enchaîné, spolié, martyrisé.

Que la Commune débarrasse à jamais l'humanité a e ce spectre de ses misères passées, de celte cause de , tes misères présentes.

Dans la Commune il n’y a pas de place pour le prêtre: toute manifestation, toute organisation religieuse doit être proscrite.

.Vous sommes Communistes, parce que nous voulons que la terre, que les richesses naturelles ne soient plus appropriées par quelques-uns, mais qu’elles appartiennent à la Communauté. Parce que nous voulons que, libres de toute oppression, maîtres enfin de tous les instruments de production : terre, fabriques, etc., les travailleurs fassent du monde un lieu de bien-être et non plus de misère.

Aujourd'hui, comme autrefois, la majorité des hommes est condamnée à travailler pour l’entretien de la jouissance d’un petit nombre de surveillants et de maîtres.

Expression dernière de toutes les formes de servitude, la domination bourgeoise a dégagé l’exploitation du travail des voiles mystiques qui l’obscurcissaient: gouvernements, religions, famille, lois, institutions du passé, comme du présent se sont enfin montrés, dans cette société réduite aux termes simples' de capitalistes et de salariés, comme les instruments d’oppression au moyen desquels la bourgeoisie maintient sa domination, contient le Prolétariat.

Prélevant pour augmenter ses richesses tout le surplus du produit du travail, le capitaliste ne laisse au • travailleur que juste ce qu’il lui faut pour ne pas mou- j rir de faim.

Maintenu par la force dans cet enfer de la produc-

tion capitaliste, fie la propriété, il semble que le travailleur ne puisse rompre ses chaînes.

Mais le Prolétariat est enfin arrivé à prendre conscience de lui-même : il sait qu’il porte en lui les cléments «le la société nouvel ie, que sa délivrance sera le prix, de sa victoire sur la bourgeoisie et que, cette classe anéantie, les classes seront abolies, le but de la

Révolution atteint. ■ ■ ‘ ,

Nous sommes Communistes, parce que nous voulons

arriver à ce but sans nous arrêter aux moyens termes, compromis qui, ajournant la victoire, sont un prolongement d’esclavage.

En détruisant la propriété individuelle, ie Communisme fait tomber une à une toutes ces institutions

dont la propriété est le pivot. Chassé de sa propriété, où avec sa famille comme dans une forteresse il tient

garnison, le riche ne trouvera pins fl 'asile pour son égoïsme et ses privilèges.

Par l'anéantissement des classes, disparaîtront toutes les institutions oppressives «le l'individu et du groupé

dont la seule raison était le maintien de ces classes, l'asservissement du travailleur à ses maîtres. L’instruction ouverte à tous, donnera celte égalité

intellectuelle sans laquelle

l’égalité matérielle serait

sans valeur.

plus de salariés, de victimes de la misère, de l’insolidarité, de la concurrence, mais l'union de travailleurs égaux, répartissaiit le travail entre eux, pour obtenir le plus grand développement de la Communauté, la plus grande somme de bien-être pour chacun. (,ar chaque citoyen trouvera la plus grande liberté, la plus grande expansion de son individualité, dans la plus

grande expansion de la Communauté.

" Cet état sera le prix de la lutte et nous voulons cette lutte sans compromis ni trêve, jusqu’à la destruction de la bourgeoisie, jusqu'au triomphe définitif.

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